lundi 15 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2400044 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS IOSCA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 janvier 2024, M. C A, représenté par Me Iosca, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'annuler la décision du 18 décembre 2023 par laquelle le sous-préfet de Saint-Germain en Laye a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de neuf mois ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de lui communiquer le procès-verbal d'audition en date du 20 décembre 2023 ;
3°) de convoquer à l'audience les gendarmes Lionel S. et Alexandre R.
Il soutient que :
- à la suite de la rétention de son permis de conduire par l'unité de gendarmerie du péage de Saint-Arnoult en Yvelines le 15 décembre 2023, il a été convoqué en audition libre le mercredi 20 décembre 2023 à 9h00, où il a été informé verbalement que le parquet du tribunal judiciaire de Versailles avait décidé un classement sans suite ; le refus de se soumettre à un dépistage de l'état alcoolique n'est pas caractérisé ; il appartient au juge administratif de rechercher si la condition de l'existence d'une infraction justifiant la suspension du permis de conduire est établie ; il ne ressort pas du procès-verbal d'audition que le délit de refus de se soumettre à un contrôle soit caractérisé ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d'aller et venir et à la liberté du commerce et de l'industrie ;
- l'urgence est caractérisée, dès lors qu'aucune autre voie de droit ne permet de contester de manière efficace cette décision.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Il résulte de l'instruction que le permis de conduire de M. A a été retenu par la gendarmerie le 15 décembre 2023 sur l'autoroute A11 en direction de Ponthevrard, en raison d'infractions relatives au refus de se soumettre aux vérifications tendant à établir le délit de conduite sous l'empire d'un état alcoolique et de circulation de nuit ou par visibilité insuffisante en un lieu dépourvu d'éclairage public. Par un arrêté du 18 décembre 2023, pris sur le fondement de l'article L. 224-2 du code de la route, le sous-préfet de Saint-Germain en Laye a suspendu la validité du permis de conduire du requérant pour une durée de neuf mois. M. A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L.521-2 du code de justice administrative, d'annuler la décision de suspension de son permis de conduire.
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article R. 522-3 du code de justice administrative : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
3. Il résulte de la combinaison des dispositions des articles L. 511-1, L. 521-2 et L. 521-4 du code de justice administrative qu'il appartient au juge des référés, lorsqu'il est saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 de ce code et qu'il constate une atteinte grave et manifestement illégale portée par une personne morale de droit public à une liberté fondamentale, de prendre les mesures qui sont de nature à faire disparaître les effets de cette atteinte. Ces mesures doivent en principe présenter un caractère provisoire, sauf lorsque aucune mesure de cette nature n'est susceptible de sauvegarder l'exercice effectif de la liberté fondamentale à laquelle il est porté atteinte. Ce caractère provisoire s'apprécie au regard de l'objet et des effets des mesures en cause et, en particulier, de leur caractère réversible.
4. Aux termes de l'article L. 224-9 du code de la route : " Quelle que soit sa durée, la suspension du permis de conduire ou l'interdiction de sa délivrance ordonnée par le représentant de l'Etat dans le département en application des articles L. 224-2 et L. 224-7 cesse d'avoir effet lorsque est exécutoire une décision judiciaire prononçant une mesure restrictive du droit de conduire prévue au présent titre. / Les mesures administratives prévues aux articles L. 224-1 à L. 224-3 et L. 224-7 sont considérées comme non avenues en cas d'ordonnance de non-lieu ou de jugement de relaxe ou si la juridiction ne prononce pas effectivement de mesure restrictive du droit de conduire. /() ".
5. Il ne résulte pas de l'instruction qu'à la date de l'arrêté litigieux, le sous-préfet de Saint-Germain en Laye était informé qu'une décision de classement sans suite du chef de l'infraction de refus de se soumettre au contrôle était prononcée et que la condition, relative à l'existence d'une infraction, constatée par procès-verbal, à laquelle les dispositions de l'avant-dernier alinéa de l'article L. 224-2 subordonnent la suspension du permis de conduire, n'était pas remplie en l'espèce. Par suite, sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition d'urgence et de faire droit à l'injonction demandée par le requérant, ce dernier n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté du 18 décembre 2023 porte une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. La requête doit par suite être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A.
Fait à Orléans le 15 janvier 2024.
Le juge des référés,
Jean-Luc B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
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