vendredi 5 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2204540 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | Juge unique 3ème chambre |
| Avocat requérant | PONSART |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 21 décembre 2022 et le 12 février 2023, la société anonyme d'habitation à loyer modéré Valloire Habitat, représentée par Me Ponsart, avocat, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 12 octobre 2022 par laquelle l'administration fiscale a rejeté sa réclamation préalable ;
2°) de prononcer la réduction, à hauteur de 3 764,91 euros, des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2021 à raison de logements situés à Olivet (Loiret) ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision de rejet de sa réclamation préalable est inexactement motivée et ne correspond pas à la réalité des faits ;
- les conditions de vacance posées par le I de l'article 1389 du code général des impôts sont remplies :
* la vacance des logements concernés est indépendante de sa volonté et résulte du manque de candidats dans le secteur et des contraintes d'attribution des logements sociaux, liées au fait qu'ils sont attribués sous condition de ressources et que leur attribution fait l'objet d'une procédure spécifique prévue par les articles L. 441-1 et suivants et R. 441-3 du code de la construction et de l'habitation faisant intervenir des commissions d'attribution chargées d'étudier les dossiers sur lesquelles elle n'a aucune maîtrise en sa qualité de bailleur social ;
* la condition d'une vacance de plus de trois mois est satisfaite ;
* elle a effectué toutes les démarches commerciales nécessaires pour rechercher des candidats à la location et les logements proposés sont en excellent état du fait des travaux d'entretien et de rénovation qui y sont régulièrement menés.
Par des mémoires enregistrés le 17 février 2023 et le 23 mars 2023, la directrice régionale des finances publiques du Centre-Val de Loire et du département du Loiret conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que si la société requérante justifie de la réalité et de la durée de la vacance, elle ne produit aucun élément permettant d'attester de son caractère contraignant pour chaque logement concerné.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les conclusions de Mme Doisneau-Herry, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite de la décision de l'administration fiscale du 12 octobre 2022 rejetant sa réclamation du 15 septembre 2022, la société requérante demande d'une part, l'annulation de cette décision, et d'autre part, sur le fondement du I de l'article 1389 du code général des impôts, la réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2021 à raison de logements situés 211 et 243 rue du Pont Lazin et 340, 370 et 390 avenue Victor Hugo à Olivet (Loiret).
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision de rejet de la réclamation préalable :
2. Les décisions par lesquelles l'administration fiscale statue sur les réclamations contentieuses des contribuables ne constituent pas des actes détachables de la procédure d'imposition, qui ne peut être contestée qu'à l'appui d'une demande tendant à la décharge ou à la réduction des impositions correspondantes. Ainsi les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision du 12 octobre 2022 par laquelle l'administration fiscale a statué sur la réclamation de la société requérante sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions tendant à la réduction de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties :
3. Aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code ". Aux termes de l'article 1415 du code général des impôts : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition ". Aux termes de l'article 1389 du même code : " I. Les contribuables peuvent obtenir le dégrèvement de la taxe foncière en cas de vacance d'une maison normalement destinée à la location ou d'inexploitation d'un immeuble utilisé par le contribuable lui-même à usage commercial ou industriel, à partir du premier jour du mois suivant celui du début de la vacance ou de l'inexploitation jusqu'au dernier jour du mois au cours duquel la vacance ou l'inexploitation a pris fin. / Le dégrèvement est subordonné à la triple condition que la vacance ou l'inexploitation soit indépendante de la volonté du contribuable, qu'elle ait une durée de trois mois au moins et qu'elle affecte soit la totalité de l'immeuble, soit une partie susceptible de location ou d'exploitation séparée () ". En application de ces dispositions, le dégrèvement auquel le contribuable peut prétendre, sous réserve de remplir les conditions prévues par le texte, correspond à la période débutant le premier jour du mois complet suivant celui au cours duquel est intervenu le premier jour de la vacance et s'achevant le dernier jour du mois au cours duquel la vacance a pris fin. Il ne ressort pas des termes de l'article 1389, ni d'aucun principe, et notamment pas de celui d'annualité de la taxe foncière sur les propriétés bâties, que la durée de trois mois consécutifs à laquelle est, entre autres conditions, subordonné le dégrèvement pour vacance involontaire, ne puisse débuter au cours d'une année civile pour s'achever au cours de l'année civile suivante. En revanche, le principe d'annualité de la taxe foncière sur les propriétés bâties fait obstacle à ce que le contribuable puisse obtenir un dégrèvement, au titre de la cotisation de taxe établie au titre d'une année, supérieur à celui correspondant aux seuls mois de vacance de cette même année. Par suite, si la durée de la vacance conditionnant le bénéfice du dégrèvement doit être établie par le contribuable au titre de l'ensemble de la période d'au moins trois mois, il n'en découle pas nécessairement que le dégrèvement de la cotisation de taxe établie au titre d'une année soit calculé sur une durée identique.
4. En premier lieu, les éventuelles irrégularités entachant la décision par laquelle le service statue sur la réclamation préalable présentée par un contribuable, à les supposer établies, sont sans incidence sur la régularité de la procédure d'imposition ou le bien-fondé de l'imposition contestée. Par suite, la société requérante ne peut utilement se prévaloir de ce que la décision de rejet de sa réclamation préalable serait inexactement motivée.
5. En second lieu, si la société requérante soutient, en termes généraux, que la location des logements sociaux dont elle est propriétaire ne dépend pas de sa seule volonté dès lors qu'ils font l'objet d'une procédure d'attribution par des commissions spécifiques et qu'ils sont réservés à des personnes qui répondent à des conditions particulières de ressources et de situation sociale, cette seule circonstance ne constitue pas par elle-même une circonstance indépendante de la volonté du contribuable. La mission de service public de logement social que la société requérante assure ne fait en effet pas obstacle à ce qu'elle prenne les mesures appropriées en vue d'adapter son parc immobilier aux besoins de la population. Pour bénéficier de l'exonération de taxe foncière sur les propriétés bâties prévue par les dispositions précitées du I de l'article 1389 du code général des impôts, il incombe au bailleur d'établir qu'il a pris des mesures destinées à réduire le taux de vacance de son parc immobilier locatif ou qu'il s'est trouvé, du fait de circonstances particulières, dans l'impossibilité de les mettre en œuvre. Le caractère contraignant de la vacance du logement s'apprécie notamment eu égard aux circonstances dans lesquelles elle est intervenue et aux démarches faites par le propriétaire selon les possibilités qui lui étaient offertes en fait comme en droit pour la prévenir ou y mettre fin.
6. D'une part, pour soutenir qu'elle a effectué toutes les démarches commerciales nécessaires pour réduire le taux de vacance de son parc immobilier, la société requérante fait valoir qu'elle s'est conformée à son obligation légale de publicité de la vacance des logements concernés en les mettant en ligne tant sur son propre site internet que sur le site Bienveo de l'Union sociale de l'habitat et qu'elle a en outre procédé à un affichage d'annonces en agence ainsi que sur le site Le Bon Coin. Toutefois, elle n'apporte aucun élément probant au soutien de ses allégations.
7. D'autre part, elle se prévaut de démarches effectuées en vue de l'attribution des logements considérés en produisant à l'instance un tableau récapitulatif des propositions et visites dont ils ont fait l'objet. Toutefois, d'une part, s'agissant du logement situé 211 rue du Pont Lazin, identifiant 2188/01/0011, la société ne justifie par aucun élément les délais de plus d'un mois mis avant de le proposer à un premier preneur, écoulé entre deux propositions et avant que le preneur n'entre en jouissance du logement. D'autre part, s'agissant des logements situés 340 et 370 avenue Victor Hugo, la société ne justifie pas des délais écoulés, allant de deux mois et demi à plus de quatre mois, avant qu'ils ne soient proposés à un premier preneur. Enfin, s'agissant des logements situés 211 rue du Pont Lazin (identifiant 2188/01/0024) et 243 rue du Pont Lazin, la société ne donne pas les motifs expliquant les délais de près de trois mois avant que le preneur n'entre en jouissance du premier bien et de plus de trois mois et demi écoulé entre deux propositions pour le second. Par ailleurs, s'agissant du logement situé 390 avenue Victor Hugo, identifiant 2335/01/0004, si le délai de près de deux mois et demi écoulé avant qu'il ne soit proposé à un preneur peut s'expliquer tant par les circonstances particulières de la vacance résultant du décès du précédent locataire que des travaux réalisés, aucune explication n'est apportée par la société justifier le délai de plus d'un mois et demi écoulé avant que le preneur n'entre dans le logement. Eu égard à ces circonstances, sans précision apportée sur la date à laquelle elle a eu connaissance de la vacance de ces logements et sans qu'il ne soit ni établi, ni même allégué que les travaux effectués justifieraient les délais mentionnés, la société requérante ne peut pas être regardée comme ayant accompli toutes les diligences nécessaires afin d'en réduire la durée de vacance.
8. Par contre, il ressort des documents produits par la société requérante que le logement situé 390 avenue Victor Hugo, identifiant 2335/01/0020, vacant du 24 juillet 2021 au 18 novembre 2021, a fait l'objet de travaux d'électricité, de peinture et de plomberie du 19 juillet 2021 au 28 octobre 2021 de nature à justifier le fait qu'il n'a été proposé à un premier preneur que le 12 octobre 2021. Par ailleurs, proposé à quatorze reprises entre cette date et le 21 octobre suivant, soit en neuf jours, il a été attribué au premier candidat ayant accepté la proposition et remplissant les conditions légales d'accès à la location. Dans ces circonstances, la société Valloire Habitat doit être regardée comme ayant accompli toutes les diligences nécessaires afin d'en réduire la vacance et celle-ci doit être considérée comme indépendante de sa volonté.
9. Il résulte de ce qui précède que la société requérante, alors même que les logements situés rue du Pont Lazin et 340, 370 et 390 (identifiant 2335/01/0004) avenue Victor Hugo étaient en état d'être loués et qu'elle justifie que les loyers pratiqués sont inférieurs à ceux du marché, n'établit pas que leur vacance serait indépendante de sa volonté au sens des dispositions de l'article 1389 du code général des impôts et qu'elle n'est fondée à solliciter que la réduction, à hauteur du montant réclamé dans sa réclamation préalable correspondant à une durée de vacance de trois mois, de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2021 à raison du logement situé 390 avenue de Victor Hugo (identifiant 2035/01/0020).
Sur les conclusions relatives aux frais de l'instance :
10. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie principalement perdante à l'instance, la somme réclamée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle la société Valloire Habitat a été assujettie au titre de l'année 2021 à raison du logement situé 390 avenue Victor Hugo et portant l'identifiant 2035/01/0020 à Olivet est réduite d'un montant correspondant à trois mois de vacance, soit du quart.
Article 2 : Les conclusions de la requête sont rejetées pour le surplus.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SA d'HLM Valloire Habitat et à la directrice régionale des finances publiques du Centre-Val de Loire et du département du Loiret.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
Stéphane A
La greffière,
Isabelle METEAU
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026