Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2402186
jeudi 13 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2402186 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Interprétation |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 mai 2024, la société Home Coach, représentée par Me Weinkopf, demande à la juge des référés, saisie sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative :
1°) d'annuler la procédure de passation du lot n°2 du marché public de travaux pour le démoussage des toitures de 6 collèges et du château de Sully-sur-Loire engagée par le département du Loiret ;
2°) de mettre à la charge du département du Loiret la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire enregistré le 12 juin 2024, le département du Loiret, représenté par son président, conclut à l'irrecevabilité de la requête, le lot en litige, de démoussage des toitures du château de Sully-sur-Loire, ayant été attribué à la société 1001 Solutions et le contrat ayant été conclu le 22 mai 2024 antérieurement à l'enregistrement de la requête, à titre subsidiaire au non-lieu à statuer sur celle-ci, le marché en litige ayant été résilié pour motif d'intérêt général le 5 juin 2024.
Vu :
- le courrier du département du Loiret en date du 21 mai 20.24 informant la société requérante que son offre n'a pas été retenue et que le marché est attribué à la société 1001 Solutions ;
- les autres pièces du dossier.
La procédure a été transmise la société 1001 Solutions qui n'a pas produit d'observations.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Lefebvre-Soppelsa, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
L'affaire a été radiée du rôle de l'audience publique du 20 juin 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation, la délégation d'un service public ou la sélection d'un actionnaire opérateur économique d'une société d'économie mixte à opération unique. / Le juge est saisi avant la conclusion du contrat. ".
2. Il résulte de ces dispositions, que le juge saisi, qui statue en la forme des référés, peut ordonner à l'auteur d'un manquement aux dispositions auxquelles ce texte se réfère de se conformer à ses obligations, suspendre la passation du contrat ou l'exécution de toute décision qui s'y rapporte, annuler ces décisions et supprimer des clauses ou des prescriptions destinées à figurer dans le contrat. Eu égard aux pouvoirs ainsi conférés au juge par la loi, qui lui permettent notamment de faire obstacle à la passation d'un contrat, et à la circonstance que l'ordonnance rendue par le juge n'est pas susceptible d'appel, les parties doivent être mises à même de présenter au cours d'une audience publique des observations orales à l'appui de leurs observations écrites. Toutefois, les pouvoirs conférés au juge des référés précontractuels par l'article L. 551-1 du code de justice administrative ne peuvent plus être exercés après la conclusion du contrat. Il en résulte que, lorsqu'il se prononce après la passation du marché, le juge du référé précontractuel peut régulièrement rendre une ordonnance, qui constate qu'en raison de cette passation, la requête n'a pas ou n'a plus d'objet, sans tenir d'audience publique.
3. Il résulte de l'instruction que l'acte d'engagement relatif au marché litigieux a été signé le 22 mai 2024, soit antérieurement à l'introduction de la requête présentée par la société Home Coach. Dans ces conditions, les conclusions de la société requérante, présentées au titre des dispositions de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, sont, ainsi que l'oppose le département du Loiret, irrecevables. Par suite, la requête de la société Home Coach doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Home Coach est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Home Coach, au département du Loiret et à la société 1001 Solutions.
Fait à Orléans, le 13 juin 2024.
La juge des référés,
Anne LEFEBVRE-SOPPELSA
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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