LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2001643

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2001643

jeudi 17 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2001643
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantSCP ACG & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 août 2020 et 30 septembre 2022, M. et Mme A, représentés par Me Thomas, doivent être regardés comme demandant au tribunal :

1°) de prononcer la réduction de la taxe d'aménagement due à raison d'un permis de construire délivré le 12 septembre 2017 ;

2°) d'enjoindre à la direction départementale des finances publiques du Haut-Rhin de leur restituer les sommes indûment versées, augmentées des intérêts moratoires, en application des dispositions de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales, à compter du 13 février 2020, date de leur réclamation, capitalisés pour produire eux-mêmes intérêts ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la délibération du 3 novembre 2011 par laquelle la commune de Sept-Saulx a fixé à 10 % le taux majoré de la taxe d'aménagement est illégale dès lors qu'elle n'est pas motivée ;

- cette même délibération est illégale dès lors que l'instauration d'un taux majoré de 10 % n'est pas justifiée, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 331-15 du code de l'urbanisme ;

- la commune de Sept-Saulx ne pouvait faire application d'un taux de 10 % dès lors que, par délibération du 6 novembre 2014, elle a instauré un taux de 3 % sur l'ensemble du territoire de la commune, abrogeant ainsi la délibération du 3 novembre 2011 ;

- la commune de Sept-Saulx était tenue de l'abroger et de ne pas faire application de la délibération illégale du 3 novembre 2011 ; par délibération du 30 mars 2017, le conseil municipal de la commune de Sept-Saulx a supprimé le taux majoré de la taxe d'aménagement ; la liquidation de la taxe d'aménagement au taux de 10 % procède d'une erreur de droit.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 novembre 2020, le préfet de la Marne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. et Mme A ne sont pas fondés.

La requête a été communiquée à la commune de Sept-Saulx et au directeur départemental des finances publiques du Haut-Rhin, qui n'ont pas produit d'observations.

Les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions de M. et Mme A tendant à la condamnation de l'État au versement d'intérêts moratoires sur le fondement de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales, en l'absence de litige né et actuel.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Gauthier-Ameil, conseiller,

- les conclusions de M. Torrente, rapporteur public,

- et les observations de Me Thomas, représentant M. et Mme A.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 12 septembre 2017, le maire de Sept-Saulx a délivré un permis de construire à M. et Mme A pour la construction d'une maison d'habitation. Par deux titres de perception émis les 26 septembre 2018 et 2 octobre 2019, le directeur départemental des finances publiques du Haut-Rhin a mis à la charge de M. et Mme A le paiement de la somme de 8 137 euros au titre de la taxe d'aménagement afférente à ce permis de construire. M. et Mme A ont contesté ces impositions par deux réclamations des 13 février et 3 mars 2020, rejetées par deux décisions des 20 février et 5 juin 2020. M. et Mme A doivent être regardés comme demandant au tribunal de les décharger d'une somme correspondant à la différence entre le montant de la taxe d'aménagement mise à leur charge et celui résultant de l'application d'un taux de 3 % pour la part communale de cette taxe.

Sur les conclusions à fin de décharge :

2. Aux termes de l'article L. 331-6 du code de l'urbanisme, alors en vigueur : " Les opérations d'aménagement et les opérations de construction, de reconstruction et d'agrandissement des bâtiments, installations ou aménagements de toute nature soumises à un régime d'autorisation en vertu du présent code donnent lieu au paiement d'une taxe d'aménagement, () / Les redevables de la taxe sont les personnes bénéficiaires des autorisations mentionnées au premier alinéa du présent article () / Le fait générateur de la taxe est, selon les cas, la date de délivrance de l'autorisation de construire ou d'aménager () ".

3. Aux termes de l'article L. 331-1 du code de l'urbanisme : " En vue de financer les actions et opérations contribuant à la réalisation des objectifs définis à l'article L. 121-1, les communes () perçoivent une taxe d'aménagement. () ". Selon l'article L. 331-2 du même code, dans sa rédaction applicable au litige : " La part communale () de la taxe d'aménagement est instituée : / 1° De plein droit dans les communes dotées d'un plan local d'urbanisme () ". L'article L. 331-14 du même code, alors en vigueur, prévoit que : " Par délibération adoptée avant le 30 novembre, les communes () bénéficiaires de la part communale () de la taxe d'aménagement fixent les taux applicables à compter du 1er janvier de l'année suivante (). La délibération est valable pour une période d'un an. Elle est reconduite de plein droit pour l'année suivante si une nouvelle délibération n'a pas été adoptée dans le délai prévu au premier alinéa. En l'absence de toute délibération fixant le taux de la taxe, ce dernier est fixé à 1 % dans les communes () où la taxe est instituée de plein droit. () ". Enfin, aux termes de l'article L. 331-15 du même code, alors en vigueur : " Le taux de la part communale () de la taxe d'aménagement peut être augmenté jusqu'à 20 % dans certains secteurs par une délibération motivée, si la réalisation de travaux substantiels de voirie ou de réseaux ou la création d'équipements publics généraux est rendue nécessaire en raison de l'importance des constructions nouvelles édifiées dans ces secteurs. () ".

4. Par deux délibérations du 3 novembre 2011 valables pour une durée d'un an reconductible prises en application des articles L. 331-1 et suivants du code de l'urbanisme, le conseil municipal de la commune de Sept-Saulx a, d'une part, fixé à 3% le taux de la taxe d'aménagement sur l'ensemble du territoire communal et a, d'autre part, institué un taux majoré de 10% pour les secteurs UDb, NAa et NAb de la commune en raison de la nécessité de réaliser des équipements publics dans ces secteurs. Il résulte de l'instruction que, par une délibération du 6 novembre 2014, le conseil municipal de la commune de Sept-Saulx a décidé de fixer à 3% le taux de la taxe d'aménagement sur l'ensemble du territoire communal. Si le préfet de la Marne soutient que cette délibération avait uniquement pour objet de confirmer le taux normal et que la commune n'a expressément renoncé au taux majoré que par une délibération du 30 mars 2017 applicable aux opérations à compter du 1er janvier 2018, il résulte des termes mêmes de la délibération du 6 novembre 2014 que le taux de 3 % est applicable sur l'ensemble du territoire communal, sans prévoir aucune exception quant aux secteurs concernés. Dans ces conditions, M. et Mme A sont fondés à soutenir qu'à la date de la délivrance de leur permis de construire le 12 septembre 2017, le taux majoré de 10% pour le calcul de la taxe d'aménagement n'était plus en vigueur et que seul le taux de 3% était applicable à leur opération.

5. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme A sont fondés à demander la décharge de la taxe d'aménagement à laquelle ils ont été assujettis, à concurrence de la différence entre la somme de 8 137 euros mise à leur charge et le montant résultant de l'application d'un taux de 3% pour la part communale.

Sur les conclusions relatives aux intérêts moratoires :

6. En application de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales, les sommes déjà perçues sont remboursées au contribuable et donnent lieu au paiement d'intérêts moratoires dont le taux est celui de l'intérêt de retard. Les intérêts courent du jour du paiement et ne sont pas capitalisés.

7. En l'absence de litige né et actuel entre le comptable et les requérants concernant le versement des intérêts moratoires, les conclusions tendant au versement de ces intérêts et à leur capitalisation sont irrecevables et doivent être rejetées.

Sur les frais de l'instance :

8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1500 euros au titre des frais exposés par M. et Mme A et non compris dans les dépens en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : M. et Mme A sont déchargés de la différence entre le montant de la taxe d'aménagement mise à leur charge et celui résultant de l'application d'un taux de 3 % pour la part communale de cette taxe.

Article 2 : L'Etat versera à M. et Mme A une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. et Mme A est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A, au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et à la commune de Sept-Saulx.

Copie en sera adressée au préfet de la Marne et au directeur départemental des finances publiques du Haut-Rhin.

Délibéré après l'audience du 3 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Mach, présidente,

Mme Castellani, première conseillère,

M. Gauthier-Ameil, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 novembre 2022.

Le rapporteur,

Signé

F. GAUTHIER-AMEILLa présidente,

Signé

A-S. MACH

Le greffier,

Signé

E. MOREUL

Décisions similaires

TA78Plein contentieux

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076

03/08/2026

TA75Plein contentieux

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339

03/08/2026

TA59Plein contentieux

Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870

03/08/2026

TA59Plein contentieux

Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781

03/08/2026

← Retour aux décisions