Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2604659
samedi 1 août 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2604659 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | D |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 juillet 2026 suivie de deux mémoires complémentaires enregistrés le 30 juillet 2026 à 12 h 14 et 12 h 49, M. B... D... demande au juge des référés saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’ordonner au conseil départemental de l’ordre des médecins du Loiret de procéder au retrait immédiat de l’ensemble des pièces médicales nominatives, certificats et données à caractère personnel le concernant versées dans le dossier de la plainte dirigée contre le docteur C... et que le nom du docteur D... ainsi que le diagnostic cité par M. A... dans son courrier de plainte soient retirés ou « caviardés » dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir sous astreinte de 400 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge du conseil départemental de l’ordre des médecins la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la mesure demandée présente un caractère utile ;
- elle ne fait obstacle à aucune décision administrative car il n’est pas demandé au conseil de l’ordre de ne pas poursuivre son instruction de la plainte déposée ;
- il existe une situation d’urgence ;
- ses données personnelles administratives et médicales ont été communiquées par son employeur dans le cadre d’une plainte de ce dernier déposée auprès du conseil départemental de l’ordre des médecins contre son médecin traitant ;
- la détention par le conseil de l’ordre de données de santé nominatives et de son NIR constituent une violation du secret médical, du secret professionnel et du RGPD ;
- l’urgence est caractérisée par le préjudice constant, irréversible et évolutif porté à la vie privée et au secret professionnel du docteur D... dont les données médicales intimes continuent de circuler et d’être consultées par des tiers non autorisés dans le cadre de l’instruction ordinale malgré ses protestations réitérées restées sans réponse ;
- il existe un détournement de finalité manifeste et une atteinte continue, grave et injustifiée aux libertés fondamentales et au secret médical ;
- cette transmission porte une atteinte disproportionnée aux droits visés à l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- les conseillers ordinaux sont tenus au secret des délibérations mais cela ne les exonère pas pour autant du secret médical dû au médecin malade lorsqu’ils ne participent pas aux soins ;
- il est impossible de soutenir qu’il était strictement nécessaire que l’ensemble des conseillers aient accès à son identité, à son NIR et à ses pathologies ;
- le conseil départemental aurait dû vérifier que seules les données strictement indispensables étaient produites et exploitées dans le cadre de la procédure disciplinaire ;
- le traitement de ses données de santé ne respecte pas les principes de nécessité et de proportionnalité imposées par le RGPD et la jurisprudence ;
- le principe de minimisation des données a été méconnu ;
- la communication des pièces médicales relatives à son accident de travail est encadrée par l’article R. 441-14 du code de la sécurité sociale qui a ainsi été méconnu, de même que les articles 9 et 5 du RGPD ;
- l’article L. 1110-4 du code de la santé publique a également été méconnu.
Vu
l’ordonnance n° 2604559 du 29 juillet 2026 par laquelle la juge des référés a rejeté la requête de M. D... ;
les autres pièces du dossier.
Vu :
le règlement (UE) 2016/679 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016, relatif à la protection des personnes physiques à l'égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données ;
le code de la sécurité sociale ;
le code de la santé publique ;
le code pénal ;
le code des relations entre le public et l'administration ;
le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Samuel Deliancourt en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Le conseil départemental de l’ordre des médecins du Loiret a été saisi d’une plainte dirigée contre le docteur C..., médecin traitant du docteur D..., déposée par un tiers. Par la présente requête, M. D... demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3, d’ordonner audit conseil de supprimer toutes les pièces, mentions et écrits le concernant qui auraient été communiquées dans le cadre de cette procédure à l’égard de laquelle il a la qualité de tiers.
Sur le cadre juridique applicable :
En premier lieu, l’article L. 4123-1 du code de la santé publique dispose : « Le conseil départemental de l'ordre exerce, dans le cadre départemental et sous le contrôle du conseil national, les attributions générales de l'ordre, énumérées à l'article L. 4121-2. (…) ». L’article L. 4123-2 du même code dispose : « (…) Lorsqu'une plainte est portée devant le conseil départemental, son président en accuse réception à l'auteur, en informe le médecin, le chirurgien-dentiste ou la sage-femme mis en cause et les convoque dans un délai d'un mois à compter de la date d'enregistrement de la plainte en vue d'une conciliation. En cas d'échec de celle-ci, il transmet la plainte à la chambre disciplinaire de première instance avec l'avis motivé du conseil dans un délai de trois mois à compter de la date d'enregistrement de la plainte, en s'y associant le cas échéant. (…) ».
En deuxième lieu, l’article L. 4124-2 du code de la santé publique dispose : « Les médecins, les chirurgiens-dentistes ou les sages-femmes chargés d'un service public et inscrits au tableau de l'ordre ne peuvent être traduits devant la chambre disciplinaire de première instance, à l'occasion des actes de leur fonction publique, que par le ministre chargé de la santé, le représentant de l'Etat dans le département, le directeur général de l'agence régionale de santé, le procureur de la République, le conseil national ou le conseil départemental au tableau duquel le praticien est inscrit. (…) ». Selon l’article L. 4124-3 du même code : « La chambre disciplinaire de première instance peut, soit sur la demande des parties, soit d'office, ordonner une enquête sur les faits dont la constatation lui paraît utile à l'instruction de l’affaire. / La décision qui ordonne l'enquête indique les faits sur lesquels elle doit porter et désigne le membre de la juridiction disciplinaire chargé d'enquêter sur l'affaire. ».
En troisième lieu, aux termes de l’article R. 4127-4 du code de la santé publique : « Le secret professionnel institué dans l’intérêt des patients s’impose à tout médecin dans les conditions établies par la loi. Le secret couvre tout ce qui est venu à la connaissance du médecin dans l’exercice de sa profession, c’est-à-dire non seulement ce qui lui a été confié, mais aussi ce qu’il a vu, entendu ou compris ».
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ».
Saisi sur ce fondement d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
Aux termes du premier alinéa de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ».
Les conclusions présentées par M. D... tendant à ce qu'il soit enjoint au conseil départemental de l’ordre des médecins du Loiret, en application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de procéder au retrait immédiat de l’ensemble des pièces médicales nominatives, certificats et données à caractère personnel le concernant versées dans le dossier de la plainte dirigée contre le docteur C... et que son nom ainsi que le diagnostic cité par M. A... dans son courrier de plainte soient retirés ou « caviardés » ne sont pas détachables de la procédure intentée et suivie devant la chambre disciplinaire de première instance et seraient au surplus susceptibles faire obstacle à exécution d’une décision administrative comme juridictionnelle dans le cadre de l’instruction de cette plainte. En tout état de cause il n’appartient pas au juge des référés statuant en application de l’article L. 521- 3 du code de justice administrative d’ordonner une telle mesure. Par suite, la requête de M. D... ne peut qu’être rejetée en application de l’article L. 522-3 cité au point précédent.
ORDONNE:
Article 1er : La requête de M. D... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... D....
Copie en sera adressée pour information au conseil départemental de l’ordre des médecins du Loiret.
Fait à Orléans, le 1er août 2026.
Le juge des référés,
Samuel DELIANCOURT
La République mande et ordonne au préfet du Loiret en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Par une requête enregistrée le 29 juillet 2026 suivie de deux mémoires complémentaires enregistrés le 30 juillet 2026 à 12 h 14 et 12 h 49, M. B... D... demande au juge des référés saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’ordonner au conseil départemental de l’ordre des médecins du Loiret de procéder au retrait immédiat de l’ensemble des pièces médicales nominatives, certificats et données à caractère personnel le concernant versées dans le dossier de la plainte dirigée contre le docteur C... et que le nom du docteur D... ainsi que le diagnostic cité par M. A... dans son courrier de plainte soient retirés ou « caviardés » dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir sous astreinte de 400 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge du conseil départemental de l’ordre des médecins la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la mesure demandée présente un caractère utile ;
- elle ne fait obstacle à aucune décision administrative car il n’est pas demandé au conseil de l’ordre de ne pas poursuivre son instruction de la plainte déposée ;
- il existe une situation d’urgence ;
- ses données personnelles administratives et médicales ont été communiquées par son employeur dans le cadre d’une plainte de ce dernier déposée auprès du conseil départemental de l’ordre des médecins contre son médecin traitant ;
- la détention par le conseil de l’ordre de données de santé nominatives et de son NIR constituent une violation du secret médical, du secret professionnel et du RGPD ;
- l’urgence est caractérisée par le préjudice constant, irréversible et évolutif porté à la vie privée et au secret professionnel du docteur D... dont les données médicales intimes continuent de circuler et d’être consultées par des tiers non autorisés dans le cadre de l’instruction ordinale malgré ses protestations réitérées restées sans réponse ;
- il existe un détournement de finalité manifeste et une atteinte continue, grave et injustifiée aux libertés fondamentales et au secret médical ;
- cette transmission porte une atteinte disproportionnée aux droits visés à l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- les conseillers ordinaux sont tenus au secret des délibérations mais cela ne les exonère pas pour autant du secret médical dû au médecin malade lorsqu’ils ne participent pas aux soins ;
- il est impossible de soutenir qu’il était strictement nécessaire que l’ensemble des conseillers aient accès à son identité, à son NIR et à ses pathologies ;
- le conseil départemental aurait dû vérifier que seules les données strictement indispensables étaient produites et exploitées dans le cadre de la procédure disciplinaire ;
- le traitement de ses données de santé ne respecte pas les principes de nécessité et de proportionnalité imposées par le RGPD et la jurisprudence ;
- le principe de minimisation des données a été méconnu ;
- la communication des pièces médicales relatives à son accident de travail est encadrée par l’article R. 441-14 du code de la sécurité sociale qui a ainsi été méconnu, de même que les articles 9 et 5 du RGPD ;
- l’article L. 1110-4 du code de la santé publique a également été méconnu.
Vu
l’ordonnance n° 2604559 du 29 juillet 2026 par laquelle la juge des référés a rejeté la requête de M. D... ;
les autres pièces du dossier.
Vu :
le règlement (UE) 2016/679 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016, relatif à la protection des personnes physiques à l'égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données ;
le code de la sécurité sociale ;
le code de la santé publique ;
le code pénal ;
le code des relations entre le public et l'administration ;
le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Samuel Deliancourt en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Le conseil départemental de l’ordre des médecins du Loiret a été saisi d’une plainte dirigée contre le docteur C..., médecin traitant du docteur D..., déposée par un tiers. Par la présente requête, M. D... demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3, d’ordonner audit conseil de supprimer toutes les pièces, mentions et écrits le concernant qui auraient été communiquées dans le cadre de cette procédure à l’égard de laquelle il a la qualité de tiers.
Sur le cadre juridique applicable :
En premier lieu, l’article L. 4123-1 du code de la santé publique dispose : « Le conseil départemental de l'ordre exerce, dans le cadre départemental et sous le contrôle du conseil national, les attributions générales de l'ordre, énumérées à l'article L. 4121-2. (…) ». L’article L. 4123-2 du même code dispose : « (…) Lorsqu'une plainte est portée devant le conseil départemental, son président en accuse réception à l'auteur, en informe le médecin, le chirurgien-dentiste ou la sage-femme mis en cause et les convoque dans un délai d'un mois à compter de la date d'enregistrement de la plainte en vue d'une conciliation. En cas d'échec de celle-ci, il transmet la plainte à la chambre disciplinaire de première instance avec l'avis motivé du conseil dans un délai de trois mois à compter de la date d'enregistrement de la plainte, en s'y associant le cas échéant. (…) ».
En deuxième lieu, l’article L. 4124-2 du code de la santé publique dispose : « Les médecins, les chirurgiens-dentistes ou les sages-femmes chargés d'un service public et inscrits au tableau de l'ordre ne peuvent être traduits devant la chambre disciplinaire de première instance, à l'occasion des actes de leur fonction publique, que par le ministre chargé de la santé, le représentant de l'Etat dans le département, le directeur général de l'agence régionale de santé, le procureur de la République, le conseil national ou le conseil départemental au tableau duquel le praticien est inscrit. (…) ». Selon l’article L. 4124-3 du même code : « La chambre disciplinaire de première instance peut, soit sur la demande des parties, soit d'office, ordonner une enquête sur les faits dont la constatation lui paraît utile à l'instruction de l’affaire. / La décision qui ordonne l'enquête indique les faits sur lesquels elle doit porter et désigne le membre de la juridiction disciplinaire chargé d'enquêter sur l'affaire. ».
En troisième lieu, aux termes de l’article R. 4127-4 du code de la santé publique : « Le secret professionnel institué dans l’intérêt des patients s’impose à tout médecin dans les conditions établies par la loi. Le secret couvre tout ce qui est venu à la connaissance du médecin dans l’exercice de sa profession, c’est-à-dire non seulement ce qui lui a été confié, mais aussi ce qu’il a vu, entendu ou compris ».
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ».
Saisi sur ce fondement d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
Aux termes du premier alinéa de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ».
Les conclusions présentées par M. D... tendant à ce qu'il soit enjoint au conseil départemental de l’ordre des médecins du Loiret, en application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de procéder au retrait immédiat de l’ensemble des pièces médicales nominatives, certificats et données à caractère personnel le concernant versées dans le dossier de la plainte dirigée contre le docteur C... et que son nom ainsi que le diagnostic cité par M. A... dans son courrier de plainte soient retirés ou « caviardés » ne sont pas détachables de la procédure intentée et suivie devant la chambre disciplinaire de première instance et seraient au surplus susceptibles faire obstacle à exécution d’une décision administrative comme juridictionnelle dans le cadre de l’instruction de cette plainte. En tout état de cause il n’appartient pas au juge des référés statuant en application de l’article L. 521- 3 du code de justice administrative d’ordonner une telle mesure. Par suite, la requête de M. D... ne peut qu’être rejetée en application de l’article L. 522-3 cité au point précédent.
ORDONNE:
Article 1er : La requête de M. D... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... D....
Copie en sera adressée pour information au conseil départemental de l’ordre des médecins du Loiret.
Fait à Orléans, le 1er août 2026.
Le juge des référés,
Samuel DELIANCOURT
La République mande et ordonne au préfet du Loiret en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.