jeudi 22 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2400600 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | LE BORGNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 février 2024, M. C A, représenté par Me Le Borgne, avocat, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer l'a informé de la perte de validité de son permis de conduire en raison d'un solde de points nul ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 900 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'a pas reçu cette décision, ne résidant plus à Courdimanche ; il attend la communication de cette décision ;
- il exerce une activité de taxi médical ; sa situation est précaire, il n'a pas commis de délit routier ; l'urgence est caractérisée ;
- il a contesté l'infraction du 22 mai 2021 devant l'officier du ministère public ;
- l'infraction du 11 janvier 2020 (vitre surteintée) est sans lien avec la sécurité routière ;
- il n'a pas bénéficié de l'information préalable des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route lors des infractions des 18 juillet 2020 (-1 point), 17 juin 2020 (-1 point), 31 mars 2020 (-4 points), constatées par radar automatique.
Par un mémoire enregistré le 21 février 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- Le relevé d'information intégral établit que le requérant a commis des infractions graves, dont deux suspensions du permis de conduire ; un intérêt public, lié aux exigences de la sécurité routière, s'oppose à la demande du requérant ; l'urgence n'est pas caractérisée ;
- Les moyens soulevés ne sont pas de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la requête au fond n° 2400077 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision du ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- Le rapport de M. B,
- Et les observations de Me Le Borgne, qui conclut aux mêmes fins que la requête avec les mêmes moyens.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision 48 SI, non produite au dossier, le ministre de l'intérieur et des outre-mer a informé M. A de la perte de validité de son permis de conduire, en raison d'un solde de points nul. Le requérant soutient, sans être contredit sur ce point, n'avoir pris connaissance de cette décision que lors d'une convocation au commissariat de Tours le 5 décembre 2023. Il demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
En ce qui concerne l'urgence :
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des éléments fournis par le demandeur, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. Il résulte de l'instruction que M. A exerce la profession de chauffeur de taxi. La détention d'un permis de conduire est une condition de l'exercice de sa profession. Par ailleurs, le requérant soutient que son épouse ne travaille pas, qu'il a la charge de trois enfants mineurs et que le foyer ne perçoit actuellement qu'un montant de 700 euros de prestations familiales. Si le ministre de l'intérieur et des outre-mer fait valoir que le permis de conduire du requérant a fait l'objet de deux mesures de suspension immédiate en raison de grands excès de vitesse, les mentions du relevé d'information intégral révèlent que ces infractions ont été commises en 2017 et en 2018, soit à une période ancienne. Si M. A a également commis une infraction de non-respect de l'arrêt à un feu rouge en mars 2020, il résulte de l'instruction, eu égard aux conséquences qu'aurait l'exécution de la décision litigieuse sur la situation en particulier financière du requérant, et alors que la suspension n'apparaît pas, en l'espèce, inconciliable avec les exigences de la sécurité routière, que la condition d'urgence doit être regardée remplie.
Sur l'existence d'un moyen sérieux :
5. En l'état de l'instruction, le moyen tiré de ce que le requérant n'a pas reçu l'information préalable prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route à l'occasion des infractions des 18 juillet 2020 (-1 point), 17 juin 2020 (-1 point), 31 mars 2020 (-4 points), constatées par radar automatique, paraît de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conditions d'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative étant réunies, il y a lieu de suspendre l'exécution de la décision en litige.
Sur les frais de l'instance :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'État la somme que M. A demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a informé M. A de la perte de validité de son permis de conduire est suspendue jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête au fond.
Article 2 : Les conclusions de la requête sont rejetées pour le surplus.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Orléans le 22 février 2024.
Le juge des référés,
Jean-Luc B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026