Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2401823

mercredi 12 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2401823
TypeDécision
PublicationC
FormationURGENCES -JUGE UNIQUE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Orléans, statuant en juge unique, a rejeté la requête de M. B qui contestait le refus de la CAF du Loiret de lui accorder une remise gracieuse sur des indus d'aide personnelle au logement et de prime d'activité. Le juge a considéré que, bien que l'indu de logement soit soldé, M. B n'apportait pas la preuve de sa situation de précarité actuelle pour justifier la remise gracieuse de la somme restante de 474,84 euros au titre de la prime d'activité. La décision s'appuie sur les principes du plein contentieux, où le juge apprécie la bonne foi et la précarité du débiteur, et sur les dispositions des codes de la construction et de l'habitation et de la sécurité sociale.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 mai 2024, M. A B demande au tribunal d'annuler les décisions du 18 avril 2024 par lesquelles la caisse d'allocations familiales du Loiret a rejeté sa demande de remise gracieuse de la somme de 1 017,68 euros d'aide personnelle au logement et de la somme de 474,84 euros de prime d'activité indument perçues.

Il soutient qu'il a des problèmes de santé et qu'il est en maladie de longue durée et en situation de surendettement.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 novembre 2024, la caisse d'allocations familiales du Loiret conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que la demande du requérant n'est pas fondée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Delandre en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Delandre, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.

Les parties n'étaient pas présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu d'aide personnelle au logement ou de prime d'activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Pour l'examen de ces deux conditions, le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l'administration. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé aux allocations ou à leur montant, de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises, de l'information reçue et de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. A cet égard, si l'allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l'information reçue, ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l'omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration.

2. En l'espèce, il résulte de l'instruction que l'indu d'aide personnelle au logement de 1 017,68 euros est soldé. Dès lors, le litige ne porte plus que sur la somme de 474,84 euros de prime d'activité. Sans contester l'indu de prime d'activité, le requérant soutient qu'il a des problèmes de santé et qu'il est en maladie de longue durée et en situation de surendettement. Toutefois, le requérant ne produit aucun détail de ses ressources et de ses charges actuelles de nature à permettre au tribunal d'apprécier, à la date du présent jugement, sa capacité de remboursement de la somme de 474,84 euros restant due en sollicitant, s'il s'y croit fondé, un échelonnement de ce remboursement. Par suite, compte tenu du montant restant dû, il ne résulte pas de l'instruction que le requérant serait dans une situation de précarité telle qu'il devrait être fait droit à sa demande de remise gracieuse de la somme de 474,84 euros restant due.

3. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la caisse d'allocations familiales du Loiret.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mars 2025.

Le magistrat désigné,Le greffier,

Jean-Michel DELANDRE Laurent BOUSSIERES

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles et de la ministre chargée du logement, chacune en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA45Excès de pouvoir

Tribunal Administratif d'Orléans — N° TA45-2403221

Le Tribunal Administratif d'Orléans, statuant en urgence, a rejeté la requête de M. B... visant à annuler le rejet implicite de sa demande de restitution de points sur son permis de conduire. Le tribunal a jugé le recours irrecevable pour tardiveté, considérant que la décision récapitulative (48SI) lui avait été régulièrement notifiée le 20 novembre 2021, bien avant son recours gracieux de mai 2024. La solution s'appuie sur les articles R. 421-1 et R. 421-5 du code de justice administrative relatifs aux délais de recours.

03/04/2026

TA45Excès de pouvoir

Tribunal Administratif d'Orléans — N° TA45-2502103

Le Tribunal Administratif d'Orléans, statuant en urgence, a déclaré sans objet le recours en excès de pouvoir visant l'annulation de deux décisions rejetant des demandes de remise gracieuse d'indu de prestations sociales (prime d'activité et RSA). Le juge a constaté que les sommes indûment perçues étaient soldées à la date de sa décision, rendant la demande de remise gracieuse inopérante. Les textes appliqués étaient le code de l'action sociale et des familles et le code de la sécurité sociale.

01/04/2026

TA45Excès de pouvoir

Tribunal Administratif d'Orléans — N° TA45-2500261

Le Tribunal administratif d'Orléans, statuant en référé, a rejeté la demande d'un requérant visant l'annulation du refus implicite de lui restituer trois points sur son permis de conduire. Le juge a considéré que la réalité de l'infraction routière initiale, ayant entraîné le retrait de points, demeurait établie par l'émission du titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée, conformément à l'article L. 223-1 du code de la route. La simple présentation d'une réclamation ultérieure contre ce titre, sans démontrer son inexactitude dans le système national des permis de conduire, ne suffit pas à justifier la restitution des points.

01/04/2026

TA45Plein contentieux

Tribunal Administratif d'Orléans — N° TA45-2500498

Le Tribunal administratif d'Orléans, statuant en urgence, a rejeté les requêtes de Mme E... G... visant à contester le recouvrement d'allocations (RSA et prime de fin d'année) indûment perçues. Le juge a estimé que les moyens soulevés, notamment ceux relatifs à la régularité formelle des décisions et au respect des droits de la défense, n'étaient pas fondés. La décision s'appuie sur les dispositions du code de la sécurité sociale et du code des relations entre le public et l'administration invoquées par les parties.

01/04/2026