Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2402433

mercredi 26 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2402433
TypeDécision
PublicationC
FormationURGENCES -JUGE UNIQUE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Orléans, statuant en urgence, rejette la requête de M. C contestant un indu d'allocation de logement familiale de 1 998 euros pour la période de juillet à novembre 2023. Le juge retient que, malgré une décision judiciaire fixant la résidence de l'enfant chez le père, l'enfant résidait effectivement chez sa mère durant cette période. En application des articles L. 823-1 et L. 823-2 du code de la construction et de l'habitation, l'enfant ne pouvait donc pas être pris en compte pour le calcul de l'aide. La solution retenue est le rejet de la requête.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 juin 2024, M. A C demande au tribunal d'annuler la décision du 5 avril 2024 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Loiret lui réclame la somme de 1 998 euros d'allocation de logement familiale indûment perçue au titre de la période de juillet à novembre 2023.

Il soutient qu'il a la charge de son enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 septembre 2024, la caisse d'allocations familiales du Loiret conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que la demande du requérant n'est pas fondée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Delandre en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Delandre, magistrat désigné ;

- et les observations de M. C, requérant.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 823-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le montant des aides personnelles au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. Ce barème est établi en prenant en considération : /1° La situation de famille du demandeur et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer ; /2° Ses ressources et la valeur en capital de son patrimoine et, s'il y a lieu, de son conjoint et des personnes vivant habituellement à son foyer, telles que définies aux articles L. 822-5 à L. 822-8 ;/ 3° Le montant du loyer payé, pris en compte dans la limite d'un plafond, ainsi que les dépenses accessoires retenues forfaitairement ; / 4° La qualité du demandeur : locataire, colocataire ou sous-locataire d'un logement meublé ou non, accédant à la propriété ou résident en logement-foyer. Pour l'application du 1°, les enfants à charge doivent respecter les conditions prévues à l'article L. 512-2 du code de la sécurité sociale ". Aux termes de l'article L. 823-2 du même code : " Pour effectuer le calcul découlant du 1° de l'article L. 823-1, l'enfant à charge est rattaché à la personne qui en assume la charge effective et permanente. ". En application de ces dispositions, les enfants ne peuvent être pris en compte pour le calcul de l'aide au logement que s'ils remplissent les conditions prévues à l'article L. 512-2 du code de la sécurité sociale et vivre habituellement au foyer de l'allocataire.

2. En l'espèce, il résulte de l'instruction que le requérant est séparé de sa conjointe depuis le mois d'août 2019. Il percevait l'allocation de logement familiale sur la base d'une personne ayant à charge un enfant. A la suite d'informations communiquées par la caisse d'allocations familiales d'Indre-et-Loire selon lesquelles l'enfant résidait chez sa mère depuis le 7 juillet 2023, la caisse d'allocations familiales du Loiret a recalculé les droits à l'aide au logement du requérant en ne prenant pas en compte l'enfant et lui a notifié l'indu contesté.

3. Il résulte de l'instruction que si par une décision du juge aux affaires familiales du

5 avril 2023, la résidence habituelle de l'enfant, prénommée Lylou, a été fixée au domicile de son père, il n'est pas contesté que l'enfant a résidé effectivement chez sa mère à compter du

7 juillet 2023 jusqu'au 13 mai 2024, date à laquelle le requérant a déclaré que sa fille résidait, depuis cette date, à son domicile. Par suite, c'est à bon droit que pour le calcul de l'allocation de logement du requérant, due au titre de la période de juillet à novembre 2023, la caisse d'allocations familiales n'a pas pris en compte l'enfant de l'intéressé.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la caisse d'allocations familiales du Loiret.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mars 2025.

Le magistrat désigné,La greffière,

Jean-Michel DELANDRE Florence PINGUET-COMMEREUC

La République mande et ordonne à la ministre chargée du logement en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA45Excès de pouvoir

Tribunal Administratif d'Orléans — N° TA45-2403221

Le Tribunal Administratif d'Orléans, statuant en urgence, a rejeté la requête de M. B... visant à annuler le rejet implicite de sa demande de restitution de points sur son permis de conduire. Le tribunal a jugé le recours irrecevable pour tardiveté, considérant que la décision récapitulative (48SI) lui avait été régulièrement notifiée le 20 novembre 2021, bien avant son recours gracieux de mai 2024. La solution s'appuie sur les articles R. 421-1 et R. 421-5 du code de justice administrative relatifs aux délais de recours.

03/04/2026

TA45Excès de pouvoir

Tribunal Administratif d'Orléans — N° TA45-2502103

Le Tribunal Administratif d'Orléans, statuant en urgence, a déclaré sans objet le recours en excès de pouvoir visant l'annulation de deux décisions rejetant des demandes de remise gracieuse d'indu de prestations sociales (prime d'activité et RSA). Le juge a constaté que les sommes indûment perçues étaient soldées à la date de sa décision, rendant la demande de remise gracieuse inopérante. Les textes appliqués étaient le code de l'action sociale et des familles et le code de la sécurité sociale.

01/04/2026

TA45Excès de pouvoir

Tribunal Administratif d'Orléans — N° TA45-2500261

Le Tribunal administratif d'Orléans, statuant en référé, a rejeté la demande d'un requérant visant l'annulation du refus implicite de lui restituer trois points sur son permis de conduire. Le juge a considéré que la réalité de l'infraction routière initiale, ayant entraîné le retrait de points, demeurait établie par l'émission du titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée, conformément à l'article L. 223-1 du code de la route. La simple présentation d'une réclamation ultérieure contre ce titre, sans démontrer son inexactitude dans le système national des permis de conduire, ne suffit pas à justifier la restitution des points.

01/04/2026

TA45Plein contentieux

Tribunal Administratif d'Orléans — N° TA45-2500498

Le Tribunal administratif d'Orléans, statuant en urgence, a rejeté les requêtes de Mme E... G... visant à contester le recouvrement d'allocations (RSA et prime de fin d'année) indûment perçues. Le juge a estimé que les moyens soulevés, notamment ceux relatifs à la régularité formelle des décisions et au respect des droits de la défense, n'étaient pas fondés. La décision s'appuie sur les dispositions du code de la sécurité sociale et du code des relations entre le public et l'administration invoquées par les parties.

01/04/2026