Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2402553
jeudi 11 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2402553 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | NS2A |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête présentée par courriel le 21 juin 2024 et régularisée par courrier réceptionné le 24 juin 2024, la société Quattro Clim demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la commune de Fondettes de différer la signature du contrat afférent au lot n° 9 chauffage, ventilation, plomberie du marché de construction de la maison des arts et de la jeunesse ;
2°) d'annuler la décision du 18 juin 2024 par laquelle le maire de la commune de Fondettes l'a informée du rejet de son offre.
Elle soutient que :
- lors de la première consultation, son offre avait reçu la note de 41/60 en ce qui concerne les critères techniques ; malgré l'amélioration de son offre lors de la seconde consultation (moyens humains affectés au chantier, organisation du chantier planning des travaux, optimisation des temps, préservation de l'environnement), la même note lui a été attribuée, alors que les modalités de notation des sept critères techniques n'avaient pas été modifiées dans le règlement de consultation ;
- la meilleure note (40/40) lui a été attribuée s'agissant du critère du prix.
Par un mémoire enregistré le 8 juillet 2024, la commune de Fondettes, représentée par Me Nègre, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les observations de MM. Leroy, pour la société Quattro Clim, qui confirment les moyens de la requête et soutiennent en outre que la deuxième offre a été nettement améliorée s'agissant du planning d'intervention ;
- les observations de Me Nègre, représentant la commune de Fondettes, qui conclut au rejet de la requête pour les mêmes motifs.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. La commune de Fondettes a publié un appel public à candidature 2024-19 en vue de l'attribution du lot n° 9, plomberie-chauffage-ventilation, des travaux de construction d'une maison des arts et de la jeunesse, dont la date limite de réception des offres était fixée au 13 mai 2024. Cette procédure fait suite à la liquidation judiciaire de l'entreprise déclarée attributaire au terme de la procédure 2022-35. Par une décision du 18 juin 2024, la société requérante a été informée du rejet de son offre et de l'identité de l'entreprise retenue. La société Quattro Clim demande au juge des référés d'annuler cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation, la délégation d'un service public ou la sélection d'un actionnaire opérateur économique d'une société d'économie mixte à opération unique. / Le juge est saisi avant la conclusion du contrat. ".
3. La société Quattro Clim soutient qu'alors qu'elle avait amélioré son offre s'agissant de quatre des sept critères techniques définis par le règlement de consultation, la même note de 41/60 lui a été attribuée à l'issue de la procédure 2024-19. Toutefois, ce moyen, qui ne se rapporte pas aux obligations de publicité et de mise en concurrence définies par le pouvoir adjudicateur, est inopérant dans la présente instance. Il n'appartient pas au juge du référé précontractuel, qui doit seulement se prononcer sur le respect, par le pouvoir adjudicateur, des obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation d'un contrat, de se prononcer sur l'appréciation portée sur la valeur d'une offre ou les mérites respectifs des différentes offres. Il lui appartient, en revanche, lorsqu'il est saisi d'un moyen en ce sens, de vérifier que le pouvoir adjudicateur n'a pas dénaturé le contenu d'une offre en méconnaissant ou en altérant manifestement les termes et procédé ainsi à la sélection de l'attributaire du contrat en méconnaissance du principe fondamental d'égalité de traitement des candidats.
4. Il n'est pas soutenu par la requérante et il ne résulte au demeurant pas de l'instruction que la commune de Fondettes aurait dénaturé l'offre de la société Quattro Clim.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la société Quattro Clim doit être rejetée.
Sur les frais de l'instance :
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Fondettes sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Quattro Clim est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Fondettes sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Quattro Clim, à la commune de Fondettes et à la société Eiffage Energy Systèmes.
Fait à Orléans, le 11 juillet 2024.
Le juge des référés,
Jean-Luc A
La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire à en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.