mercredi 25 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2402139 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CHANLAIR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 mai 2024, Mme B A née D, représentée par Me Marie Cacciapaglia, demande au juge des référés :
1°) sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, de condamner le département d'Indre-et-Loire à lui verser la somme provisionnelle de 15 653,57 euros en réparation des préjudices subis du fait de la faute de son employeur, assortie des intérêts de droit à compter de la réception de sa réclamation préalable et de la capitalisation des intérêts ;
2°) de mettre à la charge du département d'Indre-et-Loire la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle était agréée en qualité d'assistante maternelle à titre permanent depuis le 10 mars 2000 par le conseil départemental de la Sarthe ;
- son agrément a été modifié par le département d'Indre-et-Loire le 16 septembre 2002 ;
- elle a été recrutée à compter du 2 octobre 2002 par le département d'Indre-et-Loire ;
- il a été mis fin à son contrat le 28 février 2022 ;
- elle a demandé le versement de l'indemnité de licenciement à laquelle elle pouvait prétendre ;
- par lettre du 13 octobre 2022, le département d'Indre-et-Loire a rejeté sa demande ;
- par lettre du 6 février 2024, elle a adressé un recours indemnitaire suite au refus illégal de lui verser l'indemnité de licenciement ;
- par lettre du 27 mars 2024, le département a rejeté son recours ;
- la décision refusant de lui verser l'indemnité de licenciement est illégale car elle n'est pas motivée, a été prise par une personne qui ne justifie pas de sa compétence, méconnaît les articles L. 423-10 à L. 423-12 du code de l'action sociale et des familles et elle est entachée de détournement de pouvoir ;
- l'indemnité de licenciement s'établit, compte tenu de la durée de son contrat et des salaires perçues, à la somme de 10 653,57 euros brut ;
- son préjudice moral, lié à la situation qu'elle a mal vécue, peut être évalué à la somme de 5 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juillet 2024, le département d'Indre-et-Loire, représenté par le cabinet MPC Avocats, conclut au rejet de la requête et demande de mettre à la charge de Mme A la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que la demande du 6 février 2024 de la requérante ne constitue pas une demande indemnitaire et qu'elle est tardive ;
- les moyens de légalité externe de la décision sont inopérants ;
- la créance de la requérante est sérieusement contestable dès lors qu'elle n'a pas été licenciée mais a mis fin à ses fonctions.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C en application des articles L. 222-2-1 et L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, agréée en qualité d'assistante maternelle à titre permanent depuis le 10 mars 2000 par le conseil départemental de la Sarthe et dont l'agrément a été modifié par le département d'Indre-et-Loire le 16 septembre 2002, a été recrutée à compter du 2 octobre 2002 par le département d'Indre-et-Loire. Estimant avoir été illégalement licenciée le 28 février 2022, elle a demandé le versement de l'indemnité de licenciement prévue à son contrat. Le département estimant que la requérante avait cessé ses fonctions et n'avait pas fait l'objet d'un licenciement a rejeté sa demande. Par la présente requête, Mme A demande la condamnation du département d'Indre-et-Loire à lui verser la somme provisionnelle de 15 653,57 euros dont la somme de 10 653,57 euros correspondant au montant de l'indemnité de licenciement et la somme de 5 000 euros en réparation de son préjudice moral.
Sur la demande d'allocation provisionnelle de Mme A :
2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ".
3. Il résulte des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle qui résulte du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état. Dans l'hypothèse où l'évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d'une garantie, que pour la fraction de ce montant qui lui parait revêtir un caractère de certitude suffisant.
4. Aux termes du c) " indemnité de licenciement " de l'article 10 du contrat conclu le 4 octobre 2002 entre le département d'Indre-et-Loire et la requérante : " En cas de licenciement, pour motif autre qu'une faute grave et en dehors de la période d'essai, l'Assistante Maternelle, lorsqu'elle justifie d'une ancienneté d'au moins 2 ans, a droit à une indemnité de licenciement. Le montant minimal de cette indemnité sera fixé d'après la moyenne mensuelle des sommes que l'intéressée aura perçue au cours des six meilleurs mois consécutifs. ".
5. Il résulte de l'instruction, et notamment du courrier en date du 1er février 2022 adressée par la requérante au service du placement familial du département, que ce courrier a pour objet " fin de contrat d'accueil " et que l'intéressée, après avoir rappelé une partie de son activité passée, termine son courrier par " Pour conclure, ce sont 20 belles années ". Si la lettre du 14 février 2022 adressée à la requérante en réponse à son courrier du 1er février 2022 mentionne comme objet " Entretien préalable fin de carrière " et indique que " je vous propose de vous recevoir pour un entretien préalable à votre éventuel licenciement ", prévu le 21 février suivant, elle rappelle d'abord que par son courrier du 1er février 2022, la requérante sollicite la fin de son contrat d'assistante familiale estimant ainsi que l'intéressée souhaite mettre fin à son contrat du 4 octobre 2002. Par ailleurs, la lettre du 24 février 2022 adressée à la requérante par le département indique que " suite à votre entretien du 21 février 2022 avec Mme E, chef du service Accueil Familial, vous avez fait part de votre souhait de mettre un terme à votre profession d'assistante familiale. Aussi, je vous informe de la fin de votre contrat de travail à la date du 28 février 2022. ". La requérante ne produit aucune décision du département qui l'aurait clairement licenciée de ses fonctions. Par suite, la question de savoir si, compte tenu des termes des courriers échangés entre la requérante et le département, la requérante a mis fin à son contrat ou si le département a procédé au licenciement de l'intéressée conduit à juger une question de faits et de qualification juridique de ces faits présentant une difficulté sérieuse. Dès lors, il n'est pas établi, avec un degré suffisant de certitude, que l'obligation dont se prévaut la requérante ne serait pas sérieusement contestable. Par suite et sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées par le département d'Indre-et-Loire, la demande d'allocation provisionnelle de la requérante ne peut qu'être rejetée.
Sur les frais du litige :
6. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du département d'Indre-et-Loire, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme de 1 500 euros que demande Mme A au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A la somme de 1 000 euros que demande le département d'Indre-et-Loire au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du département d'Indre-et-Loire présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au département d'Indre-et-Loire.
Fait à Orléans, le 25 septembre 2024.
Le juge des référés,
Jean-Michel C
La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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01/06/2026
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01/06/2026