jeudi 12 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2203215 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CABINET VEDESI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 16 septembre 2022 et le 6 avril 2023, la société Action Développement Loisir " Espace Récréa ", représentée par Me Gey, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'avis des sommes à payer d'un montant de 71 242.03 euros émis à son encontre par la communauté de communes des Portes Eurélienne d'Ile-de-France (CCPEIDF) le 8 juin 2022 ;
2°) de le décharger de son obligation de payer la somme mise à sa charge par l'avis des sommes à payer du 8 juin 2022 ;
3°) de mettre à la charge de la CCPEIDF la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- l'avis des sommes à payer est entaché d'un défaut de motivation en ce qu'il n'indique pas les bases de liquidation de la créance ;
- à titre principal, la CCPEIDF ne dispose pas d'un droit au recouvrement des produits constatés d'avance en l'absence de stipulations contractuelles expresses le prévoyant ;
- à titre subsidiaire, le montant des sommes lui étant réclamées au titre des produits constatés par avance n'est pas cohérent.
Par des mémoires en défense enregistrés le 3 février 2023 et le 1er juin 2023, la communauté de communes des Portes Euréliennes d'Ile-de-France conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société requérante la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
La trésorerie de Maintenon, à qui la procédure a été communiquée le 6 février 2023, n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Garros,
- et les conclusions de M. Joos, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La communauté de communes de la Beauce Alnoise (CCBA) a confié la gestion de son centre aquatique à la société Action Développement Loisir " Espace Récréa " (ADLER) dans le cadre d'un contrat de concession de service public conclu le 20 mars 2014. Par un arrêté du 23 novembre 2016 du préfet d'Eure-et-Loir, la CCBA a fusionné avec quatre autres établissements publics de coopération intercommunale pour créer la communauté de communes des Portes Euréliennes d'Ile-de-France (CCPEIDF). Cette dernière est venue aux droits de la CCBA dans le cadre de l'exécution du contrat de concession de service public conclu avec la société ADLER. Au terme de ce contrat, le 4 août 2019, la CCPEIDF a confié à un nouveau délégataire la gestion de son centre aquatique. Le 8 juin 2022, la CCPEIDF a émis un avis des sommes à payer d'un montant de 71 242,03 euros à la charge de la société ADLER au titre des produits constatés d'avance encaissés par celle-ci. Cette dernière, qui conteste être débitrice de cette créance, demande l'annulation de cet avis et la décharge de l'obligation de payer cette somme.
Sur les conclusions à fin d'annulation et de décharge :
2. En l'absence de stipulations contractuelles le prévoyant, un pouvoir adjudicateur ne peut, en principe, se prévaloir d'un droit au remboursement des produits constatés par avance perçus par le délégataire d'un contrat de concession avant le terme de celle-ci. Toutefois, par exception, et dans l'hypothèse où l'absence de perception des produits constatés d'avance constituerait une charge financière de nature à compromettre le fonctionnement normal ou la continuité du service public, il peut prétendre au remboursement de ces sommes. Ainsi, la CCPEIDF ne peut faire valoir que la conservation des produits constatés d'avance par la société ADLER serait subordonnée à l'existence de stipulations contractuelles le prévoyant. Par ailleurs, si elle indique que les tickets d'entrée et abonnements vendus par la société ADLER et dont la durée de validité expirera postérieurement au 4 août 2019 créeront une charge financière supplémentaire pour le nouveau délégataire, elle n'établit pas que ce surcoût serait de nature à porter atteinte au fonctionnement normal ou à la continuité du service public délégué. Enfin l'allégation de la CCPEIDF selon laquelle ces titres d'entrées non expirés seraient susceptibles d'impacter la capacité d'accueil du centre aquatique n'est pas établie.
3. D'autre part, aux termes de l'article 59 du contrat de concession de service public conclue entre la CCPEIDF et la société ALDER : " Un mois avant l'expiration du présent contrat () le délégataire remet gratuitement au délégant : () - le compte des usagers visé à l'article 40 du présent contrat ". L'article 40 de ce même contrat stipule : " () Dans la comptabilité tenue par le délégataire, il est ouvert un compte au nom de chacun des usagers du service délégué bénéficiant d'un abonnement. Ce compte comporte au moins les indications suivantes, pour chaque exercice annuel : - la totalité des sommes facturés ; / - la totalité des sommes versées au cours de l'exercice ; / - le solde de l'exercice ".
4. La CCPEIDF fait valoir qu'il résulte de ces stipulations combinées l'obligation pour la société ADLER de lui reverser les produits constatés par avance encaissés par celle-ci. Elle indique que la remise du compte comprenant le solde de l'exercice suppose " implicitement mais nécessairement, que les produits constatés d'avance, et retranscrits au solde du compte de chaque usager, soient également remis au déléguant ". Toutefois, ainsi que le soutient la société requérante, la remise du compte usager n'implique que la communication d'un fichier contenant des informations comptables liés aux usagers et non le reversement effectif des produits constatés par avance versés par ceux-ci à la société ADLER antérieurement au terme du contrat de concession conclu avec la CCPEIDF. Par suite le moyen tiré de ce que le reversement des produits constatés par avance est dépourvu de base contractuelle doit être accueilli.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que le titre attaqué doit être annulé et que, par voie de conséquence, la société ADLER doit être, au regard du motif fondant l'annulation du titre, déchargée de l'obligation de payer la somme de 71 243,03 euros mise à sa charge par ce titre.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société ADLER, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la CCPEIDF demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la CCPEIDF une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société ADLER et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'avis de sommes à payer émis le 8 juin 2022 à l'encontre de la société ADLER par la communauté de communes des Portes Euréliennes d'Ile-de-France est annulé.
Article 2 : La société ADLER est déchargée de l'obligation de payer la somme de 71 243, 03 euros.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Action Développement Loisir " Espace Récréa " (ADLER) et à la communauté de communes des Portes Euréliennes d'Ile-de-France.
Copie en sera adressée, pour information, à la trésorerie de Maintenon.
Délibéré après l'audience du 5 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,
Mme Keiflin, première conseillère,
M. Garros, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2024.
Le rapporteur,
Nicolas GARROS
La présidente,
Anne LEFEBVRE-SOPPELSA
Le greffier
Vincent DUNET
La République mande et ordonne au préfet d'Eure-et-Loir en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026