Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2405174

mercredi 19 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2405174
TypeOrdonnance
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Orléans a rejeté la requête de Mme B contestant un arrêté préfectoral de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire français. La requérante invoquait son état de santé, la scolarisation de sa fille née en France et sa formation professionnelle, sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal a jugé que ces moyens étaient soit insuffisamment précis, soit inopérants, car l'état de santé n'est pas un critère pertinent pour l'article L. 423-23 et n'exclut pas une obligation de quitter le territoire français. La requête a donc été rejetée par ordonnance en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 novembre 2024, Mme A B demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté de la préfète du Loiret en date du 15 novembre 2024 portant refus de délivrance d'un titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et fixation du pays d'éloignement ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Loiret de procéder à un réexamen de sa situation administrative.

Elle soutient que :

- le refus de titre de séjour méconnait les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile compte tenu de son état de santé, de la formation entreprise et de la scolarisation de sa fille, née en France, et des risques que celle-ci encourt en cas d'éloignement vers son pays d'origine ;

- l'obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de son état de santé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".

3. Il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme B aurait sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur un autre fondement que celui de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. A l'appui de sa requête, Mme B invoque, d'une part, la naissance en France et de la scolarisation de son enfant mineur et la formation professionnelle en cours, sans assortir ces arguments des précisions et justifications permettant d'en apprécier le bien-fondé.

4. Si Mme B invoque, d'autre part, son état de santé, celui-ci n'est pas, à lui seul, de nature à établir une méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ce moyen doit, dès lors, être regardé comme assorti seulement de faits manifestement insusceptibles de venir à son soutien.

5. En second lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans leur rédaction issue de la loi du 26 janvier 2024 : " L'étranger mineur de dix-huit ans ne peut faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ".

6. A l'appui de ses conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français, Mme B invoque comme seul moyen son état de santé. Toutefois, dans leur rédaction citée au point précédent, issue de la loi du 26 janvier 2024, ni les dispositions de l'article L. 611-3 ni aucune autre n'excluent les étrangers malades du champ de l'obligation de quitter le territoire français. Par conséquent, et alors au surplus que la requérante ne démontre pas que l'absence de prise en charge médicale entraînerait des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur sa situation, ni qu'il lui serait impossible d'obtenir une telle prise en charge dans son pays d'origine, le moyen invoqué est inopérant.

6. Ainsi, cette requête, n'est assortie que de moyens inopérants, des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou des moyens qui ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Elle doit, pour ce motif, être rejetée dans toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la préfète du Loiret.

Fait à Orléans, le 19 mars 2025.

Le président,

D. LACASSAGNE

La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.