Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2502963

lundi 23 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2502963
TypeOrdonnance
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal administratif d'Orléans, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de l'arrêté du sous-préfet de Dreux suspendant le permis de conduire de M. B pour quatre mois. Bien que le requérant invoquait l'urgence liée à son état de santé nécessitant des déplacements pour hémodialyse, le juge a constaté que M. B n'avait pas introduit de requête en annulation ou réformation de la décision contestée. En application des articles L. 521-1 et R. 522-1 du code de justice administrative, cette absence de recours principal rend la demande de suspension manifestement irrecevable.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 juin 2025, M. A B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 2 mai 2025 par lequel le sous-préfet de Dreux a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de quatre mois à compter de la date de retrait du titre.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il souffre d'une insuffisance rénale et doit se rendre régulièrement et trois fois par semaine à l'hôpital de Rambouillet pour subir une hémodialyse, que l'absence de transport personnel compromet gravement le suivi de son état de santé et met en danger sa vie car il est en attente d'une greffe rénale pour laquelle il se rend régulièrement au centre hospitalier de Tours, que sa commune n'a pas de moyen de transport public ;

- il s'engage à être plus vigilant ;

- il s'agit de sa première infraction.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Jean-Michel Delandre en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Enfin, aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. D'autre part, aux termes de l'article R. 522-1 du code de justice administrative : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière. ". Il résulte de ces dispositions qu'une requête aux fins de suspension est atteinte d'une irrecevabilité d'ordre public lorsque le requérant n'a pas introduit une requête à fin d'annulation ou de réformation.

3. M. B n'a pas introduit de requête à fin d'annulation ou de réformation de l'arrêté attaqué par lequel le sous-préfet de Dreux a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de quatre mois à compter de la date de retrait du titre. Par suite, sa requête est manifestement irrecevable et doit être rejetée selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Orléans, le 23 juin 2025.

Le juge des référés,

Jean-Michel DELANDRE

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.