vendredi 24 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2500246 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | RENAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 janvier 2025, complétée par une pièce complémentaire enregistrée le 23 janvier 2025, Mme A B, représentée par Me Pierre Renaud, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la décision refusant la poursuite de sa prise en charge dans le cadre d'un contrat jeune majeur ;
3°) d'enjoindre au département de Loir-et-Cher de proposer à la requérante un contrat jeune majeur dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et au plus tard le 27 janvier 2025 ;
4°) d'enjoindre au département de Loir-et-Cher de faire cesser toutes les atteintes graves et manifestement illégales à une liberté fondamentale en garantissant la poursuite d'une prise en charge à l'aide sociale à l'enfance ;
5°) de condamner l'Etat au versement de la somme de 1 500 euros HT au bénéfice de Me Pierre Renaud, qui renoncera alors à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B soutient que :
Sur l'atteinte grave et manifestement illégale à des libertés fondamentales :
- La décision en litige porte atteinte au droit à la vie garanti par l'article 2 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et au droit de ne pas subir un traitement inhumain et dégradant protégé par l'article 3 de la même convention, à la dignité humaine constitutionnellement et conventionnement garantie, à l'intérêt supérieur de l'enfant protégé par l'article 3.1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, au droit de bénéficier d'un accueil dans une structure d'hébergement d'urgence dans les conditions prévues au code de l'action sociale et des familles.
Sur la condition d'urgence :
- La requérante est extrêmement précaire, isolée sans soutien familial en France comme à l'étranger et est accompagnée de sa fille mineure de 5 mois particulièrement vulnérable.
- Elle deviendra majeure le 27 janvier 2025 et risque alors de se retrouver à la rue sans aucune solution.
- Le refus de la poursuite de la prise en charge du département de Loir-et-Cher la prive de manière immédiate de l'accompagnement dont elle bénéficie et justifie, de perspectives, de ses droits et annihile le travail éducatif effectué dans le cadre de sa prise en charge.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 janvier 2025, le président du conseil départemental de Loir-et-Cher conclut au non-lieu à statuer en faisant valoir que le département s'engage à conclure un contrat jeune majeur avec Mme B et que les services du département se mettront rapidement en contact avec la requérante pour lui faire signer ce contrat jeune majeur.
Par un mémoire en réplique, enregistré le 24 janvier 2025, non communiqué, Mme B maintient les termes de ses conclusions en injonction ainsi que sa demande de condamnation du conseil départemental au paiement d'une somme au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, y compris dans l'hypothèse du prononcé d'un
non-lieu à statuer intervenant uniquement du fait de l'engagement de la procédure devant le juge des référés.
Vu :
- la demande d'aide juridictionnelle présentée le 21 janvier 2025 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. /(). ". Eu égard aux circonstances de l'espèce et à l'urgence à statuer sur la requête de Mme B, il y a lieu de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
3. Il résulte de l'instruction que Mme A B, ressortissante ivoirienne mineure, née le 27 janvier 2007 et entrée en France en 2023, a été prise en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance du département de Loir-et-Cher après que le juge des enfants au tribunal judiciaire de Blois a ordonné son placement provisoire à compter d'octobre 2023. Elle est hébergée depuis juin 2024 à l'Etape Jeunes C gérée par l'association L'Etape à Nantes. Elle a donné naissance à une fille, prénommée Aïchata, le 19 août 2024. Elle a effectué une formation rémunérée dans le cadre du dispositif E2C Val de Loire Blois de février à novembre 2024. Elle a sollicité le 23 octobre 2024 la conclusion d'un contrat jeune majeur à sa majorité en janvier 2025 et réitérée cette demande. Le département de Loir-et-Cher a opposé à cette demande un refus au motif notamment qu'un contrat jeune majeur ne peut pas être signé avec une mère de famille. Mme B demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre les effets de la décision refusant la poursuite de sa prise en charge dans le cadre d'un contrat jeune majeur et d'enjoindre au département de Loir-et-Cher de proposer à la requérante un contrat jeune majeur dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et au plus tard le 27 janvier 2025.
Sur le cadre juridique applicable :
4. Aux termes de l'article L. 111-2 du code de l'action sociale et des familles : " Les personnes de nationalité étrangère bénéficient dans les conditions propres à chacune de ces prestations : 1° Des prestations d'aide sociale à l'enfance ; () / Elles bénéficient des autres formes d'aide sociale, à condition qu'elles justifient d'un titre exigé des personnes de nationalité étrangère pour séjourner régulièrement en France () ". Aux termes de l'article L. 222-5 du même code, dans sa rédaction issue de la loi n°2024-42 du 26 janvier 2024 : " Sont pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance sur décision du président du conseil départemental : () ; 4° Les femmes enceintes et les mères isolées avec leurs enfants de moins de trois ans qui ont besoin d'un soutien matériel et psychologique, notamment parce qu'elles sont sans domicile. Ces dispositions ne font pas obstacle à ce que les établissements ou services qui accueillent ces femmes organisent des dispositifs visant à préserver ou à restaurer des relations avec le père de l'enfant, lorsque celles-ci sont conformes à l'intérêt de celui-ci ; 5° Les majeurs âgés de moins de vingt et un ans et les mineurs émancipés qui ne bénéficient pas de ressources ou d'un soutien familial suffisants, lorsqu'ils ont été confiés à l'aide sociale à l'enfance avant leur majorité, y compris lorsqu'ils ne bénéficient plus d'aucune prise en charge par l'aide sociale à l'enfance au moment de la décision mentionnée au premier alinéa du présent article et à l'exclusion de ceux faisant
l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français en application de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. / (). ".
5. Il résulte des dispositions de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles qu'en particulier les jeunes majeurs de moins de vingt et un ans ayant été pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance d'un département avant leur majorité bénéficie d'un droit à une nouvelle prise en charge par ce service, lorsqu'ils ne disposent pas de ressources ou d'un soutien familial suffisants.
6. Une carence caractérisée dans l'accomplissement par le président du conseil départemental des missions fixées par les dispositions rappelées aux points précédents, notamment dans les modalités de prise en charge des besoins du mineur ou du jeune majeur relevant de l'aide sociale à l'enfance, lorsqu'elle entraîne des conséquences graves pour l'intéressée, est de nature à porter une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale.
Sur la demande en référé :
7. Il résulte de l'instruction que le président du conseil départemental de Loir-et-Cher s'est engagé, dans son mémoire en défense, à conclure un contrat jeune majeur avec Mme B et a affirmé que les services du département se mettront rapidement en contact avec la requérante pour lui faire signer le contrat jeune majeur dont elle a sollicité la conclusion. Compte tenu de cet engagement et des circonstances que Mme B est, à la date de la présente ordonnance, hébergée avec sa fille à l'Etape Jeunes C qui lui verse une aide de 360 euros par mois pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa fille, il n'apparaît donc pas, en l'état de l'instruction, que l'administration départementale de Loir-et-Cher porterait une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales de Mme B.
8. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de Mme B, y compris ses conclusions présentées au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, par application des dispositions, mentionnées au point 2, de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Compte tenu de l'engagement pris par l'administration et rappelé au point 7, la requête de Mme B est rejetée pour le surplus.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, Me Pierre Renaud et au département de Loir-et-Cher.
Fait à Orléans, le 24 janvier 2025.
Le juge des référés,
B. GUÉVEL
La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026