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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2403829

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2403829

lundi 21 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2403829
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantKONATE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 septembre 2024, M. A C, représenté par Me Konaté, demande au juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Loiret de statuer sur sa demande de renouvellement de titre de séjour dans le délai de cinq jours suivant la notification de l'ordonnance et sous astreinte de cent-cinquante euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros " au titre au titre des frais engagés pour l'instance et non compris dans les dépens ".

Il soutient que :

- ayant été bénéficiaire de plusieurs titres de séjour et en dernier lieu d'une carte de résident, il a sollicité le renouvellement de cette dernière pour lequel il a déposé le dossier le 22 avril 2022 toujours en cours d'instruction. Il a bénéficié d'un récépissé le 22 avril 2022 puis de plusieurs récépissés jusqu'au 27 juin 2024, date du dernier récépissé, récépissé d'une durée de trois mois, sans qu'une suite n'ait été donnée malgré des demandes en ce sens ;

- il y a urgence dès lors qu'il s'agit d'une demande de renouvellement, que cette demande est pendante depuis le 22 avril 2022, qu'il se trouve dans situation administrativement précaire et d'angoisse qui entraîne un préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence, que les multiples récépissés qui lui ont été délivrés ne lui ouvrent pas les mêmes droits que le titre de séjour dont il a sollicité la délivrance et que cette situation de précarité administrative l'empêche de voyager vers son pays d'origine, la Serbie, où résident plusieurs membres de sa famille.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 septembre 2024, la préfète du Loiret conclut au non-lieu à statuer faisant valoir que, le 24 septembre 2024, une carte de résident valide jusqu'au 23 septembre 2034 a été éditée.

Le mémoire en défense de la préfète du Loiret a été communiqué au requérant le 26 septembre 2024 en lui laissant un délai de sept jours pour présenter ses éventuelles observations, communication lue le jour même selon l'accusé de réception figurant dans l'application Télérecours. Aucune réponse n'a été enregistrée.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. D pour statuer sur les demandes de référé présentées sur le fondement des articles L. 521-1 à L. 521-3 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1. L'article L. 521-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".

2. M. C, ressortissant serbe, né le 8 mai 1966 à Bogdanica (Fédération démocratique de Yougoslavie), a sollicité le 22 avril 2022 le renouvellement de sa carte de résident. Il a bénéficié depuis lors de plusieurs récépissés d'une durée limitée. Il ressort des documents transmis en défense que la préfète du Loiret a édicté une carte de résident valide jusqu'au 23 septembre 2034. L'édiction de cette carte de résident par la préfète du Loiret fait droit à la demande de l'intéressé, ce qu'il ne conteste pas. Dans ces conditions, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. C présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Sur les conclusions à fin d'astreinte :

3. Aux termes de l'article L. 911-3 du code de justice administrative : " La juridiction peut assortir, dans la même décision, l'injonction prescrite en application des articles L. 911- 1 et L. 911-2 d'une astreinte qu'elle prononce dans les conditions prévues au présent livre et dont elle fixe la date d'effet ".

4. Dès lors qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. C ainsi qu'il a été dit au point 2, les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 911-3 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

5. En concluant à l'octroi d'une somme " au titre au titre des frais engagés pour l'instance et non compris dans les dépens ", le requérant doit être considéré comme sollicitant ladite somme sur l'unique fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme demandée de 1 500 euros par M. C, au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu à statuer sur les conclusions de la requête de M. C présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Article 2 : L'État (préfète du Loiret) versera à M. C une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée à la préfète du Loiret.

Fait à Orléans, le 21 octobre 2024.

Le juge des référés,

M. DLe greffier,

M. B

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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