Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2403061
vendredi 26 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2403061 |
| Type | Décision |
| Publication | D |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 juillet 2024, la commune de Gidy (45) demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner l'expulsion de dix véhicules et de six caravanes de citoyens itinérants de l'un des terrains d'entrainement situé rue du stade, à Gidy, qu'ils occupent ;
Il soutient que :
- il a constaté l'installation sans droit ni titre de citoyens itinérants utilisant les véhicules et caravanes mentionnés ci-dessus sur le territoire de la commune depuis le dimanche 21 juillet 2024 ;
- les véhicules et caravanes sont installés de manière illégale sur le territoire de la commune, en détruisant un cadenas barrant l'accès à un chemin de parcours de santé ;
- les citoyens itinérants concernés ont procédé à des branchements électriques et en eau " sauvages " et occupent un chemin dédié à la circulation publique.
La requête a été communiquée à M. et Mme A, qui n'ont pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les recours formés sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- et les observations de M. C, maire de la commune de Gidy.
L'instruction a été clôturée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
2. Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de ces dispositions, d'une demande d'expulsion d'un occupant du domaine public, il lui appartient de rechercher si, au jour où il statue, cette demande présente un caractère d'urgence et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
3. D'une part, il n'est pas contesté que les personnes appartenant à la communauté des gens du voyage présentes sur le terrain d'entrainement de football, situé rue du stade à Gidy, ne justifient d'aucun titre leur donnant le droit d'occuper les lieux précités, élément du domaine public de la commune. La demande de la commune ne se heurte donc à aucune contestation sérieuse.
4. D'autre part, la commune de Gidy soutient, sans être contestée, que des branchements électriques et en eau " sauvages " ont été réalisés, que les lieux en cause ne disposent pas des infrastructures nécessaires, ce qui crée des problèmes de sécurité et de salubrité. Dans ces conditions, la commune de Gidy établit le caractère d'urgence et d'utilité de la mesure sollicitée.
5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'ordonner à tous les citoyens itinérants occupants sans droit ni titre, installés sur le terrain d'entrainement de football du territoire de la commune de Gidy, d'évacuer les lieux avec leurs biens dès la notification de la présente ordonnance et, en tous cas, avant le 27 juillet 2024 à 20 heures, sous astreinte de 100 euros par jour pour chacun des occupants. A défaut de libération spontanée des lieux dans le délai imparti, la commune de Gidy pourra requérir le concours de la force publique pour procéder à l'expulsion des occupants.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est ordonné à toutes les personnes occupant sans droit ni titre le terrain d'entrainement de football, situé rue du stade à Gidy, de libérer, en emportant leurs biens, ces lieux, dès la notification de la présente ordonnance et, en tous cas, avant le 27 juillet 2024 à 20 heures, sous astreinte de 100 euros par jour pour chacun des occupants. A défaut de libération spontanée des lieux dans ce délai, la commune de Gidy pourra requérir le concours de la force publique pour procéder à l'expulsion des occupants et procéder à l'enlèvement de leurs biens.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Gidy et à M. et Mme A.
Fait à Orléans le 26 juillet 2023.
Le juge des référés,
Virgile B
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.