Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2403731
mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2403731 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 septembre 2024, M. B A, demande au juge des référés saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la délibération votée le 9 juillet 2024 par le conseil municipal de la commune de Tours,
2°) d'ordonner sous astreinte de 100 € par jour de retard un réexamen complet avec information appropriée de tous les élus de l'assemblée délibérante,
3°) de mettre à la charge de la commune de Tours la somme de 1 euro en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient :
- qu'il y a urgence
- qu'existe un doute sérieux sur la légalité de cette délibération en raison :
- du non respect du droit à l'information des élus,
- de la méconnaissance du principe de libre concurrence prévu par les articles L. 2122-1-1 et suivants du code général de la propriété des personnes publiques,
- de la méconnaissance par la collectivité de ses obligations en matière environnementale
- du manquement aux principes déontologiques fixés par la charte de l'élu local et l'article L. 1111-1-1 du code général des collectivités territoriales.
Vu la demande de régularisation en date du 10 septembre 2024 tendant à la production de l'acte contesté ainsi que de l'avis du service des domaines.
Vu les pièces reçues le 10 septembre 2024.
Vu le recours en annulation enregistrée au greffe du tribunal le 3 septembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement,
- le code général des collectivités territoriales,
- le code général de la propriété des personnes publiques,
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A demande la suspension des effets de la délibération n° 24_07_09_014 votée le 9 juillet 2024 qui prononcerait la désaffectation par anticipation des parcelles cadastrées section DM n° 66, 67 et 91 et HL n° 57 pour une superficie d'environ 19.000 m2 pour développer le projet " Green Tech Campus " et approuverait la cession de droits réels prenant la forme d'un bail à construction à la société Bouygues Immobilier pour une durée de 99 ans avec un loyer total de 3.300.000 euros HT assorti de conditions suspensives et versement de 95 % du loyer à signature dudit bail, soit 3.135.000 euros HT.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Selon l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais. ".
3. Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ".
4. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code précité : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Selon l'article R. 522-3 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. () ".
5. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision administrative contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. L'urgence s'apprécie objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu notamment des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
6. L'article L. 522-3 dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
7. M. A, qui supporte la charge de la preuve en matière d'urgence et ne bénéficie pas en l'espèce, contrairement à ce qu'il soutient, d'une quelconque présomption en ce sens, soutient qu'il y a urgence, sans toutefois en justifier par le moindre argument apporté au soutien de cette condition. En l'absence de toutes circonstances invoquées, et alors que n'est produit que l'avant-projet de délibération qui a été soumis au vote des élus et non la délibération qui aurait été effectivement adoptée et qui aurait fait l'objet des mesures de publicité idoines pour la rendre opposable, l'urgence qui s'attacherait à la suspension des effets de la décision n'est nullement établie. Il y a lieu, par suite, de rejeter sa demande de suspension.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Tours, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme de 1 € que demande M. A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie en sera adressée à la commune de Tours.
Fait à Orléans, le 17 septembre 2024.
Le juge des référés,
Samuel DELIANCOURT
La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.