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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2405098

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2405098

mercredi 24 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2405098
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationURGENCES -JUGE UNIQUE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Orléans a rejeté la requête de M. A contestant un indu d'allocation de logement sociale de 3 789,57 euros pour la période d'août 2022 à août 2023. La solution retenue est que M. A ne justifie pas d'une vie commune stable et continue avec Mme B, mère de leur enfant, au sens de l'article 515-8 du code civil. Le tribunal a appliqué les articles L. 823-1 et R. 822-2 du code de la construction et de l'habitation, considérant que les intéressés ne formaient pas un foyer unique. La requête a été rejetée comme non fondée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 novembre 2024, M. D A demande au tribunal d'annuler la décision du 5 septembre 2024 par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de Touraine a rejeté sa réclamation dirigée contre la décision du 7 novembre 2023 lui réclamant la somme de 3 789,57 euros d'allocation de logement sociale indûment perçue au titre de la période d'août 2022 à août 2023.

Il soutient que la mère de sa fille, Mme B, résidait à son domicile à Tours au cours de la période litigieuse.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 avril 2025, la caisse d'allocations familiales de Touraine conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que la requête n'est pas recevable et n'est pas fondée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Delandre en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Delandre, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.

Les parties n'étaient pas présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. En premier lieu, aux termes de l'article L. 823-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le montant des aides personnelles au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. Ce barème est établi en prenant en considération : 1° La situation de famille du demandeur et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer () ". Aux termes de l'article R. 822-2 du même code : " Les ressources prises en compte pour le calcul de l'aide personnelle au logement sont celles dont bénéficient le demandeur ou l'allocataire, son conjoint et les personnes vivant habituellement au foyer () ".

2. En second lieu, aux termes de l'article 515-8 du code civil : " Le concubinage est une union de fait, caractérisée par une vie commune présentant un caractère de stabilité et de continuité, entre deux personnes, de sexe différent ou de même sexe, qui vivent en couple. ".

3. Il résulte des dispositions citées aux points 1 et 2 que, pour le bénéfice de l'aide au logement, le foyer s'entend du demandeur ainsi que, le cas échéant, de son conjoint, partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou concubin. Pour l'application de ces dispositions, le concubin est la personne qui mène avec le demandeur une vie de couple stable et continue. Une telle vie de couple peut être établie par un faisceau d'indices concordants, au nombre desquels la circonstance que les intéressés mettent en commun leurs ressources et leurs charges.

4. Il résulte de l'instruction que l'indu d'allocation de logement sociale litigieux a pour origine la remise en cause de la situation familiale du requérant qui déclarait vivre dans un appartement sis 7 boulevard Maeterlinck à Tours avec Mme B, mère de leur fille née le

16 décembre 2022, alors que cette dernière résidait à Ris-Orangis dans le département de l'Essonne.

5. Il résulte de l'instruction que Mme B déclarait résider 85bis route de Grigny à Ris-Orangis, au cours de la période litigieuse, auprès de la caisse d'allocations familiales de l'Essonne à laquelle elle est affiliée. Par ailleurs, la même adresse figure sur le compte à la Banque Postale de l'intéressée et sur le relevé de compte de l'établissement Financière des paiements électroniques ainsi que sur le rapport de l'échographie relative à la grossesse de Mme B réalisée le 15 juin 2022 au centre hospitalier régional universitaire de Tours et sur le formulaire " premier examen médical prénatal " établi le 18 juin 2022 par une sage-femme de Tours produits par la caisse. L'adresse de Mme B précitée est également celle déclarée par le requérant lors de l'établissement le 19 décembre 2022 par le service de l'état civil de Corbeil-Essonnes de l'acte de naissance de leur fille. Le requérant ne produit aucun élément de nature à établir qu'il mettait en commun avec Mme B leurs ressources et leurs charges. Pour établir la communauté de vie, le requérant se borne à produire l'acte de reconnaissance avant naissance de sa fille en date du 19 août 2022, relatant ses propres déclarations, mentionnant la même adresse que la sienne pour Mme B et une attestation de témoin de M. C A en date du 25 novembre 2024, lequel réside chez le requérant, selon laquelle il se déplaçait pour aider Mme B à faire ses courses. Ces éléments sont insuffisants, dès lors qu'ils émanent du requérant et d'un parent de ce dernier, pour remettre en cause les constatations précitées. Dans ces conditions, il existe un faisceau d'indices permettant de considérer que, au cours de la période litigieuse, le requérant n'avait pas de vie commune avec Mme B et, par suite, qu'ils n'ont pas constitué un foyer au sens des dispositions précitées aux points 1 et 2. Ainsi, c'est par une exacte application de ces dispositions que la caisse d'allocations familiales de Touraine a procédé à la régularisation du dossier de M. A au regard de l'aide au logement en considérant qu'il vivait seul au cours de la période litigieuse.

6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par la caisse d'allocations familiales de Touraine, que la requête de M. A doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et à la caisse d'allocations familiales de Touraine.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2025.

Le magistrat désigné,Le greffier,

Jean-Michel DELANDRE Laurent BOUSSIERES

La République mande et ordonne à la ministre chargée du logement en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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