Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2605587
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2605587 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | MOIROT |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 septembre 2026, M. C... A..., détenu à la maison d’arrêt de B..., doit être regardé comme demandant au tribunal d’annuler l’arrêté du 4 septembre 2026 par lequel le préfet de Loir-et-Cher l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d’office et l’a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d’un an.
Le préfet de Loir-et-Cher a communiqué des pièces enregistrées le 15 septembre 2026.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 septembre 2026, le préfet de Loir-et-Cher conclut au rejet de la requête de M. A....
Le préfet de Loir-et-Cher :
- excipe de l’irrecevabilité de la requête faute de moyen développé à l’appui de celle-ci ;
- fait valoir que la requête n’est pas fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne ;
- la directive n° 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. Lombard, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 776-1 et R. 776-1 du code de justice administrative dans leur rédaction valable à compter du 15 juillet 2024.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Lombard ;
- et les observations de Me Moirot, représentant M. A..., non présent, qui conclut aux mêmes fins que la requête et soutient :
* que l’ensemble des décisions litigieuses portent atteinte au droit au respect de sa vie privée et familiale et sont entachées d’une erreur manifeste d’appréciation au regard de la menace à l’ordre public que constituerait le comportement de M. A... ;
* à l’encontre de la décision refusant l’octroi d’un délai de départ volontaire qu’il n’y a pas de risque de fuite.
Le préfet de Loir-et-Cher n’était, ni présent, ni représenté.
Après avoir prononcé la clôture d’instruction à l’issue de l’audience publique à 14h33.
Considérant ce qui suit :
1. M. A..., ressortissant guinéen (République de Guinée), né le 5 août 2007 à Conakry (République de Guinée), est entré irrégulièrement en France en 2023 selon ses déclarations. Il a été confié aux services de l’Aide sociale à l’enfance, au conseil départemental de Loir-et-Cher le 6 septembre 2023 par une ordonnance aux fins de placement provisoire. Par ordonnance d’ouverture d’une tutelle d’État du tribunal judiciaire de B... du 4 juin 2024, la tutelle de M. A... a été déférée au conseil départemental de Loir-et-Cher et la mesure d’assistance éducative clôturée par une ordonnance du tribunal pour enfants de B... du 31 juillet 2024. Par un dossier enregistré le 6 juin 2025, M. A... a sollicité une première fois son admission au séjour. Cette demande a fait l’objet d’une décision implicite de rejet. Ensuite, le requérant a déposé une seconde demande, au titre de l’asile, enregistrée par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides en procédure accélérée. Cette demande a fait l’objet d’une décision de clôture le 30 mars 2026, notifiée à M. A... le 4 juin 2026. Par arrêté du 4 septembre 2026, le préfet de Loir-et-Cher a obligé M. A... à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d’office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d’un an. M. A... demande au tribunal d’annuler les décisions contenues dans cet arrêté du 4 septembre 2026.
Sur la fin de non-recevoir tirée de l’irrecevabilité de la requête :
2. Le préfet de Loir-et-Cher soutient en défense l’irrecevabilité de la requête pour défaut de moyen à l’appui de la requête. S’il est vrai que la requête introductive d’instance de M. A... ne contient aucun moyen, son avocate, Me Moirot, a toutefois soulevé plusieurs moyens au cours de l’audience, soit antérieurement à la clôture de l’instruction. Par suite, la requête est recevable et la fin de non-recevoir opposée en défense doit être rejetée.
Sur les conclusions à fin d’annulation :
En ce qui concerne les moyens communs à l’ensemble des décisions litigieuses :
Aux termes de l’article L. 611-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; / 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; / (…) 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; / 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; / 6° L'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois a méconnu les dispositions de l'article L. 5221-5 du code du travail. / (…) ». Aux termes de l’article L. 612-2 du même code : « Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / (…) / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ». Aux termes de l’article L. 612-3 du même code : « Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / (…) 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / (…) 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ».
3. En premier lieu, s’il ressort de la lecture de l’arrêté litigieux que le préfet de Loir-et-Cher évoque dans les motifs consacrés à l’obligation de quitter le territoire français sans délai la circonstance que M. A... est défavorablement connu des services de police depuis avril 2025, il en ressort également qu’il s’est fondé uniquement sur les 1°), 2°), 4°) et 6) de l’article L. 611-1 précité du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et non sur le 5°) pour l’obligation de quitter le territoire français et sur le 3°) de l’article L. 612-2 du même code précité et non sur le 2°) pour le refus de délai de départ volontaire. Il ne s’est donc pas fondé sur le motif de la menace à l’ordre public pour décider de l’obligation de quitter le territoire français litigieuse sans délai. Par suite, le moyen tiré de l’erreur manifeste d’appréciation au regard de la menace à l’ordre public que constituerait le comportement de M. A... doit être écarté.
4. En second lieu, il est constant que M. A... est arrivé en France en qualité de mineur isolé, qu’il a donc été pris en charge par les services de l’aide sociale à l’enfance du conseil départemental de Loir-et-Cher le 6 septembre 2023 et qu’une tutelle de l’État a été ouverte à son profit. M. A... soutient qu’il est aujourd’hui un majeur isolé et qu’il n’a plus d’attaches dans son pays d’origine, la République de Guinée. Toutefois, d’abord, il ressort de ses déclarations lors de son audition du 3 septembre 2026, dont le procès‑verbal a été signé par
M. A... sans réserve, qu’il a en République de Guinée ses tantes, ses cousins ainsi que son frère Djibril. Ensuite, le requérant ne se prévaut d’aucune intégration sociale particulière en France, ni d’aucune formation suivie ou en cours de suivi ou d’une quelconque insertion professionnelle. Enfin, M. A... est célibataire et sans enfant à charge. Ainsi le requérant, qui déclare n’être arrivé en France qu’en septembre 2023, ne justifie pas y avoir le centre de ses intérêts privés et familiaux. Dans ces conditions, M. A... n’est pas fondé à soutenir que le préfet aurait porté atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
En ce qui concerne le moyen spécifique à la décision portant refus de délai de départ volontaire :
5. Il ressort des pièces du dossier, notamment du procès-verbal d’audition du 3 septembre 2026 que M. A... a déclaré à plusieurs reprises ne pas prévoir retourner en République de Guinée, y compris dans la circonstance où une mesure d’éloignement serait prise à son encontre. Il ressort également de ce procès-verbal et des autres pièces du dossier que, à la date de la décision contestée, M. A... ne pouvait, ni justifier d’une adresse stable, ni remettre son passeport, déclarant que celui-ci était resté en République de Guinée. Enfin, M. A... s’est maintenu sur le territoire français alors que le dernier récépissé de demande de titre de séjour dont il était titulaire a expiré le 21 octobre 2025. En conséquence, et dès lors qu’il n’est allégué aucune circonstance particulière de nature à renverser cette présomption, le risque de fuite peut être regardé comme établi au sens des dispositions précitées de l’article L. 612-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Par suite, le préfet de Loir-et-Cher a pu légalement refuser à M. A... l’octroi d’un délai de départ volontaire.
6. Il résulte de tout ce qui précède que M. A... n’est pas fondé à demander l’annulation des décisions, contenues dans l’arrêté du 4 septembre 2026, par lesquelles le préfet de Loir-et‑Cher l’a obligé à quitter le territoire français, lui a refusé l’octroi d’un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d’office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d’un an.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C... A... et au préfet de Loir-et-Cher.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2026.
Le magistrat désigné,
A. LOMBARD
Le greffier,
S. BIRCKEL
La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution du présent jugement.
Par une requête, enregistrée le 10 septembre 2026, M. C... A..., détenu à la maison d’arrêt de B..., doit être regardé comme demandant au tribunal d’annuler l’arrêté du 4 septembre 2026 par lequel le préfet de Loir-et-Cher l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d’office et l’a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d’un an.
Le préfet de Loir-et-Cher a communiqué des pièces enregistrées le 15 septembre 2026.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 septembre 2026, le préfet de Loir-et-Cher conclut au rejet de la requête de M. A....
Le préfet de Loir-et-Cher :
- excipe de l’irrecevabilité de la requête faute de moyen développé à l’appui de celle-ci ;
- fait valoir que la requête n’est pas fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne ;
- la directive n° 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. Lombard, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 776-1 et R. 776-1 du code de justice administrative dans leur rédaction valable à compter du 15 juillet 2024.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Lombard ;
- et les observations de Me Moirot, représentant M. A..., non présent, qui conclut aux mêmes fins que la requête et soutient :
* que l’ensemble des décisions litigieuses portent atteinte au droit au respect de sa vie privée et familiale et sont entachées d’une erreur manifeste d’appréciation au regard de la menace à l’ordre public que constituerait le comportement de M. A... ;
* à l’encontre de la décision refusant l’octroi d’un délai de départ volontaire qu’il n’y a pas de risque de fuite.
Le préfet de Loir-et-Cher n’était, ni présent, ni représenté.
Après avoir prononcé la clôture d’instruction à l’issue de l’audience publique à 14h33.
Considérant ce qui suit :
1. M. A..., ressortissant guinéen (République de Guinée), né le 5 août 2007 à Conakry (République de Guinée), est entré irrégulièrement en France en 2023 selon ses déclarations. Il a été confié aux services de l’Aide sociale à l’enfance, au conseil départemental de Loir-et-Cher le 6 septembre 2023 par une ordonnance aux fins de placement provisoire. Par ordonnance d’ouverture d’une tutelle d’État du tribunal judiciaire de B... du 4 juin 2024, la tutelle de M. A... a été déférée au conseil départemental de Loir-et-Cher et la mesure d’assistance éducative clôturée par une ordonnance du tribunal pour enfants de B... du 31 juillet 2024. Par un dossier enregistré le 6 juin 2025, M. A... a sollicité une première fois son admission au séjour. Cette demande a fait l’objet d’une décision implicite de rejet. Ensuite, le requérant a déposé une seconde demande, au titre de l’asile, enregistrée par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides en procédure accélérée. Cette demande a fait l’objet d’une décision de clôture le 30 mars 2026, notifiée à M. A... le 4 juin 2026. Par arrêté du 4 septembre 2026, le préfet de Loir-et-Cher a obligé M. A... à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d’office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d’un an. M. A... demande au tribunal d’annuler les décisions contenues dans cet arrêté du 4 septembre 2026.
Sur la fin de non-recevoir tirée de l’irrecevabilité de la requête :
2. Le préfet de Loir-et-Cher soutient en défense l’irrecevabilité de la requête pour défaut de moyen à l’appui de la requête. S’il est vrai que la requête introductive d’instance de M. A... ne contient aucun moyen, son avocate, Me Moirot, a toutefois soulevé plusieurs moyens au cours de l’audience, soit antérieurement à la clôture de l’instruction. Par suite, la requête est recevable et la fin de non-recevoir opposée en défense doit être rejetée.
Sur les conclusions à fin d’annulation :
En ce qui concerne les moyens communs à l’ensemble des décisions litigieuses :
Aux termes de l’article L. 611-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; / 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; / (…) 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; / 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; / 6° L'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois a méconnu les dispositions de l'article L. 5221-5 du code du travail. / (…) ». Aux termes de l’article L. 612-2 du même code : « Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / (…) / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ». Aux termes de l’article L. 612-3 du même code : « Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / (…) 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / (…) 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ».
3. En premier lieu, s’il ressort de la lecture de l’arrêté litigieux que le préfet de Loir-et-Cher évoque dans les motifs consacrés à l’obligation de quitter le territoire français sans délai la circonstance que M. A... est défavorablement connu des services de police depuis avril 2025, il en ressort également qu’il s’est fondé uniquement sur les 1°), 2°), 4°) et 6) de l’article L. 611-1 précité du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et non sur le 5°) pour l’obligation de quitter le territoire français et sur le 3°) de l’article L. 612-2 du même code précité et non sur le 2°) pour le refus de délai de départ volontaire. Il ne s’est donc pas fondé sur le motif de la menace à l’ordre public pour décider de l’obligation de quitter le territoire français litigieuse sans délai. Par suite, le moyen tiré de l’erreur manifeste d’appréciation au regard de la menace à l’ordre public que constituerait le comportement de M. A... doit être écarté.
4. En second lieu, il est constant que M. A... est arrivé en France en qualité de mineur isolé, qu’il a donc été pris en charge par les services de l’aide sociale à l’enfance du conseil départemental de Loir-et-Cher le 6 septembre 2023 et qu’une tutelle de l’État a été ouverte à son profit. M. A... soutient qu’il est aujourd’hui un majeur isolé et qu’il n’a plus d’attaches dans son pays d’origine, la République de Guinée. Toutefois, d’abord, il ressort de ses déclarations lors de son audition du 3 septembre 2026, dont le procès‑verbal a été signé par
M. A... sans réserve, qu’il a en République de Guinée ses tantes, ses cousins ainsi que son frère Djibril. Ensuite, le requérant ne se prévaut d’aucune intégration sociale particulière en France, ni d’aucune formation suivie ou en cours de suivi ou d’une quelconque insertion professionnelle. Enfin, M. A... est célibataire et sans enfant à charge. Ainsi le requérant, qui déclare n’être arrivé en France qu’en septembre 2023, ne justifie pas y avoir le centre de ses intérêts privés et familiaux. Dans ces conditions, M. A... n’est pas fondé à soutenir que le préfet aurait porté atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
En ce qui concerne le moyen spécifique à la décision portant refus de délai de départ volontaire :
5. Il ressort des pièces du dossier, notamment du procès-verbal d’audition du 3 septembre 2026 que M. A... a déclaré à plusieurs reprises ne pas prévoir retourner en République de Guinée, y compris dans la circonstance où une mesure d’éloignement serait prise à son encontre. Il ressort également de ce procès-verbal et des autres pièces du dossier que, à la date de la décision contestée, M. A... ne pouvait, ni justifier d’une adresse stable, ni remettre son passeport, déclarant que celui-ci était resté en République de Guinée. Enfin, M. A... s’est maintenu sur le territoire français alors que le dernier récépissé de demande de titre de séjour dont il était titulaire a expiré le 21 octobre 2025. En conséquence, et dès lors qu’il n’est allégué aucune circonstance particulière de nature à renverser cette présomption, le risque de fuite peut être regardé comme établi au sens des dispositions précitées de l’article L. 612-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Par suite, le préfet de Loir-et-Cher a pu légalement refuser à M. A... l’octroi d’un délai de départ volontaire.
6. Il résulte de tout ce qui précède que M. A... n’est pas fondé à demander l’annulation des décisions, contenues dans l’arrêté du 4 septembre 2026, par lesquelles le préfet de Loir-et‑Cher l’a obligé à quitter le territoire français, lui a refusé l’octroi d’un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d’office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d’un an.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C... A... et au préfet de Loir-et-Cher.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2026.
Le magistrat désigné,
A. LOMBARD
Le greffier,
S. BIRCKEL
La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution du présent jugement.
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