mardi 24 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2301505 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SELARL MARIA-BRUN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 avril 2023, M. C A, représenté par la Selarl Florence Maria-Brun, demande au juge des référés :
1°) sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, de condamner l'Etat à lui verser la somme provisionnelle de 10 000 euros en réparation de ses préjudices subis à la suite de son agression par un mineur placé dans le centre éducatif fermé de Dreux ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a été agressé et gravement blessé par un mineur placé par le juge judiciaire au centre éducatif fermé de Dreux ;
- les conséquences de cette agression sont importantes tant au niveau de son travail qu'au niveau physique et psychologique ;
- il est suivi par un psychiatre ;
- il peut prétendre à une indemnisation de ses préjudices sur le fondement de la responsabilité sans faute de l'administration du fait du comportement de mineurs confiés à un service relevant de la protection judiciaire de la jeunesse ;
- il a formé une réclamation indemnitaire auprès du ministre de la justice ;
- en l'absence de réponse, une décision implicite de rejet est née et il est contraint de saisir le tribunal administratif.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juin 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la créance du requérant est sérieusement contestable dès lors que la responsabilité sans faute invoquée par le requérant ne s'applique qu'aux tiers et qu'il n'est pas tiers en l'espèce.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B en application des articles L. 222-2-1 et L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ".
2. Il résulte des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle qui résulte du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état. Dans l'hypothèse où l'évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d'une garantie, que pour la fraction de ce montant qui lui parait revêtir un caractère de certitude suffisant.
3. Pour justifier sa demande de provision, la requérant soutient que dans une décision du 17 décembre 2008, le Conseil d'Etat a reconnu la responsabilité de l'Etat du fait de l'agression commise par un mineur confié à un service relevant de la protection judiciaire de la jeunesse, que dans une autre décision du 8 juillet 2011, le Conseil d'Etat a posé le principe de la responsabilité sans faute du fait de la garde d'un mineur placé et que dans une décision du 1er février 2006, le Conseil d'Etat a reconnu la responsabilité sans faute de l'Etat pour les dommages causés aux tiers par un mineur dont la garde a été confiée par la juridiction de mineurs dans le cadre d'une mesure prise en vertu de l'ordonnance du 2 février 1945. Il résulte de ces décisions que la responsabilité de l'Etat ne peut être engagée qu'envers les tiers pour les dommages causés par un mineur faisant l'objet d'une mesure de placement par le juge judiciaire.
4. En l'espèce, le ministre de la justice soutient, sans être contredit, que le requérant est salarié de l'association " Diagrama Intervention Psychosociale ", qu'il a été victime d'une agression par un mineur placé alors qu'il exerçait les fonctions d'éducateur sur son lieu de travail dans le centre éducatif fermé de Dreux, association de droit privé assumant la garde du mineur auteur des faits et qu'ainsi, il ne peut être regardé comme un tiers au service et ne peut donc engager la responsabilité sans faute de l'Etat en raison du risque spécial créé pour les tiers à raison de la mise en œuvre des mesures de libertés surveillée. Il suit de là que l'obligation dont se prévaut le requérant à l'encontre de l'Etat ne peut être regardée comme n'étant pas sérieusement contestable au sens des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée y compris, par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Fait à Orléans, le 24 septembre 2024.
Le juge des référés,
Jean-Michel B
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
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01/06/2026
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