Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2404078

lundi 7 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2404078
TypeDécision

Résumé IA

Le Tribunal administratif d'Orléans, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, rejette la demande de suspension de l'exécution de la décision du GIP e-santé Centre-Val de Loire du 25 septembre 2023 prononçant la rupture d'un commun accord du contrat à durée déterminée de M. B. Le juge estime que la condition d'urgence n'est pas remplie, les difficultés financières et personnelles invoquées par le requérant n'établissant pas une atteinte grave et immédiate à sa situation en lien direct avec la décision contestée. Par conséquent, la requête est rejetée sans qu'il soit nécessaire d'examiner le moyen tiré de l'illégalité de la rupture conventionnelle pour un agent contractuel de droit public en CDD.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 septembre 2024, M. A B demande à la juge des référés, saisie sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision du groupement d'intérêt public (GIP) e-santé Centre-Val de Loire en date du 25 septembre 2023 concernant la rupture d'un accord commun de son contrat à durée déterminée de droit public, jusqu'au prononcé du jugement de sa demande d'annulation, enregistrée sous le numéro 2404010 ;

2°) d'enjoindre au GIP e-santé Centre-Val de Loire d'une part de le réintégrer immédiatement en tant que responsable de la sécurité des systèmes d'information (RSSI) afin de garantir la sécurisation des systèmes d'information du GIP, dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée ; d'autre part de lui permettre d'exercer ses droits aux congés annuels et aux RTT non utilisés depuis la décision relative à la rupture de l'accord commun et de lui verser conformément aux dispositions des articles 1153 et 1154 du code civil, sans délai les salaires qui lui sont dus depuis la rupture d'un accord commun, et ce, sans qu'aucune déduction ne soit effectuée sur les sommes dues en raison des allocations chômage perçues suite à son précédent emploi en Normandie entre 2021 et 2023.

Il soutient que :

- l'urgence est caractérisée car la suspension demandée lui permettrait de retrouver rapidement un emploi et une vie normale qui en découle alors qu'il se trouve dans une situation de sans-abrisme et perçoit un revenu s'élevant à 570 euros nets par mois, que son épouse depuis le 26 janvier 2024 ne peut accéder aux aides sociales avant cinq années de résidence en France et est enceinte de 27 semaines ;

- la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux concernant la légalité de la décision en litige est remplie car les dispositions de l'article L. 1243-1 du code du travail, qui permettent la résiliation anticipée d'un contrat de travail à durée déterminée avec l'accord mutuel des parties, ne s'appliquent pas aux agents contractuels relevant du droit public et la rupture conventionnelle d'un contrat de droit public, telle que prévue par l'article 72 de la loi du 6 août 2019, n'est pas accessible aux agents contractuels engagés sous CDD et en conséquence, une résiliation anticipée d'un CDD de droit public "d'un commun accord" est considérée comme irrégulière.

Vu :

- la décision dont la suspension de l'exécution est demandée ;

- et la requête au fond n° 2404010 présentée par M. B.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Enfin, l'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. Si le requérant soutient que la suspension demandée de la décision de rupture d'un accord commun de son contrat à durée déterminée en date du 25 septembre 2023 lui permettrait de retrouver rapidement un emploi et par suite une vie normale alors qu'il se trouve dans une situation de sans-abrisme et perçoit un revenu s'élevant à 570 euros nets par mois, que son épouse depuis le 26 janvier 2024 ne peut accéder aux aides sociales avant cinq années de résidence en France et est enceinte de 27 semaines, il n'invoque pas ainsi une atteinte grave et immédiate à sa situation en lien avec cette décision. Par suite, la condition d'urgence requise par l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut manifestement pas en l'espèce être considérée comme remplie.

3. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l'existence d'un moyen de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige, que les conclusions tendant à la suspension de son exécution doivent être rejetées selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative précité, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions présentées par M. B à fin d'injonction.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Orléans, le 7 octobre 2024.

La juge des référés,

Anne C

La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.