Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2403879

mardi 17 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2403879
TypeDécision

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Orléans, statuant en référé, a fait droit à la demande du maire de Montreuil (Eure-et-Loir) fondée sur l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation. Le juge a désigné un expert pour examiner deux bâtiments menaçant ruine, appartenant à M. A E, en raison de risques d'effondrement liés à la dégradation des toitures et des façades. L'expert devra se rendre sur place sous 24 heures, dresser un constat, évaluer la gravité du péril et proposer des mesures provisoires de sécurité. Cette ordonnance a été rendue le 17 septembre 2024.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 septembre 2024 et régularisée le 17 septembre, le maire de Montreuil (Eure-et-Loir) demande au juge des référés de nommer un expert, en application des dispositions de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation, aux fins d'examiner l'état de deux bâtiments situés 2 chemin de Barbasse, lieu-dit " Fermaincourt ", à Montreuil, cadastrés section AH n° 22.

Il soutient que les bâtiments en cause, dont M. A E est propriétaire, présentent un péril pour la sécurité publique.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. D Dorlencourt en application de l'article R. 621-1-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation : " Préalablement à l'adoption de l'arrêté de mise en sécurité, l'autorité compétente peut demander à la juridiction administrative la désignation d'un expert afin qu'il examine les bâtiments, dresse constat de leur état y compris celui des bâtiments mitoyens et propose des mesures de nature à mettre fin au danger. L'expert se prononce dans un délai de vingt-quatre heures à compter de sa désignation. Si le rapport de l'expert conclut à l'existence d'un danger imminent, l'autorité compétente fait application des pouvoirs prévus par la section 3 du présent chapitre. " Selon l'article R. 511-2 de ce code : " Lorsque l'autorité compétente demande à la juridiction administrative la désignation d'un expert en vertu de l'article L. 511-9, il est fait application des dispositions du chapitre 1er du titre III du livre V du code de justice administrative et de l'article R. 556-1 du même code ".

2. D'autre part, aux termes de l'article R. 556-1 du code de justice administrative : " Lorsque le juge administratif est saisi par le maire, sur le fondement de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation, d'une demande tendant à la désignation d'un expert, il est statué suivant la procédure de référé prévue à l'article R. 531-1 ".

3. Enfin, aux termes de l'article R. 531-1 du code de justice administrative : " S'il n'est rien demandé de plus que la constatation de faits, le juge des référés peut, sur simple requête qui peut être présentée sans ministère d'avocat et même en l'absence d'une décision administrative préalable, désigner un expert pour constater sans délai les faits qui seraient susceptibles de donner lieu à un litige devant la juridiction. Il peut, à cet effet, désigner une personne figurant sur l'un des tableaux établis en application de l'article R. 221-9. Il peut, le cas échéant, désigner toute autre personne de son choix. Avis en est donné immédiatement aux défendeurs éventuels () ".

4. Le maire de Montreuil fait valoir que les bâtiments situés 2 chemin de Barbasse, lieu-dit " Fermaincourt ", cadastrés section AH n° 22, dont M. A E est propriétaire, présentent un péril pour la sécurité publique compte-tenu des risques d'effondrement suite à la forte dégradation des toitures, ainsi qu'à la présence d'une large fissure et d'un effondrement partiel sur une façade dont le revêtement est fortement détérioré. Par suite, il y a lieu de procéder à la désignation d'un expert.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B C, architecte, demeurant 78 rue des Gaudinières au Coudray (28630), est désigné en qualité d'expert en vue de procéder aux constatations suivantes :

- dans les vingt-quatre heures suivant l'intervention de la présente ordonnance, se rendre sur les lieux, examiner les bâtiments, dresser constat de l'état des bâtiments mitoyens ;

- donner son avis sur l'état des bâtiments et sur la gravité du péril qu'ils représentent ;

- le cas échéant, proposer les mesures provisoires de nature à faire cesser le risque de péril pour la sécurité publique.

Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles énumérés à l'article R. 531-2 du code de justice administrative.

Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert effectuera une déclaration sur l'honneur dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.

/

Article 4 : Le constat aura lieu en présence d'un représentant de la commune de Montreuil et de M. A E, le propriétaire.

Article 5 : L'expert avertira le maire de la commune et le propriétaire par tous moyens utiles des jours et heures de la visite des bâtiments prévue à l'article 1er.

Article 6 : L'expert déposera son rapport au greffe par voie électronique dans les conditions de l'article R. 621-9, dans les plus brefs délais. Des copies seront notifiées par l'expert au maire et au propriétaire. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par le demandeur et les personnes intéressées.

Article 7 : Les frais et honoraires de l'expert seront mis à la charge de la personne ou des personnes désignées par l'ordonnance par laquelle le président du tribunal procédera à leur liquidation et taxation.

Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Montreuil, à M. A E, le propriétaire, et à M. B C, l'expert.

Fait à Orléans, le 17 septembre 2024.

Le juge des référés,

D DORLENCOURT

La République mande et ordonne au préfet d'Eure-et-Loir en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.RC