vendredi 8 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2203885 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | LECCIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 octobre 2022, Mme C B, représentée par Me Leccia, avocat, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2018, 2019 et 2020 ;
2°) de lui accorder le sursis de paiement en application des dispositions de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales.
Elle soutient qu'elle n'a perçu aucun revenu foncier de la SCI Léon Boyer depuis 2016.
Par un mémoire enregistré le 9 février 2023, le directeur régional des finances publiques du Centre-Val de Loire et du département du Loiret conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Le Toullec,
- et les conclusions de Mme Doisneau-Herry, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a fait l'objet d'un contrôle sur pièces de ses déclarations de revenus souscrites au titre des années 2018, 2019 et 2020 à l'issue duquel l'administration fiscale, par une proposition de rectification du 14 décembre 2021, lui a notifié des suppléments d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre de ces années au motif qu'elle n'avait pas déclaré les revenus fonciers qu'elle avait perçus de la société civile immobilière (SCI) Léon Boyer dont elle était associée à hauteur de 50 %. L'administration a maintenu ses rectifications à la suite des observations présentées par l'intéressée. Les impositions supplémentaires ont été mises en recouvrement le 30 juin 2022, pour un montant de 3 994 euros au titre de l'année 2018, 3 429 euros au titre de l'année 2019 et 1 952 euros au titre de l'année 2020. Mme B a demandé la décharge de ces impositions par une réclamation du 27 juillet 2022. L'administration, par une décision du 2 septembre 2022, a partiellement fait droit à cette demande en accordant un dégrèvement d'un montant total de 2 602 euros correspondant à la majoration de 40 % pour manquement délibéré qui avait été appliquée. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2018, 2019 et 2020, qui s'élèvent respectivement à 2 900 euros, 2 474 euros et 1 399 euros.
Sur les conclusions à fin de décharge :
2. Aux termes de l'article 8 du code général des impôts : " () les associés des sociétés en nom collectif et les commandités des sociétés en commandite simple sont, lorsque ces sociétés n'ont pas opté pour le régime fiscal des sociétés de capitaux, personnellement soumis à l'impôt sur le revenu pour la part de bénéfices sociaux correspondant à leurs droits dans la société () / Il en est de même, sous les mêmes conditions : / 1° Des membres des sociétés civiles qui ne revêtent pas, en droit ou en fait, l'une des formes de sociétés visées au 1 de l'article 206 et qui, sous réserve des exceptions prévues à l'article 239 ter, ne se livrent pas à une exploitation ou à des opérations visées aux articles 34 et 35 () ". Aux termes de l'article 12 du même code : " L'impôt est dû chaque année à raison des bénéfices ou revenus que le contribuable réalise ou dont il dispose au cours de la même année ". Il résulte de ces dispositions que les bénéfices réalisés par une société civile qui n'a pas opté pour le régime fiscal des sociétés de capitaux sont soumis à l'impôt sur le revenu entre les mains des associés, qui sont ainsi réputés avoir personnellement réalisé une part de ces bénéfices. La quote-part du bénéfice d'une telle société doit être regardée comme ayant été, dès que ce bénéfice a été constaté au niveau de la société, acquise par l'associé, sans qu'il y ait lieu de rechercher si celui-ci a ou non perçu les sommes correspondantes.
3. Il est constant que la SCI Léon Boyer, société de personnes relevant de l'article 8 du code général des impôts, n'a pas opté pour le régime fiscal des sociétés de capitaux et que la part des bénéfices de Mme B est déterminée et imposée, compte-tenu de la nature immobilière de l'activité de la société, selon les règles propres aux revenus fonciers. Il est également constant que les parts de la SCI Léon Boyer étaient détenues à hauteur de 50 % par Mme B et 50 % par M. A, son ex-mari, au titre des années en litige et que la société a déclaré un revenu à répartir entre les associés d'un montant de 21 355 euros au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2018, 19 338 euros au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2019 et 14 087 euros au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2020. Dans ces conditions, la quote-part du bénéfice de la SCI Léon Boyer doit être regardée comme ayant été acquise par Mme B, sans qu'il y ait lieu de rechercher si celle-ci a ou non perçu les sommes correspondantes, au titre des trois années en litige. En se bornant à soutenir qu'elle n'a perçu aucun revenu foncier de la SCI Léon Boyer depuis 2016, la requérante ne remet ainsi pas utilement en cause l'imposition entre ses mains de la part des bénéfices sociaux correspondant à ses droits dans la société au titre des années en litige. Par suite, les conclusions à fin de décharge présentées par Mme B doivent être rejetées.
Sur la demande de sursis de paiement :
4. Aux termes de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales : " Le contribuable qui conteste le bien-fondé ou le montant des impositions mises à sa charge est autorisé, s'il en a expressément formulé la demande dans sa réclamation et précisé le montant ou les bases du dégrèvement auquel il estime avoir droit, à différer le paiement de la partie contestée de ces impositions et des pénalités y afférentes. / L'exigibilité de la créance et la prescription de l'action en recouvrement sont suspendues jusqu'à ce qu'une décision définitive ait été prise sur la réclamation soit par l'administration, soit par le tribunal compétent () ".
5. Le présent jugement statue sur le fond de l'affaire. Les conclusions tendant au bénéfice du sursis de paiement de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales sont dès lors privées d'objet.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant au bénéfice du sursis de paiement.
Article 2 : Les conclusions de la requête de Mme B sont rejetées pour le surplus.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à la directrice régionale des finances publiques du Centre-Val de Loire et du département du Loiret.
Délibéré après l'audience du 18 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Dorlencourt, président,
Mme Le Toullec, première conseillère,
M. Lardennois, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2024.
La rapporteure,
Hélène LE TOULLEC
Le président,
Frédéric DORLENCOURT
Le greffier,
Alexandre HELLOT
La République mande et ordonne au ministre auprès du Premier ministre, chargé du budget et des comptes publics ce en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
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01/06/2026