LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2302870

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2302870

mardi 18 février 2025

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2302870
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantCABINET PITCHER AVOCAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 13 juillet 2023 et le 14 mai 2024, et des pièces déposées le 10 janvier 2025, non communiquées, M. C B agissant en son nom propre et au nom de son fils mineur, M. D B, représenté par Me Pitcher, doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) de condamner l'Etat à verser en réparation de son préjudice et du préjudice subi par D en lien avec l'absence d'enseignements obligatoires dispensés à celui-ci au cours de l'année scolaire 2022-2023, les sommes de 500 euros et 490 euros ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 700 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

Il soutient que :

- la mission d'intérêt général d'enseignement confiée au ministère de l'Education lui impose l'obligation légale d'assurer, selon les horaires prescrits, l'enseignement de toutes les matières obligatoires inscrites aux programmes d'enseignement tels que définis par les dispositions législatives et réglementaires en vigueur afin de faire respecter la liberté fondamentale constituée par le droit à l'éducation et le manquement à cette obligation légale qui a pour effet de priver, en l'absence de toute justification tirée des nécessités de l'organisation du service, un élève de l'enseignement considéré pendant une période appréciable, est constitutif d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat ;

- D scolarisé au sein de l'établissement d'enseignement public Lycée général et technologique Léonard de Vinci à Amboise durant l'année 2022-2023 a été privé de 49 heures d'enseignement de français et l'Etat doit l'indemniser des conséquences dommageables pour lui de la carence des services d'enseignement car il a subi en conséquence un préjudice consistant en un retard conséquent dans ses apprentissages par rapport aux élèves disposant d'enseignements soutenus dont il sera fait une juste appréciation à hauteur de 10 euros par heure d'enseignement non assurée, soit 490 euros ;

- lui-même, contraint au quotidien de s'assurer de la présence d'un professeur, de réorganiser son emploi du temps professionnel, d'assurer à la place de l'Etat l'enseignement de son enfant, dans la mesure du possible, afin de limiter les lacunes, et qui a vu son fils perdre le goût de l'école, a subi un préjudice moral dont il sera fait une juste appréciation à hauteur de 500 euros ;

- le tableau produit par le rectorat n'établit pas que le nombre d'heures non remplacées est inexact ;

- aucune heure supplémentaire à d'autres périodes de l'année pour combler le manquement aux obligations légales n'a été programmée ;

- le manque de crédits budgétaires ne saurait exonérer l'Etat de la responsabilité qui lui incombe et ni l'existence de réelles tentatives de remplacement pérenne du professeur ni la mise en œuvre de mesure structurelle globale suffisante prise pour enrayer ces difficultés chroniques ne sont établies.

Par un mémoire en défense enregistré le 30 avril 2024, le recteur de l'académie d'Orléans-Tours conclut au rejet de la requête.

Il soutient que

- les absences invoquées étaient perlées et imprévisibles ;

- selon son décompte ces absences ont eu lieu du 13 au 14 octobre 2022, du 3 au 16 janvier 2023 puis du 17 janvier au 10 février 2023, du 11 février au 30 mars 2023, du 31 mars au 28 avril 2023 et du 29 avril au 15 juin 2023 ;

- la direction du lycée a accompli les diligences requises pour trouver des solutions dès le 16 janvier 2023 mais a été confrontée à des difficultés ; à compter du 2 mai 2023 des heures d'enseignement de français ont pu être assurées et des heures de français supplémentaires ont ponctuellement été ajoutées ;

- les préjudices allégués ne sont pas établis car D a été autorisé à passer en classe de 1ère et été accueilli au sein de l'établissement scolaire lors des absences non remplacées ;

- à supposer la responsabilité de l'Etat engagée, l'indemnisation sollicitée doit être limitée à 100 euros

Par ordonnance du 14 mai 2024 la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 17 juin 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Lefebvre-Soppelsa,

- les conclusions de M. Joos, rapporteur public,

- et les observations de Me Coulon, substituant Me Pitcher, représentant M. B, et de Mme A, représentant le recteur de l'académie d'Orléans-Tours.

Considérant ce qui suit :

1. M. D B, né le 13 mars 2008, a été scolarisé en classe de seconde au sein de l'établissement d'enseignement public Lycée général et technologique Léonard de Vinci à Amboise durant l'année 2022-2023. Par courrier du 21 avril 2023, son père, M. C B agissant en son nom propre et au nom de son fils mineur, a demandé au recteur de l'académie d'Orléans-Tours le versement d'une somme de 990 euros en réparation des préjudices subis par D en lien avec l'absence d'enseignements obligatoires à hauteur de 49 heures. Cette demande a été explicitement rejetée le 19 juin 2023. Par la présente requête, M. C B demande au tribunal de condamner l'Etat à verser en réparation de son préjudice et du préjudice subi par D en lien avec l'absence d'enseignements obligatoires dispensés à celui-ci au cours de l'année scolaire 2022-2023, les sommes de 500 euros et 490 euros.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne la responsabilité de l'Etat

2. Aux termes de l'article L. 122-1-1 du code de l'éducation : " La scolarité obligatoire doit garantir à chaque élève les moyens nécessaires à l'acquisition d'un socle commun de connaissances, de compétences et de culture, auquel contribue l'ensemble des enseignements dispensés au cours de la scolarité. Le socle doit permettre la poursuite d'études, la construction d'un avenir personnel et professionnel et préparer à l'exercice de la citoyenneté. () ". Il résulte de l'article D. 332-4 du code de l'éducation que les enseignements obligatoires dispensés au collège comprennent les enseignements communs pour lesquels les programmes et le volume horaire sont fixés par arrêté du ministre chargé de l'éducation.

3. La mission d'intérêt général d'enseignement qui lui est confiée impose au ministre chargé de l'éducation l'obligation légale d'assurer l'enseignement de toutes les matières obligatoires inscrites aux programmes d'enseignement tels qu'ils sont définis par les dispositions législatives et réglementaires en vigueur selon les horaires réglementairement prescrits. Le manquement à cette obligation légale qui a pour effet de priver, en l'absence de toute justification tirée des nécessités de l'organisation du service, un élève de l'enseignement considéré pendant une période appréciable est constitutif d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat.

4. Il résulte de l'instruction que la professeure de français D B, élève de seconde, a été absente du 3 janvier 2023 jusqu'au 15 juin 2023 et qu'elle n'a pas été remplacée jusqu'au 2 mai 2023 a minima et qu'Augustin par suite ne s'est vu dispenser du 3 janvier 2023 jusqu'au 2 mai 2023 a minima aucune des heures d'enseignements obligatoires de français. Si le rectorat fait valoir que les arrêts de l'enseignante titulaire renouvelés du 3 au 16 janvier 2023 puis du 17 janvier au 10 février 2023, du 11 février au 30 mars 2023, du 31 mars au 28 avril 2023 et du 29 avril au 15 juin 2023 n'étaient pas prévisibles, que la direction du lycée aurait cherché des solutions en vain en son sein, que les titulaires zones de remplacement étaient tous affectés puis qu'à compter du 16 janvier 2023 des démarches ont été accomplies en vue du recrutement d'un professeur contractuel, que la professeur suppléante recrutée à compter du 14 mars n'a pu reprendre l'intégralité du service de l'enseignante absente et que le candidat retenu pour assurer les heures restantes, qui concernaient deux classes de seconde, ne s'est finalement pas présenté, il ne justifie toutefois pas avoir ainsi accompli des diligences suffisantes pour assurer la continuité de l'enseignement dû aux élèves des deux classes concernées. Par suite, au regard de la durée pendant laquelle l'élève D a été privé de tout enseignement de français, l'Etat a commis une faute dans l'organisation du service public de nature à engager sa responsabilité.

En ce qui concerne les préjudices

5. En premier lieu, il résulte du volume élevé des heures de cours de français non dispensées pendant une période continue d'au moins 4 mois au titre de l'année 2022-2023 à D que celui-ci a nécessairement accusé un retard dans cet enseignement. Dans ces conditions, quand bien même il a été admis en classe de 1ère et y a eu de bons résultats dans la matière en cause, il sera fait une juste appréciation des préjudices subis par cet élève en fixant leur réparation à la somme de 450 euros.

6. En second lieu, quand bien même D a été autorisé à passer en classe de 1ère et été accueilli au sein de l'établissement scolaire lors des absences non remplacées, il résulte de l'instruction que son père a subi du fait de la carence de l'Etat dans l'organisation du service public de l'enseignement, un préjudice moral dont il sera fait une juste appréciation en fixant sa réparation à la somme de 300 euros.

7. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de condamner l'Etat à verser au requérant agissant en son nom propre et au nom de son fils mineur la somme de 750 euros en réparation du préjudice résultant de la carence de l'Etat à assurer la continuité du service public de l'enseignement D au titre de l'année scolaire 2022-2023.

Sur les frais liés au litige :

8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, partie perdante, une somme de 700 euros à verser à M. C B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1 : L'État est condamné à verser à M. C B une somme de 750 euros au titre des préjudices subis par lui et son fils D.

Article 2 : L'État versera à M. C B une somme de 700 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Copie en sera transmise pour information au recteur de l'académie d'Orléans-Tours.

Délibéré après l'audience du 28 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,

Mme Keiflin, première conseillère,

M. Garros, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 février 2025.

La présidente-rapporteure,

Anne LEFEBVRE-SOPPELSA

L'assesseure la plus ancienne,

Laura KEIFLIN

Le greffier,

C DUNET

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions