Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2502696

mercredi 4 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2502696
TypeOrdonnance
PublicationC

Résumé IA

Suspension de permis de conduire. Tribunal administratif d'Orléans, juge des référés. Rejet de la demande de suspension faute de requête au fond (annulation ou réformation) préalable, condition de recevabilité de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Application des articles L. 522-3 et R. 522-1 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er juin 2025, M. A B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté par lequel la préfète du Loiret a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de trois mois à compter de la date de retrait du titre.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il est chef d'entreprise et doit se déplacer quotidiennement pour rencontrer ses clients, partenaires et fournisseurs, qu'il est père de famille en cours de séparation et doit assurer régulièrement le transport et la prise en charge de ses enfants ;

- il a toujours ses douze points sur son permis de conduire et n'a jamais fait l'objet d'une rétention ou suspension de son permis de conduire ;

- la décision ne tient pas compte de son état de santé, de son absence d'antécédents et de l'urgence professionnelle et familiale de sa situation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Jean-Michel Delandre en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Enfin, aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. D'autre part, aux termes de l'article R. 522-1 du code de justice administrative : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière. ". Il résulte de ces dispositions qu'une requête aux fins de suspension est atteinte d'une irrecevabilité d'ordre public lorsque le requérant n'a pas introduit une requête à fin d'annulation ou de réformation.

3. M. B n'a pas introduit de requête à fin d'annulation ou de réformation de l'arrêté attaqué par lequel la préfète du Loiret a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de trois mois à compter de la date de retrait du titre. Par suite, sa requête est manifestement irrecevable et doit être rejetée selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Orléans, le 4 juin 2025.

Le juge des référés,

Jean-Michel DELANDRE

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.