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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2300681

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2300681

vendredi 19 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2300681
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantSELAFA CABINET CASSEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 20 février 2023 et le 31 août 2023, la société par actions simplifiée (SAS) Klass Auto, représentée par Me Cassel, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) d’annuler la décision du 16 mars 2022 par laquelle le préfet d’Eure-et-Loir a décidé de procéder à un reversement contraint des indemnisations mensuelles d’activité partielle qu’elle a perçues pour une valeur cumulée de 13 137,01 euros représentant 1 652 heures déclarées chômées, entre le 16 mars 2020 et le 29 août 2021 ;

2°) d’annuler la décision implicite de rejet née le 20 février 2023 du silence gardé par le préfet d’Eure-et-Loir sur sa demande de retrait de la décision du 16 mars 2022 et, à titre subsidiaire, de remise gracieuse de la dette litigieuse ;

3°) en conséquence, de la décharger du paiement de la somme de 13 137,01 euros en litige ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat le versement de la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- les décisions attaquées sont entachées d’incompétence ;
- elles sont insuffisamment motivées ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d’appréciation en considérant que M. A... n’exerçait pas une activité professionnelle dans des conditions traduisant l’existence, à l’égard de la société, d’un lien de subordination de nature à caractériser une relation de travail ;
- il n’est pas justifié du bien-fondé de la créance mise à sa charge.


Par un mémoire en défense, enregistré le 13 octobre 2023, le préfet d’Eure-et-Loir conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :
- la requête est tardive et donc irrecevable ;
- les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser (…) ».

2. Aux termes de l’article R. 421-1 du même code : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ».

3. Il ressort des pièces du dossier que la décision contestée, par laquelle la direction départementale de l’emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations d’Eure-et-Loir a procédé à une régularisation contrainte des sommes indûment perçues par la SAS Klass Auto au titre d’une indemnisation d’activité partielle, qui comportait les voies et délais de recours, a été notifiée à la société requérante par courrier recommandé du 16 mars 2022, réceptionné le 18 mars suivant par la destinataire. Le délai de recours contentieux de deux mois francs courant à l’encontre de cette décision expirait ainsi le 19 mai 2022 à minuit. Par suite, ni le courrier adressé le 14 juin 2022 à l’administration, ni le recours gracieux formé le 13 février 2023 par la société Klass Auto, tous les deux intervenus au-delà du délai de recours contentieux, n’ont eu pour effet de rouvrir ce dernier. Il s’ensuit que la décision contestée étant devenue définitive faute d’avoir fait l’objet d’un recours gracieux dans le délai de recours contentieux, la requête présentée par la SAS Klass Auto, enregistrée le 20 février 2023 auprès du greffe du tribunal, est tardive et doit, dès lors, être rejetée comme manifestement irrecevable sur le fondement des dispositions du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.




O R D O N N E :



Article 1er : La requête de la SAS Klass Auto est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la SAS Klass Auto et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.

Copie en sera transmise au préfet d’Eure-et-Loir.

Fait à Orléans, le 19 juillet 2024.


La présidente de la 4ème chambre,





Patricia ROUAULT-CHALIER


La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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