jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2401344 |
| Type | Décision |
| Recours | Exécution d'un jugement |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP MADRID-CABEZO MADRID-FOUSSEREAU MADRID |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés le 4 avril 2024, le 15 mai 2024 et le 29 juin 2024, Mme A C, représentée par Me Madrid, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de procéder à la liquidation provisoire, au taux de 50 euros par jour de retard, de l'astreinte prononcée par le jugement n° 2200306 du 23 février 2023 par lequel le tribunal a annulé la décision implicite de la préfète du Loiret née du silence gardé sur sa demande de renouvellement de titre de séjour du 2 avril 2019 et la décision explicite de la préfète du 29 septembre 2022 de classement sans suite de cette demande ;
2°) d'assortir cette condamnation des intérêts au taux légal à compter du jugement précité et des intérêts majorés en application de l'article L. 313-3 du code monétaire et financier ;
3°) de fixer une nouvelle astreinte d'un montant de 100 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de la préfète du Loiret une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- en dépit de nombreuses démarches engagées tant par la requérante que par son conseil, la préfète du Loiret n'a pas statué sur sa demande de titre de séjour et n'a délivré que des autorisations provisoires de séjour discontinues la plaçant en situation difficile à l'égard de son employeur ;
- la préfète n'a sollicité des pièces que par un courrier du 15 avril 2024, postérieur à l'ouverture de la phase juridictionnelle, alors que la requérante a à plusieurs reprises spontanément complété son dossier ou relancé les services préfectoraux le 30 mars 2023, 6 septembre 2023 et 14 mars 2024 ;
- il n'est pas établi que les pièces sollicitées par la préfète étaient nécessaires à l'instruction de sa demande fondée sur les articles L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 11 de la convention entre la République française et la République gabonaise et sur l'article L. 435-1 du même code ;
- la préfète du Loiret n'a pas déféré aux demandes qui lui ont été adressées par le tribunal les 4 octobre 2023, 22 novembre 2023 et 17 janvier 2024.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 15 avril 2024, le 5 juin 2024 et le 28 juin 2024, ce dernier non communiqué, la préfète du Loiret conclut, dans le dernier état de ses écritures, au non-lieu à statuer.
Elle soutient que la demande de titre de séjour de Mme C a fait l'objet d'une décision du 15 mai 2024 de sorte que l'injonction prononcée par le jugement n° 2200306 a été totalement exécutée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code monétaire et financier ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- et les observations de Me Madrid, représentant Mme C.
Considérant ce qui suit :
Les conclusions à fin d'exécution du jugement n° 2200306 du 23 février 2023 :
1. En premier lieu, par un jugement n° 2200306 du 23 février 2023, le tribunal a prononcé une astreinte à l'encontre de la préfète du Loiret si elle ne justifiait pas avoir, dans les deux mois suivant notification de cette décision, réexaminé la demande de renouvellement de titre de séjour présentée le 2 avril 2019 par Mme C et jusqu'à la date de cette exécution. Par le même jugement, le taux de cette astreinte a été fixé à 50 euros par jour de retard.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 911-7 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution totale ou partielle ou d'exécution tardive, la juridiction procède à la liquidation de l'astreinte qu'elle avait prononcée ".
3. Le jugement du tribunal du 23 février 2023 a été notifié à la préfète du Loiret le 27 février 2023. Il résulte de l'instruction que, par courriers des 21 mars 2023, 6 septembre 2023 et 14 mars 2024, le conseil de Mme C a rappelé aux services préfectoraux l'injonction de réexamen. Une demande d'aide à l'exécution a également été présentée au tribunal le 26 septembre 2023, donnant lieu à des demandes d'exécution adressées par le tribunal à la préfète les 4 octobre 2023, 22 novembre 2023 et 17 janvier 2024. En l'absence de réponse à ces courriers, une phase juridictionnelle a été ouverte par ordonnance du président du tribunal du 4 avril 2024. Si, en réponse à la communication de cette ordonnance, la préfète du Loiret a indiqué au tribunal, le 15 avril 2024, avoir vainement sollicité à de multiples reprises des pièces complémentaires, elle n'établit que l'envoi d'une unique demande, datée du 8 avril 2024. Si la préfète du Loiret soutient qu'il a, en définitive, été statué sur la demande de Mme C par une décision du 15 mai 2024 refusant le renouvellement de son titre de séjour, d'une part, elle n'en établit pas la notification à l'intéressée en dépit de l'invitation qui lui a été adressée par le tribunal, d'autre part, elle a adressé au conseil de la requérante un courrier du 21 mai 2024, produit au dossier, par lequel elle indique avoir " renouvelé son autorisation provisoire de séjour " en invitant Mme C à se présenter dans ses locaux pour la retirer. Ce courrier a ainsi, implicitement mais nécessairement abrogé le refus de renouvellement opposé six jours auparavant. Dans ces circonstances, la préfète du Loiret n'a pas rapporté la preuve de l'exécution du jugement précité et n'a pas établi que ce retard anormal résulte d'une inertie imputable à la requérante.
4. Il y a lieu, dans ces circonstances, de procéder au bénéfice de Mme C à la liquidation provisoire de l'astreinte pour la période du 27 avril 2023 inclus jusqu'à la date du présent jugement. Toutefois, alors que le jugement du 23 février 2023 ne lui a pas reconnu de droit au séjour, il y a lieu, en application des dispositions précitées de l'article L. 911-7 du code de justice administrative, de modérer l'astreinte initialement prononcée et de fixer le montant de la somme due par l'Etat à Mme C à 2 000 euros.
5. En deuxième lieu, la requérante se prévaut des dispositions de l'article 1231-7 du code civil aux termes desquelles : " En toute matière, la condamnation à une indemnité emporte intérêts au taux légal même en l'absence de demande ou de disposition spéciale du jugement. Sauf disposition contraire de la loi, ces intérêts courent à compter du prononcé du jugement à moins que le juge n'en décide autrement () ". Toutefois, ces dispositions n'ont pas pour effet de faire courir à compter de la notification du jugement du 23 février 2023 les intérêts sur la somme due au titre de l'astreinte, cette somme n'étant pas due en l'absence de liquidation.
6. En revanche, la somme au paiement de laquelle l'Etat est condamné au point 4 ci-dessus portera intérêt au taux légal à compter de la notification du présent jugement. Le taux de l'intérêt sera majoré dans les conditions prévues à l'article L. 313-3 du code monétaire et financier. Les intérêts seront capitalisés à chaque date anniversaire de la notification du présent jugement.
Les conclusions à fin de majoration de l'astreinte :
7. Le juge administratif peut augmenter le taux de l'astreinte compte tenu du mauvais vouloir persistant opposé à l'exécution d'un jugement, après avoir procédé à une première liquidation provisoire.
8. Compte tenu que l'exécution du jugement du 23 février 2023 n'est pas intervenue à la date du présent jugement et du mauvais vouloir persistant opposé par l'administration, il y a lieu de porter à 100 euros par jour l'astreinte prévue par le jugement précité.
Les frais de l'instance :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Mme C d'une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées par Mme C à fin de majoration du taux de l'astreinte prévue par le jugement n° 2200306 du 23 février 2023.
Article 2 : L'Etat est condamné à verser la somme de 2 000 euros à Mme C au titre de l'astreinte prévue par le jugement mentionné à l'article 1er.
Article 3 : La somme mentionnée à l'article 2 portera intérêts au taux légal à compter de la notification du présent jugement. Le taux de l'intérêt sera majoré dans les conditions prévues à l'article L. 313-3 du code monétaire et financier. Les intérêts seront capitalisés à chaque date anniversaire de la notification du présent jugement.
Article 4 : Le taux de l'astreinte prononcée à l'encontre de l'Etat par l'article 3 du jugement n° 2200306 du 23 février 2023 est porté à compter de la date du présent jugement à 100 euros par jour de retard si la préfète du Loiret ne justifie pas avoir, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, exécuté le jugement précité.
Article 5 : L'Etat versera à Mme C une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à la préfète du Loiret.
Copies du jugement n° 2200306 du 23 février 2023 et du présent jugement seront adressées, pour information, au ministère public près la cour des comptes.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.
L'assesseur le plus ancien,
Anne-Laure PAJOT
Le président-rapporteur,
Denis B La greffière,
Aurore MARTIN
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2519430
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en exécution d’un précédent jugement du 23 décembre 2024, a constaté que le ministre de l’intérieur n’avait pas exécuté l’injonction de délivrer un visa d’établissement (visa long séjour type D) à Mme C... épouse B..., en lui délivrant à tort un visa de court séjour type C. Sur le fondement de l’article L. 911-4 du code de justice administrative, le tribunal a enjoint au ministre de délivrer le visa d’établissement requis sous un délai de trois mois, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. La solution retenue vise à assurer l’exécution complète et conforme du jugement initial.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2502339
Le Tribunal Administratif de Montpellier a rejeté les requêtes de la SA Montpellier Rugby Club visant à obtenir la décharge de la cotisation foncière des entreprises (CFE) pour les années 2022 à 2024. Le tribunal a jugé que le club disposait bien, pour les besoins de son activité professionnelle, du contrôle et de l'utilisation matérielle du stade Yves du Manoir, mis à sa disposition par la métropole via des conventions d'occupation. Cette décision s'appuie sur les dispositions des articles 1467 et 1467 A du code général des impôts définissant l'assiette de la CFE.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2506327
Le Tribunal Administratif de Montpellier a rejeté la requête d'un ressortissant marocain demandant l'annulation d'un arrêté préfectoral d'obligation de quitter le territoire français (OQTF). Le tribunal a jugé que l'absence d'information sur le recours suspensif lors de la notification était sans effet sur la légalité de l'acte, et que l'exclusion du pays de renvoi à un État de l'espace Schengen ne constituait pas une atteinte disproportionnée aux droits du requérant, qui séjournait irrégulièrement. La décision s'appuie sur les articles L. 721-3 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2301139
Le Tribunal Administratif de Caen a rejeté la requête d'un agent du département de la Manche contestant son placement en disponibilité d'office pour raisons de santé. Le tribunal a jugé que la procédure était régulière, notamment en écartant l'exception de non-lieu à statuer soulevée par l'administration malgré l'admission ultérieure de l'agent à la retraite pour invalidité. La décision s'appuie sur les dispositions du code général de la fonction publique relatives aux congés de maladie et à la disponibilité d'office (articles L. 822-1, L. 514-4 et L. 826-1).
08/04/2026