Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2404430

mercredi 23 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2404430
TypeOrdonnance
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Orléans a rejeté la requête de M. B, qui demandait d'ordonner au maire de Rozoy-le-Vieil de recréer un fossé communal et d'obtenir une indemnisation. La juridiction a jugé ces demandes manifestement irrecevables : la demande d'injonction ne contestait aucune décision administrative préalable, et la demande indemnitaire était dépourvue de tout moyen ou fondement précis. La décision s'appuie sur les articles R. 222-1, R. 421-1 et R. 411-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 septembre 2024 et un mémoire complémentaire enregistré le 19 octobre 2024, M. A B demande au tribunal :

1°) d'ordonner au maire de la commune de Rozoy-le-Vieil de récréer un fossé naturel ;

2°) de statuer sur une indemnisation au titre du préjudice subi.

Il soutient que :

- la commune a illégalement effectué le remblaiement d'un fossé communal en l'absence de toute autorisation ;

- le problème d'écoulement des eaux usées dure depuis 2019 et ne bénéficie d'aucun service en dépit de l'acquittement depuis cette date des impôts fonciers.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative: " Les présidents de tribunal administratif et de cour administrative d'appel, les premiers vice-présidents des tribunaux et des cours, le vice-président du tribunal administratif de Paris, les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours et les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans ou ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ".

Sur les conclusions à fin d'injonction présentées à titre principal :

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. ". Aux termes de l'article R. 411-1 du même code : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours. ".

3. Il résulte de ces dispositions que le juge administratif ne peut être saisi que de requêtes à fin d'annulation ou de réformation d'une décision administrative ou de conclusions indemnitaires lorsque la responsabilité de l'administration est engagée. En dehors des hypothèses prévues par les articles L. 911-1 à L. 911-4 du code de justice administrative dont ne relève pas la requête, il n'appartient au juge administratif d'adresser des injonctions à l'administration.

4. M. B demande au tribunal d'ordonner au maire de la commune de Rozoy-le-Vieil (45210) de récréer le fossé naturel appartenant à ladite commune et que cette dernière aurait illégalement remblayé selon lui. Il ne conteste cependant aucune décision que lui aurait opposé la commune de Rozoy-le-Vieil à sa demande de réalisation de travaux et/ou de régularisation. De plus, sa requête ne comporte pas de conclusions à fin d'annulation ou de réformation d'une décision administrative, mais constitue une demande d'injonction à titre principal. Il résulte de ce qui a été exposé au point précédent que ces conclusions sont manifestement irrecevables et doivent, par suite, être rejetées.

Sur les conclusions à fin de condamnation :

5. Le juge administratif ne peut être saisi que de conclusions tendant à l'annulation d'une décision administrative ou de conclusions indemnitaires lorsque la responsabilité de l'administration est engagée.

6. Si M. B demande au " tribunal de statuer sur une indemnisation au titre du préjudice subi " en raison d'un problème qui aurait trait à l'écoulement des eaux usées depuis 2019, sa demande ne comporte cependant aucun moyen ou fondement ni aucune circonstance de fait précise à l'appui de ses conclusions indemnitaires, lesquelles sont manifestement irrecevables et doivent, par suite, être rejetées.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1, 4° du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée pour information à la commune de Rozoy-le-Vieil.

Fait à Orléans, le 23 octobre 2024.

Le président de la 5e chambre,

Samuel DELIANCOURT

La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.