lundi 27 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2300836 |
| Type | Décision |
| Publication | D |
| Avocat requérant | MOULOUADE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 février 2023, M. C A, représenté par Me Moulouade, demande à la juge des référés, saisie sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 25 janvier 2023 par lequel la préfète d'Eure-et-Loir a rejeté sa demande de délivrance d'un titre de séjour en qualité de parent d'un enfant français, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre à la préfète d'Eure-et-Loir de réexaminer sa situation administrative dans un délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir et de lui délivrer, dans un délai de cinq jours à compter de cette notification, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans l'attente de ce réexamen, et ce sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'urgence est constituée dans la mesure où il a créé, depuis plus d'un an, une activité de livraison à vélo qui lui procure un revenu moyen de 1 700 euros par mois, ce qui lui a permis de prendre à bail un logement à proximité du domicile de la mère de son enfant ; l'arrêté attaqué, qui a pour effet de le priver de toute ressource, va entraîner la perte de son logement où il comptait exercer ses droits d'hébergement et de visite à l'égard de sa fille et le placer dans une situation de grande précarité ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision de refus de titre de séjour attaquée :
* elle est entachée d'une erreur de droit et d'une inexacte application des dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il est père d'une enfant de nationalité française et qu'il contribue effectivement à son entretien et à son éducation depuis sa naissance ;
* elle est entachée d'un défaut d'examen, la préfète s'étant bornée à examiner sa situation au regard de sa vie privée et familiale et non au regard des dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il remplit toutes les conditions ;
* la décision de refus de titre de séjour est disproportionnée eu égard aux intérêts en présence et entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : les faits de violences sur la mère de son enfant, sans incapacité, pour lesquels il a été condamné à trois mois de prison avec sursis n'étaient pas suffisants, au cas d'espèce, pour lui refuser la délivrance d'un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français, eu égard à l'intensité de ses attaches privées et familiales ;
* elle méconnaît l'intérêt supérieur de sa fille garanti par l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- il existe également un doute sérieux quant à la légalité de l'obligation de quitter le territoire français :
* elle méconnaît l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
* elle méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'intérêt supérieur de l'enfant protégé par l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mars 2021, la préfète d'Eure-et-Loir conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Par un courrier du 21 mars 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que l'ordonnance était susceptible d'être fondée sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions de M. A tendant à la suspension des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination dès lors qu'en application de l'article L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le recours en annulation formé contre elles a déjà entraîné un effet suspensif.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 21 février 2023 sous le numéro 2300735 par laquelle M. A demande l'annulation des décisions attaquées.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention de New York relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Rouault-Chalier, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 21 mars 2023 à 11 h 00 :
- le rapport de Mme Rouault-Chalier, juge des référés ;
- les observations de Me Moulouade, représentant M. A, présent, qui a acquiescé au moyen relevé d'office porté à la connaissance des parties par courrier du 21 mars 2023 et qui a repris, en les développant, les conclusions et les moyens invoqués à l'encontre de la décision de refus de titre de séjour ;
- la préfète d'Eure-et-Loir n'étant ni présente ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 18 août 2021, M. C A, ressortissant guinéen né le 3 février 1993, a sollicité la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en sa qualité de père d'une enfant de nationalité française. Par un arrêté du 25 janvier 2023, la préfète d'Eure-et-Loir a refusé de lui accorder le titre de séjour demandé et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours à destination de la Guinée, ou de tout autre pays où il serait légalement admissible. Par la requête ci-dessus analysée, M. A demande à la juge des référés, saisie sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution du refus de titre de séjour, de l'obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et de la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement.
Sur les conclusions tendant à la suspension des décisions portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de renvoi :
2. Aux termes de l'article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. Les dispositions du présent chapitre sont applicables au jugement de la décision fixant le pays de renvoi contestée en application de l'article L. 721-5 (). ". L'article L. 614-4 du même code dispose : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision. ". Enfin, aux termes de l'article L. 722-7 de ce code : " L'éloignement effectif de l'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut intervenir avant l'expiration du délai ouvert pour contester, devant le tribunal administratif, cette décision et la décision fixant le pays de renvoi qui l'accompagne, ni avant que ce même tribunal n'ait statué sur ces décisions s'il a été saisi. / () ".
3. En application des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et de la décision fixant le pays de renvoi prises le 25 janvier 2023 à l'encontre de M. A a été suspendue par l'effet de l'introduction par l'intéressé d'une requête en annulation dirigée contre ces décisions. Ce recours étant toujours pendant et cette procédure étant exclusive de toute procédure en référé, les conclusions de la requête tendant à la suspension de l'exécution des décisions du 25 janvier 2023 portant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixant le pays de renvoi sont irrecevables et doivent, par suite, être rejetées.
Sur les conclusions à fin de suspension de la décision portant refus de titre de séjour :
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
En ce qui concerne l'urgence :
5. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à la juge des référés, saisie d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence est en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour.
6. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la préfète d'Eure-et-Loir a instruit la demande de titre de séjour de M. A pendant près d'un an et demi, en lui délivrant des récépissés de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler, ce que l'intéressé a fait en créant, à compter du 24 août 2021 sous la dénomination commerciale Guineehome, une entreprise individuelle de livraison à vélo. Son activité, essentiellement exercée au profit de la société Uber Eats France, lui a procuré un revenu mensuel moyen de 1 750 euros lui permettant de subvenir à ses besoins et, en particulier, de louer, à compter du 25 janvier 2022 afin d'entretenir sa relation avec sa fille, un appartement de deux pièces situé à Maintenon, à proximité du domicile de Mme B, mère de son enfant. Ainsi, la décision de refus de titre de séjour dont la suspension de l'exécution est demandée a pour effet de faire obstacle à ce que M. A continue à occuper régulièrement son emploi ainsi qu'à financer son logement, alors que l'exercice d'une activité professionnelle pour entretenir l'enfant et la persistance d'un logement décent pouvant l'accueillir, sont des éléments de sa situation personnelle qui seront examinés par le juge aux affaires familiales pour lui accorder un droit de visite et d'hébergement sur sa fille lors de l'audience prévue le 3 avril 2023. Par suite, nonobstant la circonstance que l'obligation de quitter le territoire français dont cette décision a été assortie ne pourra pas être exécutée d'office avant que le tribunal n'ait statué au fond sur sa légalité, la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme remplie.
En ce qui concerne les moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
7. Aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ". Aux termes de l'article L. 423-8 du même code : " Pour la délivrance de la carte de séjour prévue à l'article L. 423-7, lorsque la filiation est établie à l'égard d'un parent en application de l'article 316 du code civil, le demandeur, s'il n'est pas l'auteur de la reconnaissance de paternité ou de maternité, doit justifier que celui-ci contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant, dans les conditions prévues à l'article 371-2 du code civil, ou produire une décision de justice relative à la contribution à l'éducation et à l'entretien de l'enfant. / Lorsque le lien de filiation est établi mais que la preuve de la contribution n'est pas rapportée ou qu'aucune décision de justice n'est intervenue, le droit au séjour du demandeur s'apprécie au regard du respect de sa vie privée et familiale et au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant. ". Aux termes de l'article L. 432-1 de ce code : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public. ".
8. M. A a sollicité un titre de séjour en sa qualité de parent d'enfant français sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ressort de la décision litigieuse que la préfète d'Eure-et-Loir a refusé de faire droit à sa demande au motif que, compte tenu de ses précédentes condamnations et des signalements dont il a fait l'objet, il représente une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'ordre public.
9. Il ressort des pièces du dossier que M. A, qui a séjourné régulièrement en France une première fois pendant quatre années pour y suivre une scolarité, est entré en dernier lieu sur le territoire français en février 2020 sous couvert d'un visa C délivré par les autorités allemandes. Il est constant qu'il est père d'une enfant de nationalité française née le 19 septembre 2020, qu'il a reconnue par anticipation le 19 juin 2020. Désormais séparé de la mère de sa fille, il justifie toutefois, par la production de relevés de comptes bancaires attestant de virements mensuels pour des montants compris entre 50 et 250 euros effectués au cours de la période comprise entre le mois de septembre 2020 et décembre 2022 au profit de Mme B, contribuer à l'entretien et à l'éducation de son enfant. S'il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'extrait du bulletin n° 2 de son casier judiciaire, que l'intéressé a fait l'objet d'une condamnation le 21 janvier 2021 par le tribunal correctionnel de Chartres à trois mois d'emprisonnement avec sursis pour des faits commis le 18 février 2019 de violence sans incapacité et pour des faits commis le 21 août 2020 de violence aggravée par trois circonstances suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité, ces faits, dont la gravité n'est pas contestée, restent toutefois isolés. En outre, s'il ressort des fiches extraites du traitement des antécédents judiciaires produites par la préfète en défense que, depuis cette condamnation, M. A a été mis en cause pour des appels téléphoniques malveillants réitérés entre février et juin 2022 par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité ainsi que, le 15 février 2023, pour des faits de conduite d'un véhicule terrestre à moteur sans permis et sans assurance et usage de faux document administratif constatant un droit ou une identité ou une qualité ou accordant une autorisation, ces agissements, dont il n'est pas établi ni même allégué qu'ils auraient donné lieu à une condamnation du requérant, ne permettent pas d'établir une menace à l'ordre public au sens de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité. Ainsi, dans les circonstances particulières de l'espèce, compte tenu au surplus des efforts d'intégration manifestés par M. A et de sa volonté de s'insérer professionnellement, le moyen tiré de ce que la préfète a commis une erreur d'appréciation est propre, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.
10. Pour les mêmes motifs et compte tenu de la contribution de M. A à l'éducation et à l'entretien de sa fille française, le moyen tiré de ce que la préfète d'Eure-et-Loir a méconnu les dispositions précitées de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est également propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les deux conditions auxquelles l'article
L. 521-1 du code de justice administrative subordonne la suspension d'une décision administrative étant réunies, il y a lieu de suspendre l'exécution de la décision 25 janvier 2023 par laquelle la préfète d'Eure-et-Loir a refusé de délivrer un titre de séjour à M. A en qualité de parent d'enfant français.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
12. La présente ordonnance implique nécessairement que la préfète d'Eure-et-Loir réexamine la situation de M. A et lui délivre une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail dans cette attente, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de l'arrêté du 25 janvier 2023. Elle devra procéder à la délivrance de l'autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n'y a pas leu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
13. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. A d'une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés à raison de la présente instance et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'exécution de la décision du 25 janvier 2023 par laquelle la préfète d'Eure-et-Loir a refusé de délivrer un titre de séjour à M. A est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète d'Eure-et-Loir de réexaminer la situation de M. A. Il est également enjoint à la préfète d'Eure-et-Loir de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail dans cette attente, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de l'arrêté du 25 janvier 2023 dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : L'Etat versera à M. A la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et à la préfète d'Eure-et-Loir.
Fait à Orléans, le 27 mars 2023.
La juge des référés,
Patricia ROUAULT-CHALIER
La République mande et ordonne à la préfète d'Eure-et-Loir, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.