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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2300117

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2300117

lundi 14 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2300117
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantSCP WEDRYCHOWSKI ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 janvier 2023, M. A B, représenté par Me Wedrychowski, demande au tribunal :

1°) d'annuler le titre exécutoire d'un montant de 21.671,06 € émis le 31 octobre 2022 par le président de Orléans Métropole ;

2°) de mettre à la charge de Orléans Métropole la somme de 1.500 ou 1.800 € en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que le titre contesté est illégal au motif que :

- il méconnaît l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales dès lors qu'il ne comporte pas la signature manuscrite de son auteur ;

- il ne précise pas les bases de liquidations en méconnaissance du décret du 7 novembre 2012 par la seule mention portée relative aux " Dommages aux biens le 20 novembre 2021 " ;

- le véhicule à l'origine des dommages causés au domaine public au niveau du rond-point ne lui appartenait plus dès lors qu'il l'avait cédé le 11 décembre 2021 alors que le dommage date du 9 janvier 2022.

Par un mémoire en défense enregistré le 26 juillet 2023, Orléans Métropole, représentée par Me Duvignau, conclut au non-lieu à statuer sur la requête au motif que le titre contesté a été annulé.

Par un mémoire enregistré le 29 août 2023, M. B demande au tribunal de constater le non-lieu à statuer et déclare renoncer à sa demande de condamnation présentée sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu

- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de la voirie routière ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Il ressort des pièces du dossier qu'un véhicule de type Renault Scénic immatriculé FC-612-JC a porté atteinte le 9 janvier 2022 à la dépendance du domaine public routier que constitue le rond-point de Candolle à Orléans (45000) à la suite d'un accident de la circulation, endommageant le muret ainsi que l'espace gazonné et boisé de ladite dépendance. Le président de Orléans Métropole a émis le 31 octobre 2022 un titre exécutoire d'un montant de 21.671,06 € à l'encontre de M. B en sa qualité de propriétaire dudit véhicule. Celui-ci a contesté le titre émis à son encontre au motif notamment qu'il n'était pas le redevable légal dès lors qu'il avait antérieurement cédé son véhicule le 11 décembre 2021. Orléans Métropole a en conséquence annulé le titre querellé et les parties demandent au tribunal de constater le non-lieu à statuer.

2. Le juge administratif ne peut être amené à constater qu'il n'y a pas lieu à statuer lorsque l'objet du litige a disparu en cours d'instance que si la juridiction administrative est compétente pour connaître du litige porté devant elle, à la différence du désistement dont le juge se borne à prendre acte, indépendamment de la question de la compétence juridictionnelle qui est d'ordre public.

3. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative: " Les présidents de tribunal administratif et de cour administrative d'appel, les premiers vice-présidents des tribunaux et des cours, le vice-président du tribunal administratif de Paris, les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours et les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans ou ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : () 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ; () ".

4. Aux termes de l'article L. 2111-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Sous réserve de dispositions législatives spéciales, le domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 est constitué des biens lui appartenant qui sont soit affectés à l'usage direct du public, soit affectés à un service public pourvu qu'en ce cas ils fassent l'objet d'un aménagement indispensable à l'exécution des missions de ce service public. ". Selon l'article L. 2111-2 du même code : " Font également partie du domaine public les biens des personnes publiques mentionnées à l'article L. 1 qui, concourant à l'utilisation d'un bien appartenant au domaine public, en constituent un accessoire indissociable ".

5. Selon l'article L. 111-1 du code de la voirie routière : " Le domaine public routier comprend l'ensemble des biens du domaine public de l'Etat, des départements et des communes affectés aux besoins de la circulation terrestre, à l'exception des voies ferrées. ". Aux termes de l'article L. 2111-14 du code général de la propriété des personnes publiques : " Le domaine public routier comprend l'ensemble des biens appartenant à une personne publique mentionnée à l'article L. 1 et affectés aux besoins de la circulation terrestre, à l'exception des voies ferrées. ".

6. Selon l'article L. 2332-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " I. - Sont portés devant la juridiction judiciaire les litiges relatifs à la répression des infractions à la police de la conservation du domaine public routier, conformément à l'article L. 116-1 du code de la voirie routière. () ".

7. Selon l'article L. 116-1 du code de la voirie routière : " La répression des infractions à la police de la conservation du domaine public routier est poursuivie devant la juridiction judiciaire sous réserve des questions préjudicielles relevant de la compétence de la juridiction administrative. ". L'article L. 116-2 du même code dispose : " Sans préjudice de la compétence reconnue à cet effet à d'autres fonctionnaires et agents par les lois et règlements en vigueur, peuvent constater les infractions à la police de la conservation du domaine public routier et établir les procès-verbaux concernant ces infractions : 1° Sur les voies de toutes catégories, les agents de police municipale, les gardes champêtres des communes et les gardes particuliers assermentés ; ()/ Les procès-verbaux dressés en matière de voirie font foi jusqu'à preuve contraire. ". L'article L. 116-6 précise : " L'action en réparation de l'atteinte portée au domaine public routier, notamment celle tendant à l'enlèvement des ouvrages faits, est imprescriptible. () ". L'article L. 116-7 du même code prévoit : " La juridiction saisie d'une infraction à la police de la conservation du domaine public routier peut ordonner l'arrêt immédiat des travaux dont la poursuite serait de nature à porter atteinte à l'intégrité de la voie publique ou de ses dépendances ou à aggraver l'atteinte déjà portée./ La décision est exécutoire sur minute nonobstant opposition ou appel. L'administration prend toutes mesures nécessaires pour en assurer l'application immédiate ".

8. L'article R. 116-2 du code de la voirie routière définit les infractions : " Seront punis d'amende prévue pour les contraventions de la cinquième classe ceux qui : 1° Sans autorisation, auront empiété sur le domaine public routier ou accompli un acte portant ou de nature à porter atteinte à l'intégrité de ce domaine ou de ses dépendances, ainsi qu'à celle des ouvrages, installations, plantations établis sur ledit domaine () ".

9. L'attribution de compétence au juge judiciaire qui résulte de l'article L. 116-1 du code de la voirie routière ne concerne que les cas dans lesquels une contravention à la police de la conservation du domaine public routier est constituée, que cette contravention ait été poursuivie ou non.

10. Il ressort des pièces du dossier que le titre exécutoire contesté se rapporte à une contravention de voirie routière. Par suite, la juridiction administrative n'est, en dépit de l'accord des deux parties pour que soit constaté le non-lieu à statuer en raison de la disparation en cours d'instance de l'objet du litige, manifestement pas compétente pour connaître du présent recours. Il y a lieu, par la suite, de rejeter la requête sur le fondement des dispositions de l'article R. 222-1, 2° précité du code de justice administrative.

Sur les frais liés au litige :

11. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par les parties au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Article 2 : Les conclusions présentées par les parties au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à Orléans Métropole.

Fait à Orléans, le 14 octobre 2024.

Le président de la 5e chambre,

Samuel DELIANCOURT

La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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