jeudi 15 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2001548 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | PONSART |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 30 juillet 2020 et 31 mars 2021, la société par actions simplifiée Native Immobilier, représentée par Me Ponsart, demande au tribunal :
1°) de prononcer le remboursement d'une créance de crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi d'un montant de 21 378 euros au titre de l'année 2015 et de 80 890 euros au titre de l'année 2016 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a déposé ses déclarations spéciales 2069-RCI, complétées, dans le délai de réclamation ;
- le délai de réclamation pour demander le remboursement de la créance de crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi n'a commencé à courir qu'à l'expiration de la période triennale prévue à l'article 199 ter B du code général des impôts, conformément aux dispositions de l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales ;
- la direction générale des grandes entreprises a admis le remboursement de la créance de crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi à hauteur de 76 242 euros pour l'année 2015.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 30 novembre 2020 et 15 septembre 2021, le directeur départemental des finances publiques de la Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la demande de remboursement de la créance de crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi déposée par la société par actions simplifiée Native Immobilier au titre de l'année 2015 ne peut qu'être rejetée dès lors que la société Citya, qui a acquis l'intéressée au cours de l'année 2019, a elle-même admis que cette demande n'était pas fondée à hauteur de 18 338 euros et qu'elle ne pouvait être justifiée à hauteur de 3 040 euros ;
- les moyens soulevés par la société par actions simplifiée Native Immobilier ne sont pas fondés.
L'instruction a été close avec effet immédiat le 6 octobre 2022 en application des dispositions combinées des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gauthier-Ameil, conseiller,
- les conclusions de M. Torrente, rapporteur public,
- et les observations de Me Ponsart, représentant la société par actions simplifiée Native immobilier.
Considérant ce qui suit :
1. La société par actions simplifiée Native immobilier, qui exerce une activité d'agent immobilier et d'administration de biens au sein d'un groupe constitué avec la société Perou et fils et A, a sollicité, le 13 mai 2020, le remboursement d'une créance de crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi portant sur les années 2015 et 2016. Par une décision du 24 juin 2020, le directeur départemental des finances publiques de la Marne a fait partiellement droit à sa demande. La société par actions simplifiée Native Immobilier demande au tribunal de prononcer le remboursement de cette créance, à hauteur de 21 378 euros au titre de l'année 2015 et de 80 890 euros au titre de l'année 2016.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 244 quater C du code général des impôts dans sa version applicable au litige : " I.- Les entreprises () peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt ayant pour objet le financement de l'amélioration de leur compétitivité à travers notamment des efforts en matière d'investissement, de recherche, d'innovation, de formation, de recrutement, de prospection de nouveaux marchés, de transition écologique et énergétique et de reconstitution de leur fonds de roulement. () / II.- Le crédit d'impôt mentionné au I est assis sur les rémunérations que les entreprises versent à leurs salariés au cours de l'année civile. () / V.- Les organismes chargés du recouvrement des cotisations de sécurité sociale dues pour l'emploi des personnes mentionnées au I sont habilités à recevoir, dans le cadre des déclarations auxquelles sont tenues les entreprises auprès d'eux, et à vérifier, dans le cadre des contrôles qu'ils effectuent, les données relatives aux rémunérations donnant lieu au crédit d'impôt. Ces éléments relatifs au calcul du crédit d'impôt sont transmis à l'administration fiscale. / VI.- Un décret fixe les conditions d'application du présent article, notamment les obligations déclaratives incombant aux entreprises et aux organismes chargés du recouvrement des cotisations de sécurité sociale ".
3. Aux termes de l'article 49 septies Q de l'annexe III au code général des impôts : " Pour l'application des dispositions des articles 199 ter C, 220 C et 244 quater C du code général des impôts, les entreprises déclarent les réductions et crédits d'impôt selon le format établi par l'administration, dans les mêmes délais que la déclaration annuelle de résultat qu'elles sont tenues de souscrire en application des articles 53 A et 223 du code précité ". Aux termes du deuxième alinéa du 1 de l'article 223 du code général des impôts : " () la déclaration du bénéfice ou du déficit est faite dans les trois mois de la clôture de l'exercice. Si l'exercice est clos le 31 décembre ou si aucun exercice n'est clos au cours d'une année, la déclaration est à déposer jusqu'à une date fixée par décret et au plus tard le deuxième jour ouvré suivant le 1er mai ". Aux termes de l'article 344 I-0 bis de l'annexe III au même code : " La date mentionnée dans le code général des impôts () au deuxième alinéa du 1 de l'article 223 () est fixée au deuxième jour ouvré suivant le premier mai ".
4. Aux termes de l'article L. 190 du livre des procédures fiscales : " Les réclamations relatives aux impôts, contributions, droits, taxes, redevances, soultes et pénalités de toute nature, établis ou recouvrés par les agents de l'administration, relèvent de la juridiction contentieuse lorsqu'elles tendent à obtenir soit la réparation d'erreurs commises dans l'assiette ou le calcul des impositions, soit le bénéfice d'un droit résultant d'une disposition législative ou réglementaire. ". Aux termes de l'article R. 196-1 du même livre : " Pour être recevables, les réclamations relatives aux impôts autres que les impôts directs locaux et les taxes annexes à ces impôts, doivent être présentées à l'administration au plus tard le 31 décembre de la deuxième année suivant celle, selon le cas : / a) De la mise en recouvrement du rôle ou de la notification d'un avis de mise en recouvrement ; / b) Du versement de l'impôt contesté lorsque cet impôt n'a pas donné lieu à l'établissement d'un rôle ou à la notification d'un avis de mise en recouvrement ; / c) De la réalisation de l'événement qui motive la réclamation. Ne constitue pas un tel événement une décision juridictionnelle ou un avis mentionné aux troisième et cinquième alinéas de l'article L. 190. ".
5. Si les dispositions de l'article 49 septies Q de l'annexe III au code général des impôts prévoient que les entreprises déclarent les réductions et crédits d'impôt selon le format établi par l'administration, dans les mêmes délais que la déclaration annuelle de résultat, les dispositions qui prévoient que le bénéfice d'un avantage fiscal est demandé par voie déclarative n'ont, en principe, pas pour effet d'interdire au contribuable de régulariser sa situation dans le délai de réclamation prévu à l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales, sauf si la loi a prévu que l'absence de demande dans le délai de déclaration entraîne la déchéance du droit à cet avantage, ou lorsqu'elle offre au contribuable une option entre différentes modalités d'imposition dont la mise en œuvre impose nécessairement qu'elle soit exercée dans un délai déterminé.
6. Il ne résulte ni des termes de l'article 244 quater C du code général des impôts, ni de ceux de l'article 49 septies Q de l'annexe III au même code, que la déclaration d'un crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi prévue par ces dispositions doive nécessairement intervenir, à peine de déchéance du droit correspondant, avant l'expiration du délai imparti au contribuable pour souscrire sa déclaration de résultats, de sorte qu'une société peut procéder à la déclaration d'un crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi jusqu'à l'expiration du délai de réclamation prévue par l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales. Contrairement à ce que soutient l'administration en défense, ce délai devait courir, en application du c) de l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales, et non en application du b) de ce même article, à compter de " la réalisation de l'événement qui motive la réclamation ", à savoir, s'agissant du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi, la date limite prévue par l'article 49 septies Q de l'annexe III au code général des impôts, laquelle était fixée, en application de l'article 223 du code général des impôts et de l'article 344 I-0 bis de l'annexe III au même code, au 3 mai 2016 pour l'année 2015 et au 3 mai 2017 pour l'année 2016. Ainsi, la société par actions simplifiée Native Immobilier pouvait procéder à la déclaration du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi, ou à la rectification de cette déclaration, jusqu'au 31 décembre 2018 pour les dépenses engagées au titre de l'année 2015 et jusqu'au 31 décembre 2019 pour les dépenses engagées au titre de l'année 2016.
7. D'une part, il résulte de l'instruction que si la société par actions simplifiée Native Immobilier et A ont déposé au titre des années 2015 et 2016, dans les délais mentionnés au point précédent, les déclarations prévues par l'article 49 septies Q de l'annexe III au code général des impôts, celles-ci ne faisaient apparaître aucune créance de crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi. Il est constant que les déclarations dont la société requérante se prévaut, qui valent régularisation des déclarations antérieurement déposées et demande de restitution du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi, n'ont été déposées qu'au mois de mai 2020, soit après l'expiration du délai de réclamation précisé au point 6. D'autre part, et en l'absence de régularisation de ces déclarations dans ce délai, la société requérante ne peut utilement soutenir qu'à défaut d'imputation du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi sur l'impôt sur les sociétés des trois exercices suivants, elle peut présenter une demande de restitution de ce crédit d'impôt à l'expiration de cette période. Dès lors, c'est à bon droit que l'administration fiscale a estimé que la société par actions simplifiée Native Immobilier avait déclaré tardivement le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi dont elle s'estime titulaire au titre des années 2015 et 2016 et qu'elle ne disposait ainsi d'aucune créance remboursable de crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi au titre de ces deux années.
8. En second lieu, à supposer qu'en soutenant que la direction des grandes entreprises lui a accordé un remboursement d'une partie du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi dont elle s'estimait titulaire au titre de l'année 2015, la société par actions simplifiée Native Immobilier ait entendu se prévaloir des dispositions de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales, lesdites dispositions ne sauraient trouver à s'appliquer en l'absence de tout rehaussement d'impositions.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins de remboursement présentées par la société par actions simplifiée Native Immobilier ne peuvent qu'être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre des frais de l'instance doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société par actions simplifiée Native Immobilier est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée Native Immobilier et au directeur départemental des finances publiques de la Marne.
Délibéré après l'audience du 1er décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Mach, présidente,
Mme Castellani, première conseillère,
M. Gauthier-Ameil, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 décembre 2022.
Le rapporteur,
Signé
F. GAUTHIER-AMEILLa présidente,
Signé
A-S. MACH
Le greffier,
Signé
E. MOREUL
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026