vendredi 2 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2401533 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SELARL HOURCABIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 avril 2024 et un mémoire déposé le 4 juillet 2024, la société Mobi-France représentée par Me Marchesini, demande à la juge des référés sur le fondement de l'article R.541-1 du code de justice administrative :
1°) de condamner le département d'Indre-et-Loire à verser sans délai à la société Mobi-France la somme provisionnelle de 809 910 euros ;
2°) de mettre à la charge du département d'Indre-et-Loire la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que l'obligation dont elle se prévaut n'est pas sérieusement contestable car :
- sa demande d'indemnisation de la perte d'exploitation de son agence Mobi-Val de Loire dans le cadre du marché n° 2021-65 " Exploitation de services publics de transports scolaires d'élèves et d'étudiants en situation de handicap ", au titre des années scolaires 2021-2022 et 2022-2023 et de réajustement du prix pour l'avenir était légitime et régulière ;
- cette demande a reçu un écho partiellement favorable puisque par délibération du 29 septembre 2023 devenue définitive, le conseil départemental a décidé de l'indemniser, selon la théorie de l'imprévision, à hauteur de 92 830,76 euros TTC puis face à son refus d'accepter le montant de cette indemnité et de signer le protocole d'accord alors proposé, le département, qui lui a versé 25 500 euros en application de cette délibération, a décidé en dernier lieu, suite à l'organisation d'une médiation qui n'a pas abouti, de lui accorder, dans le cadre d'un nouveau protocole d'accord, une somme globale et forfaitaire de 809 910 ainsi décomposée : 25 500 euros TTC au titre de la non-reconduction du contrat, 92 830 euros pour l'augmentation significative du coût du carburant en application de la théorie de l'imprévision, 109 910 euros TTC au titre de la revalorisation du coût kilométrique portée à 1,40 euros HT pour la période du 1er décembre 2023 au 31 mars 2024, et 581 670 euros pour la perte d'exploitation ;
- le département lui a transmis le 15 mars 2024 une nouvelle version du protocole d'accord totalement remaniée qu'elle refuse de valider car elle n'accepte pas les clauses et conditions de mise en œuvre mais cette circonstance est sans incidence sur la reconnaissance par celui-ci d'un droit à indemnité.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 juin 2024, le département d'Indre-et-Loire, représenté par Me Hourcabie, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société requérante la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la société Mobi-France n'est pas fondée à solliciter l'allocation d'une provision tant dans son principe que dans son quantum.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande de provision :
1. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable () ".
2. Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état.
3. En l'espèce, ainsi que le fait valoir le département en défense, c'est à bon droit qu'il n'a pas fait droit à la demande d'indemnisation présentée par la société requérante de la perte d'exploitation de son agence Mobi-Val de Loire dans le cadre du marché n° 2021-65 " Exploitation de services publics de transports scolaires d'élèves et d'étudiants en situation de handicap ", au titre des années scolaires 2021-2022 et 2022-2023 et de réajustement du prix pour l'avenir car d'une part, l'existence alléguée d'un déficit de l'exploitation de son sous-traitant, la société Mobi-Val de Loire, n'est pas démontrée et à supposer même qu'il existe, un tel déficit d'un tiers au contrat ne peut fonder une demande de provision, d'autre part, le contrat qui lie la requérante au département est un accord-cadre à bon de commande qui permet des ajustements en fonction des besoins réels à satisfaire, aucun droit au nombre de kilomètres estimatif figurant dans le dossier de consultation des entreprises n'existait et l'article 6 du CCAP dédié à la " réfaction financière pour non-exécution des services ", prévoyait expressément que " Les services non exécutés du fait du titulaire ne sont pas rémunérés " ; ainsi en raison, tant de la nature du contrat conclu que de ses clauses, un nombre de kilomètres plus limité que les quantités estimatives figurant au dossier de consultation des entreprises ne peut en aucune façon justifier le versement d'une provision et la requérante ne saurait se prévaloir d'un droit à réparation de ce que les quantités figurant au " DQE " et au " CEP " étaient, dans une proportion au demeurant
limitée, supérieures à celles constatées en phase d'exécution et enfin aucune circonstance particulière n'a modifié les conditions d'exécution du contrat. Par ailleurs, la requérante ne saurait utilement se prévaloir des différentes tentatives d'accords qui ont eu lieu, aucune n'ayant abouti à la signature d'un protocole transactionnel.
4. Dès lors, l'obligation dont se prévaut la société Mobi-France à l'encontre du département d'Indre-et-Loire apparait sérieusement contestable.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du département d'Indre-et-Loire, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société requérante demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la société Mobi-France une somme de 1 200 euros à verser au département d'Indre-et-Loire en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Mobi-France est rejetée.
Article 2 : La société Mobi-France versera la somme de 1 200 euros au département d'Indre-et-Loire au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Mobi-France et au département d'Indre-et-Loire.
Fait à Orléans, le 2 août 2024.
La juge des référés,
Anne LEFEBVRE-SOPPELSA
La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026