jeudi 1 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2001234 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | C.M.S. BUREAU FRANCIS LEFEBVRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 10 juillet 2020, 4 mars 2021 et 3 juin 2021, la société anonyme Agora Technologies, représentée par Me Grousset, demande au tribunal :
1°) de prononcer la restitution, à hauteur de 2 134 866 euros, des cotisations d'impôt sur les sociétés et des contributions assimilées qu'elle a acquittées au titre de l'année 2016 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'inscription, à tort, des titres de la société Fonderie GHM, acquis en 2016, en comptabilité en tant que titres de participation ne fait pas obstacle à ce qu'elle obtienne la correction de cette erreur dès lors que la qualification de titres de participation ou de titres de placement n'est commandée que par la seule réglementation comptable ; aucune décision de gestion ne saurait lui être opposée dès lors qu'à la date d'acquisition des titres, elle ne pouvait légitimement croire disposer d'un choix quant à l'inscription en comptabilité de ces titres comme titres de participation ;
- les titres de participation sont définis par le droit comptable et doivent répondre à deux critères cumulatifs de possession durable et d'utilité pour l'entreprise, notamment en permettant l'exercice d'une influence durable sur la société émettrice ; les titres de la société Fonderie GHM, acquis en 2016, ne peuvent être regardés comme ayant la nature de titres de participation dès lors qu'ils n'ont été acquis qu'en vue de leur cession immédiate ; la nature de ces titres doit être appréciée à la date de leur acquisition, indépendamment de l'intention manifestée lors d'une acquisition antérieure de titres de la même entité ; le contexte de l'opération de recapitalisation puis de cession des titres de la société Fonderie GHM révèle son intention de ne pas détenir et conserver durablement ces nouveaux titres ;
- les dispositions de l'article 39 quaterdecies 2 bis du code général des impôts ne trouvent pas à s'appliquer.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 4 février 2021 et 6 mai 2021, le directeur départemental des finances publiques de la Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- l'inscription des titres de la société Fonderie GHM, acquis en 2016, au compte des titres de participation constitue une décision de gestion opposable à la société ; cette dernière ne peut remettre en cause, par voie de réclamation, la décision ainsi prise ;
- les titres de la société Fonderie GHM acquis en 2016 par la société Agora Technologies doivent être qualifiés de titres de participation ; les principes dégagés par la décision du Conseil d'Etat du 8 novembre 2019, n° 422377, ne sont applicables qu'aux seuls établissements de crédit ; les titres acquis en 2016 ont donc la même nature que ceux détenus antérieurement dès lors que c'est à la date d'acquisition de ces derniers qu'il convient d'apprécier l'intention de la société ;
- les dispositions de l'article 39 quaterdecies 2 bis du code général des impôts ne trouvent pas à s'appliquer ;
- la date d'acquisition des premiers titres de la société Fonderie GHM n'est pas précisée.
L'instruction a été close avec effet immédiat le 3 octobre 2022 en application des dispositions combinées des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- la décision n° 422377 du Conseil d'Etat, statuant au contentieux, du 8 novembre 2019 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gauthier-Ameil, conseiller,
- et les conclusions de M. Torrente, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société Agora Technologies détenait l'intégralité des titres de la SAS Fonderie GHM, inscrits à l'actif dans un compte de titres de participation pour un montant brut, au 31 décembre 2015, de 3 191 000 euros. Aux termes d'un protocole d'intention et d'un acte de cession, conclus respectivement les 26 mars 2016 et 23 juin 2016 avec la société SLF, elle a procédé à un apport de trésorerie de 6 200 000 euros à la société Fonderie GHM sous la forme d'une augmentation de capital. Le 23 juin 2016, la société Agora technologies a cédé à la société SLF l'ensemble des titres de la société Fonderie GHM, inscrits à l'actif de son bilan pour un montant brut de 9 293 000 euros, au prix d'un euro symbolique. La société Agora Technologies a soumis la moins-value en ayant résulté au régime des moins-values nettes à long terme et, en conséquence, a procédé à la réintégration extra-comptable de celle-ci, pour un montant de 9 292 999 euros. Par une réclamation du 30 décembre 2019, la société Agora Technologies a estimé avoir commis une erreur comptable en inscrivant les nouveaux titres dans un compte de titres de participation et a sollicité la restitution des cotisations d'impôt sur les sociétés qu'elle a acquittées au titre de l'année 2016, à hauteur d'un montant, en bases, de 6 199 999,33 euros correspondant à la différence entre le résultat initialement déclaré et le résultat corrigé pour tenir compte de la déduction de la moins-value dégagée à l'occasion de la cession des titres de la société Fonderie GHM reçus en contrepartie de l'augmentation de capital. Le directeur départemental des finances publiques de la Haute-Marne ayant rejeté sa réclamation, par une décision du 15 mai 2020, la société Agora Technologies demande au tribunal de prononcer la restitution, à hauteur de 2 134 866 euros, des cotisations d'impôt sur les sociétés et des contributions assimilées qu'elle a acquittées au titre de l'année 2016.
2. En vertu du I de l'article 219 du code général des impôts, le régime des plus-values et moins-values à long terme s'applique uniquement aux cessions des parts ou actions de sociétés revêtant le caractère de titres de participation, lesquels s'entendent notamment des titres de participation revêtant ce caractère sur le plan comptable. Sur le plan comptable, les titres de participation sont ceux dont la possession durable est estimée utile à l'activité de l'entreprise, notamment parce qu'elle permet d'exercer une influence sur la société émettrice des titres ou d'en assurer le contrôle. Une telle utilité peut notamment être caractérisée si les conditions d'achat ou de souscription des titres en cause révèlent l'intention de l'acquéreur d'exercer une influence sur la société émettrice et lui donnent les moyens d'exercer une telle influence. Il en résulte qu'une inscription de ces titres en comptabilité dans un compte de titres de participation, qui est commandée par le respect de la réglementation comptable à laquelle se réfère la loi fiscale, ne matérialise aucune décision de gestion de l'entreprise. Une telle écriture comptable peut, si la qualification de titres de participation retenue s'avère erronée, être corrigée tant à l'initiative de l'administration que, sous réserve que cette erreur ne revête pas un caractère délibéré, de l'entreprise.
3. La société Agora Technologies soutient que les titres de la société Fonderie GHM, acquis en 2016 suite à l'opération d'augmentation de capital ne pouvaient avoir la nature de titres de participation dès lors qu'elle n'a procédé à leur acquisition qu'en vue de permettre la cession de l'intégralité des titres qu'elle détenait au sein de la société Fonderie GHM et que, en conséquence, elle n'avait aucune intention de posséder durablement ces nouveaux titres. D'une part, la société requérante ne peut utilement se prévaloir de la décision n° 422377 du Conseil d'Etat, statuant au contentieux, du 8 novembre 2019, applicable aux seules sociétés soumises à la réglementation comptable applicable aux entreprises du secteur bancaire, au nombre desquelles elle ne figure pas. D'autre part, lorsqu'une société détient des titres de participation revêtant ce caractère sur le plan comptable et acquiert de nouveaux titres auprès de la même société émettrice, les titres acquis ultérieurement ne peuvent recevoir une qualification comptable différente des titres issus d'une acquisition antérieure. La société requérante possédait déjà des titres de la société Fonderie GHM dont il n'est pas contesté qu'ils avaient la nature de titres de participation et avaient été inscrits dans un compte de titres de participation. Par suite, les titres acquis en 2016 par la société requérante présentaient la même nature que les titres dont elle était déjà en possession au 31 décembre 2015. Il s'ensuit que la société Agora Technologies n'est pas fondée à soutenir qu'elle a commis une erreur comptable et que les titres litigieux avaient la nature de titres de placement.
4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de réduction présentées par la société Agora Technologies ne peuvent qu'être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre des frais de l'instance ne peuvent également qu'être rejetées.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de la société Agora Technologies est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société anonyme Agora Technologies et au directeur départemental des finances publiques de la Marne.
Délibéré après l'audience du 17 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Mach, présidente,
Mme Castellani, première conseillère,
M. Gauthier-Ameil, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er décembre 2022.
Le rapporteur,
Signé
F. GAUTHIER-AMEILLa présidente,
Signé
A-S. MACH
La greffière,
Signé
A. DEFORGE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026