LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2402879

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2402879

vendredi 4 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2402879
TypeDécision
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantDUVIVIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 juillet 2024, M. B C, représenté par Me Duvivier, avocate, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 9 juillet 2024 par lequel le préfet du Cher a refusé de lui renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;

2°) d'enjoindre au préfet du Cher, à titre principal, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, de lui délivrer un titre de séjour d'une durée de dix ans en application des stipulations de l'article 10 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ou à défaut, de procéder au réexamen de sa situation, et à titre subsidiaire, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte, de lui délivrer un titre de séjour d'une durée de dix ans en application des dispositions de l'article L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou à défaut de procéder au réexamen de sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur la décision portant refus de titre de séjour :

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- à défaut pour le préfet d'avoir préalablement consulté la commission du titre de séjour, elle est entachée d'un vice de procédure ;

- elle méconnaît l'article 10 de la convention franco-tunisienne du 17 mars 1988 ;

- elle méconnaît l'article L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'intérêt supérieur de son enfant tel que garanti par l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

- elle a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une appréciation manifestement erronée de ses conséquences sur sa situation ;

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation et porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.

Par un mémoire enregistré le 6 août 2024, le préfet du Cher conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Lardennois a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant tunisien né le 20 juillet 1992, est entré de manière irrégulière sur le territoire français en septembre 2017. Par un arrêté du 30 juillet 2019, le préfet de l'Essonne lui a fait obligation de quitter le territoire français. N'ayant pas déféré à cet arrêté, il s'est marié le 19 septembre 2020 avec Mme A, ressortissante française. De cette union est né, le 21 octobre 2020, un fils. A la suite de cette naissance, M. C s'est vu délivrer, par le préfet du Val-de-Marne, un titre de séjour en qualité de " parent d'enfant français " valable du 15 décembre 2020 au 14 décembre 2021, renouvelé par le préfet du Cher jusqu'au 20 décembre 2023. Le 8 septembre 2023, M. C a sollicité des services de la préfecture du Cher le renouvellement de son titre de séjour en qualité de " parent d'enfant français ". Par l'arrêté attaqué du 9 juillet 2024, le préfet du Cher a refusé de lui renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article 10 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 : " 1. Un titre de séjour d'une durée de dix ans, ouvrant droit à l'exercice d'une activité professionnelle, est délivré de plein droit, sous réserve de la régularité du séjour sur le territoire français : () / c) Au ressortissant tunisien qui est père ou mère d'un enfant français résidant en France, à la condition qu'il exerce, même partiellement, l'autorité parentale à l'égard de cet enfant ou qu'il subvienne effectivement à ses besoins () ".

3. Il résulte des stipulations précitées du c du 1 de l'article 10 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 que la délivrance du titre de séjour qu'elles prévoient est subordonnée aux conditions alternatives, et non cumulatives, de l'exercice, même partiel, de l'autorité parentale et du fait de subvenir effectivement aux besoins de l'enfant. Ainsi, dans le cas où le ressortissant tunisien concerné, sous réserve de la régularité de son séjour, exerce l'autorité parentale, il n'est pas soumis à la condition de subvenir effectivement aux besoins de l'enfant. Par ailleurs, le respect de la condition tenant à l'exercice même partiel de l'autorité parentale n'est pas subordonné à la vérification de l'effectivité de l'exercice de cette autorité.

4. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des mentions de l'arrêté attaqué, que lorsque M. C a déposé sa demande renouvellement de titre de séjour, il a invoqué comme fondement de sa demande sa qualité de parent d'enfant français et il pouvait se prévaloir d'une présence régulière sur le territoire français. Il n'est pas contesté que M. C est père d'un enfant français né le 21 octobre 2020 et qu'en vertu de l'ordonnance d'orientation et de mesures provisoires en divorce prononcée par la juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire de Bourges, statuant le 26 juillet 2023 en qualité de juge de la mise en état, il exerce conjointement avec la mère, avec laquelle il est en instance de divorce, l'autorité parentale sur cet enfant et doit verser la somme mensuelle de 80 euros au titre de sa contribution à son entretien et à son éducation. Dans ces conditions, le requérant est fondé à soutenir que le préfet du Cher, en lui refusant le renouvellement de son titre de séjour au motif qu'il ne démontrait pas contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de son enfant, a méconnu les stipulations précitées de l'article 10 de l'accord franco-tunisien.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 9 juillet 2024 du préfet du Cher portant refus de titre de séjour doit être annulée ainsi que, par voie de conséquence, les décisions du même jour portant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement et portant interdiction de retour pour une durée de trois ans.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

6. L'exécution du présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint au préfet du Cher de délivrer à M. C une carte de résident d'une durée de dix ans dans un délai de deux mois à compter de la notification de ce jugement. Il n'y a toutefois pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction de l'astreinte sollicitée.

Sur les conclusions relatives aux frais de l'instance :

7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. C de la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 9 juillet 2024 du préfet du Cher est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au préfet du Cher de délivrer à M. C, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, une carte de résident d'une durée de dix ans.

Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 500 euros à M. C en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet du Cher.

Délibéré après l'audience du 21 mars 2025, à laquelle siégeaient :

M. Dorlencourt, président,

Mme Le Toullec, première conseillère,

M. Lardennois, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2025.

Le rapporteur,

Stéphane LARDENNOIS

Le président,

Frédéric DORLENCOURT

La greffière,

Isabelle METEAU

La République mande et ordonne au préfet du Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-24PA01283

08/04/2026

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-24PA01974

08/04/2026

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-24PA02326

08/04/2026

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-24PA02620

08/04/2026

← Retour aux décisions