Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2402087
jeudi 4 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2402087 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CABINET ACTIS AVOCATS |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 mai 2024, M. D C A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète du Loiret de lui délivrer un titre de séjour en qualité de réfugié ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- par une décision du 4 juillet 2023, la cour nationale du droit d'asile a annulé la décision de l'office français de protection des réfugiés et apatrides lui retirant le statut de réfugié ; il a déposé une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 424-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; des attestations de prolongation d'instruction de sa demande lui ont été délivrées, la dernière expirant le 10 juin 2024 ;
- son contrat de travail sera suspendu à compter du 10 juin 2024 et il sera privé de rémunération et de la possibilité de mener une vie privée et familiale normale.
Par un mémoire enregistré le 2 juillet 2024, la préfète du Loiret, représentée par Me Termeau, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- le requérant a été placé en garde à vue et auditionné le 20 février 2024 pour des faits d'agression sexuelle sur mineur le 19 février 2024 et condamné par le tribunal de Bobigny le 28 mars 2024 ; un appel est pendant devant la cour d'appel de Paris ;
- l'urgence n'est pas caractérisée, l'attestation de prolongation d'instruction ayant été renouvelée jusqu'au 9 septembre 2024 ;
- une décision implicite de rejet de la demande de titre de séjour est née le 13 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais ". L'article L. 521-3 du même code dispose que : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
2. M. C A a été admis au statut de réfugié par une décision de l'office français de protection des réfugiés et apatrides du 7 février 2013. Par une décision du 22 août 2022, l'OFPRA a retiré le bénéfice de ce statut au requérant, pour menace grave. Toutefois, cette décision a été annulée par une décision de la cour nationale du droit d'asile du 4 juillet 2023. Le 13 septembre 2023, le requérant a présenté une demande de carte de résident sur le fondement de l'article L. 424-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a été muni d'attestations de prolongation d'instruction de sa demande. Il demande au juge des référés d'enjoindre à la préfète du Loiret de lui délivrer une carte de résident.
3. Alors même que, compte tenu des attestations de prolongation d'instruction délivrées au requérant, il ne résulte pas de l'instruction qu'une décision implicite aurait rejeté sa demande de carte de résident, il est constant que M. C A est titulaire d'une autorisation de séjour expirant le 9 septembre 2024. Il ne résulte dès lors pas de l'instruction que le défaut de titre de séjour occasionnerait la rupture de son contrat de travail. Par suite, la condition d'urgence de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne peut être regardée comme satisfaite. Il y a lieu dès lors de rejeter la requête en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D C A et à la préfète du Loiret.
Fait à Orléans, le 4 juillet 2024.
Le juge des référés,
Jean-Luc B
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.