vendredi 29 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2303890 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | CABINET WTAP AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 septembre 2023, la commune de Chalette-sur-Loing (Loiret), représentée par le cabinet WTAP Avocats, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article R. 531-1 du code de justice administrative, de désigner un expert aux fins de faire constater les dommages subis par la piscine municipale en raison des multiples infiltrations d'eau et de dégradations liées à la présence d'humidité.
Elle soutient que :
- dans le cadre d'un marché public de construction d'une piscine de la ville, elle a confié à la SARL Métal 37 la réalisation du lot n° 4 " Couverture et étanchéité " par acte d'engagement du 31 janvier 2017, notifié le 31 janvier 2017, dont ordre de service n°1 adressé le 26 avril 2017 ;
- compte tenu des défaillances de cette entreprise, et à l'issue d'une première procédure de constat, puis d'expertise, M. B A, expert désigné par le présent tribunal, a rendu un rapport d'expertise le 4 mars 2020 aux termes duquel il imputait à la société Métal 37 la non-conformité de la couverture des bassins et préconisait le remplacement complet de la toiture ;
- un avenant n°2 au contrat a été signé par la société Métal 37 aux termes duquel elle devait notamment procéder aux réparations nécessaires et achever le marché ;
- à compter de l'été 2021, la carence de cette entreprise en matière de pose des couvertines et des protections de têtes de mur impliqua de recourir à une entreprise tierce aux frais et risques de la société Métal 37 afin de faire réaliser les derniers travaux ;
- la piscine fut réceptionnée partiellement (notamment sans le lot n°4) avec réserves le 9 février 2022 et fit l'objet d'une ouverture au public le 25 avril 2022 ;
- les dégradations liées aux infiltrations ont subsisté sans que la société Métal 37 y porte remède, en dépit des sommations faites ;
- par conséquent, elle sollicite la présente mesure de constat dans la perspective d'un éventuel contentieux.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 531-1 du code de justice administrative : " S'il n'est rien demandé de plus que la constatation de faits, le juge des référés peut, sur simple requête qui peut être présentée sans ministère d'avocat et même en l'absence d'une décision administrative préalable, désigner un expert pour constater sans délai les faits qui seraient susceptibles de donner lieu à un litige devant la juridiction. () ".
2. Ces dispositions n'ont pas pour effet d'imposer au juge des référés de faire droit aux demandes de constat lorsque les conditions posées par l'article précité sont remplies et de le priver ainsi de son pouvoir d'apprécier dans chaque cas d'espèce l'utilité du recours à cette procédure ; notamment, le juge peut refuser d'ordonner le constat lorsque, eu égard à l'objet de la demande et aux conditions dans lesquelles il peut être procédé aux constatations sollicitées, le demandeur dispose de la possibilité de faire constater les faits par un commissaire de justice.
3. Il résulte de l'instruction que les désordres affectant la couverture de la piscine municipale de Chalette-sur-Loing ont fait l'objet d'un premier constat prononcé par ordonnance n° 1803492 du 4 octobre 2018, puis d'une expertise par ordonnance n° 1804429 et n° 1900799 du 21 mai 2019 par laquelle l'expert identifiait l'inadaptation de la couverture ainsi que son procédé de montage, et donnait son avis sur les responsabilités des différents participants à l'acte de construction. En outre, aux termes de ses présentes écritures, la requérante produit diverses observations et verse au dossier le procès-verbal de constat, en date du 15 décembre 2022, effectué par Me Thomas Lemonnier, commissaire de justice, détaillant avec précisions les divers désordres, infiltrations et traces d'humidité et comportant un dossier photographique documentant les dégradations du centre aquatique. Par conséquent, et dans les circonstances de l'espèce, le nouveau constat sollicité au titre de l'article R. 531-1 du code de justice ne présente pas de caractère utile dans la mesure où les désordres invoqués, dont l'historique et l'origine sont connus, ont déjà fait l'objet d'un constat par l'officier public et ministériel, qu'il sera loisible à la commune d'actualiser le cas échéant. Dès lors, la requête de la commune de Chalette-sur-Loing doit être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la commune de Chalette-sur-Loing est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Chalette-sur-Loing.
Fait à Orléans, le 29 septembre 2023.
Le Président,
Benoist GUÉVEL
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
ABo