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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2002387

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2002387

vendredi 8 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2002387
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantSCP SAMMUT CROON JOURNÉ-LÉAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 20 novembre 2020 et 25 février 2022, M. A B, représenté par la SELA ACG, demande au tribunal, dans le dernier état

de ses écritures :

1°) de condamner le centre hospitalier universitaire de Reims à lui verser la somme de 84 519, 38 euros en réparation des préjudices subis du fait de l'infection nosocomiale contractée au cours de l'intervention chirurgicale pratiquée au centre hospitalier universitaire de Reims le 10 mai 2010 ;

2°) d'assortir cette somme des intérêts au taux légal à compter du 28 juillet 2020 ;

3°) à titre subsidiaire, dans l'hypothèse où les pièces justificatives figurant au dossier

ne permettraient pas d'évaluer le poste de préjudice relatif à la perte de gains professionnels actuels, d'ordonner avant dire droit une expertise comptable ;

4°) de condamner le centre hospitalier universitaire de Reims aux dépens ;

5°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Reims la somme

de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

* l'infection contractée lors de l'intervention chirurgicale du 10 mai 2010 présente un caractère nosocomial, celle développée à partir du 24 novembre 2009, superficielle, ayant été définitivement traitée à cette période ;

* des dépenses de santé actuelles composées du coût d'une chambre individuelle, d'analyses en laboratoire et de soins infirmiers sont demeurées à sa charge pour un montant total de 1 502, 04 euros, dont le remboursement doit être assumé par le centre hospitalier universitaire de Reims ;

* sa situation a nécessité l'assistance d'une tierce personne dont l'indemnisation se monte à 999 euros ;

* même s'il avait pris sa retraite, il continuait à exercer son activité d'ostéopathe ;

* il a été dans l'impossibilité de travailler du 1er juillet au 31 août 2010, puis

du 7 février au 15 mai 2016 ;

* la perte de gains professionnelles actuels sera indemnisée à hauteur

de 12 878, 81 euros pour ces deux périodes, sans déduire les indemnités journalières versées

au titre d'un contrat de prévoyance ;

* en raison de la pénibilité accrue pour exercer son métier, le centre hospitalier sera condamné à lui verser la somme de 6 000 au titre de l'incidence professionnelle ;

* il a été contraint de souscrire un crédit, dont le coût s'élève à 834, 61 euros, somme que le centre hospitalier devra lui rembourser ;

* il a été contraint de se déplacer, tant pour traiter sa pathologie que pour assister aux différentes opérations d'expertise, pour un montant total de 1 799, 07 euros ;

* il a exposé des frais de reproduction de son dossier médical pour une somme

de 7 euros ;

* les frais d'expertise, mis à sa charge, devront lui être remboursés à hauteur

de 4 958 euros ;

* il a eu recours à l'assistance d'un médecin conseil dont les honoraires se sont élevés à la somme de 6 240 euros ;

* son état de santé, marqué notamment par des douleurs importantes à la hanche gauche, l'a contraint à acquérir un véhicule doté d'une boite automatique entraînant un surcoût de 1 400 euros par rapport à un véhicule à boîte mécanique ;

* le déficit fonctionnel temporaire, total et partiel, sera indemnisé à hauteur de 9 900, 80 euros ;

* les souffrances endurées, évaluées à 4/7, donneront lieu au versement

de la somme de 20 000 euros ;

* le préjudice esthétique temporaire, évalué à 2/7, sera indemnisé à hauteur

de 2 500 euros ;

* au titre du déficit fonctionnel permanent, déterminé à 5 %, il lui sera alloué une somme de 6 000 euros ;

* contrairement à ce qu'a retenu l'expert, un préjudice esthétique permanent doit être retenu, qui sera indemnisé à concurrence de 1 000 euros ;

* le préjudice d'agrément sera évalué à la somme de 10 000 euros ;

* bien que l'expert ne l'ait pas retenu, il subit un préjudice sexuel lié à une gêne positionnelle et au sentiment d'être diminué , qui sera réparé par l'allocation de la somme

de 3 000 euros.

Par un mémoire enregistré le 16 mars 2021, la caisse primaire d'assurance maladie

de la Haute-Marne conclut à ce que le centre hospitalier universitaire de Reims soit condamné

à lui verser 13 913, 04 euros au titre des prestations versées à M. B, assortis des intérêts

au taux légal à compter de la mise à disposition du jugement, 1 098 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion, et à 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par des mémoires en défense enregistrés les 17 janvier et 15 mars 2022, le centre hospitalier universitaire de Reims, représenté par Me Journé-Léau, conclut ainsi :

* donner acte qu'il s'en rapporte à prudence de justice s'agissant du principe

de la responsabilité ;

* limiter l'indemnisation de M. B à la somme totale de 33 397, 91 euros, déduction à faire de la provision de 4 500 euros ;

* limiter à 600 euros le montant à verser à la caisse primaire d'assurance maladie ;

* limiter la somme mise à sa charge au titre des frais de justice à la somme

de 1 500 euros.

Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

La clôture de l'instruction a été fixée au 28 février 2022 par une ordonnance

du 13 janvier précédent.

En application des dispositions de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, des pièces destinées à compléter l'instruction ont été demandées les 19 mai et 2 juin 2022 à M. B et à la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Marne. Seul le requérant a produit certains documents, qui ont été communiqués.

Vu :

* l'ordonnance n° 1601904 du 19 janvier 2017 du juge des référés du tribunal condamnant le centre hospitalier universitaire de Reims à payer à M. B une provision

de 4 500 euros ;

* le rapport de l'expert désigné par ordonnance n° 1700763 du 24 mai 2017 du juge des référés du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne ainsi que l'ordonnance

de taxation du 19 octobre 2017 du président du tribunal administratif ;

* les autres pièces du dossier.

Vu :

* le code de la santé publique ;

* le code de la sécurité sociale ;

* l'arrêté du 14 décembre 2021 relatif aux montants de l'indemnité forfaitaire

de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale ;

* le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

* le rapport de M. Maleyre, premier conseiller ;

* les conclusions de M. Deschamps, rapporteur public ;

* et les observations de Me Journé-Léau pour le centre hospitalier universitaire

de Reims.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, alors âgé de 62 ans, a subi, le 24 novembre 2009, une arthroplastie totale de la hanche gauche à la polyclinique des Bleuets à Reims. Le 3 février 2010, à la suite d'une luxation postéro-supérieure sur sa prothèse de hanche gauche, il s'est rendu aux urgences du centre hospitalier universitaire (CHU) de Reims où il a été pris en charge jusqu'au 6 février suivant. Le 6 mai 2010, il a été victime d'une autre luxation. Il a alors été à nouveau pris

en charge au CHU de Reims où il a subi le 10 mai suivant une intervention chirurgicale visant à changer le cotyle de sa prothèse. En raison de fièvre et de douleurs, il s'est présenté

une troisième fois aux urgences du CHU le 1er juin 2010 où un léger syndrome inflammatoire a été identifié. Les symptômes perdurant, il s'est rendu une nouvelle fois aux urgences du centre hospitalier le 14 juin suivant. Le scanner pratiqué à cette occasion a mis en évidence la présence d'un hématome de 12 cm. Le 12 juillet 2010, une ponction de hanche a été réalisée, dont

les résultats ont révélé la présence d'un staphylocoque epidermidis, fortement résistant, traité par antibiothérapie. Finalement, M. B a subi, le 8 février 2016, une reprise totale de prothèse

de hanche gauche à l'hôpital Croix Saint-Simon à Paris. M. B demande au tribunal

de condamner le CHU de Reims à lui verser la somme de 84 519, 38 euros en réparation

des préjudices qu'il estime avoir subis en raison de l'infection nosocomiale contractée au cours de l'intervention chirurgicale du 10 mai 2010.

Sur les conclusions à fin d'indemnisation :

En ce qui concerne la responsabilité du CHU de Reims :

2. Aux termes du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. / Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère () ". Doit être regardée comme présentant un caractère nosocomial au sens du second alinéa du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique une infection survenant au cours ou au décours de la prise en charge d'un patient et qui n'était ni présente, ni en incubation au début de celle-ci, sauf s'il est établi qu'elle a une autre origine que la prise en charge.

3. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport de l'expert désigné par le juge des référés du tribunal, et n'est pas contesté par le CHU de Reims, que M. B a été victime d'une infection liée à la présence d'un staphylococcus epidermidis contractée au cours

de l'opération pratiquée le 10 mai 2010 par les services du CHU de Reims en vue de remplacer le cotyle de sa prothèse de hanche gauche, à la suite d'une nouvelle luxation de celle-ci, dont

il n'apparait pas qu'elle était présente ou en incubation lorsque l'intéressé a été pris en charge antérieurement. En effet, la précédente infection survenue durant l'opération

du 24 novembre 2009, superficielle, était due à un staphylocoque doré présentant

des caractéristiques différentes et ayant été définitivement éradiqué en 2009. Cette infection, nosocomiale, est dès lors de nature à engager la responsabilité du CHU de Reims.

En ce qui concerne l'étendue de la réparation :

4. Dans le cas où une infection nosocomiale a compromis les chances d'un patient d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de cette infection et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter que ce dommage soit advenu.

La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.

5. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport de l'expert, et n'est pas contesté, que ce dernier a évalué les dommages en prenant uniquement en compte ceux ayant un lien direct et certain avec l'infection nosocomiale. Dès lors, il n'y a pas lieu d'appliquer un taux de perte de chance en l'espèce aux préjudices ainsi identifiés.

En ce qui concerne les préjudices :

6. L'expert a fixé la date de consolidation au 29 août 2017, qui n'est pas contestée.

S'agissant des préjudices patrimoniaux :

Quant aux dépenses de santé actuelles :

7. La caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de la Haute-Marne produit

un état de prestations d'hospitalisation pour la journée du 12 juillet 2010, ainsi que pour

la période allant du 7 février au 16 juin 2016 pour un montant de 13 913, 14 euros. Elle joint

une attestation d'imputabilité jusqu'au 26 février 2016, à l'instar de ce que l'expert désigné

par le juge des référés du tribunal notait dans son rapport. Cependant, malgré la demande

qui lui a été faite, la caisse n'a pas produit un nouvel état de ses débours en lien avec la seule infection nosocomiale. Dans ces conditions, n'établissant pas l'imputabilité à l'infection

du préjudice dont elle se prévaut, elle a seulement droit au remboursement de la somme

de 600 euros représentant le montant acquitté pour la journée d'hospitalisation du 12 juillet 2010. Cette somme portera intérêts à compter du 16 mars 2021, date d'enregistrement de la demande de la caisse.

8. Au titre de ce poste de préjudice, M. B demande que les frais de chambre individuelle, d'un montant de 1 245 euros pour ses séjours à l'hôpital Croix Saint-Simon à Paris du 7 au 16 février 2016 puis à la polyclinique des Bleuets à Reims du 17 au 26 février 2016, d'analyses en laboratoire pour une somme de 210 €, de soins infirmiers pour 47, 04 euros

et de transport sanitaire de Paris à Reims le 17 juin 2016 pour un montant de 139, 66 euros, demeurés à sa charge, lui soient remboursés. Si les sommes de 210 euros, de 47,04 euros

et de 139,66 euros sont en lien direct avec l'infection nosocomiale, il en va différemment

des frais de chambre individuelle qui relèvent du choix de M. B. Dès lors, l'intéressé

a seulement droit à la somme de 396, 70 euros.

Quant à l'assistance d'une tierce personne temporaire :

9. M. B sollicite la somme de 999 euros au titre de l'indemnisation de ce chef

de préjudice, qui comprend, selon lui, une période allant du 13 juillet au 31 août 2010,

puis une autre courant du 27 février au 31 mars 2016. Il résulte toutefois de l'instruction,

en particulier du rapport d'expertise ordonnée par le juge des référés du tribunal, que l'état

de santé de M. B en lien avec l'infection nosocomiale nécessite l'aide d'une tierce personne à raison d'une heure par jour pour la seule période allant du 27 février au 31 mars 2016.

Si M. B se prévaut de ce que l'expert a constaté que l'intéressé était, durant la première période, gêné " dans la vie de tous les jours, pour la conduite et les courses " et que l'expert désigné par le juge judiciaire avait retenu le besoin d'une aide de 3 heures par jour

du 13 juillet au 1er août 2010, ces éléments ne suffisent pas à établir que la nécessité

de l'aide d'une tierce personne en lien avec l'infection nosocomiale dépasserait la période courant du 27 février au 31 mars 2016 et l'heure journalière. En retenant un taux horaire

de 16 euros, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en en fixant l'évaluation

à 528 euros.

Quant à la perte de gains professionnels et l'incidence professionnelle :

10. M. B demande, en premier lieu, que le CHU de Reims soit condamné

à lui verser la somme de 9 611, 05 euros au titre des pertes de gains professionnels pour la période du 1er juillet au 31 août 2010 au cours de laquelle il n'a pas pu travailler. En dépit

de la contestation opposée en défense et de la mesure d'instruction qui a été faite, M. B n'a pas produit son avis d'impôt sur le revenu de 2007 ni n'a apporté de précisions sur un éventuel remplacement pendant cette période ou sur la perception d'indemnités journalières. Dès lors, l'intéressé n'établit pas la réalité du préjudice dont il demande l'indemnisation.

11. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction qu'avant la seconde période où il a été à nouveau contraint d'arrêter de travailler du 7 février au 15 mai 2016, M. B disposait d'un revenu moyen annuel de 63 278, 33 euros. Son arrêt de travail ayant été de 98 jours, il a subi une perte de revenus qui peut être évaluée à 16 989, 28 euros, dont il convient de soustraire

des indemnités journalières d'un montant de 8 611, 89 euros et les effets d'une convention

de rétrocession d'honoraires s'élevant à 5 634 euros. Il en résulte que M. B a subi une perte de gains professionnels sur cette période s'établissant à 2 743, 39 euros.

12. En troisième lieu, l'expert a relevé que M. B présente une fatigabilité modérée. Compte tenu du métier qu'il exerce, il sera fait une juste appréciation de l'incidence professionnelle du dommage en la fixant à 2 000 euros.

Quant aux frais d'emprunt :

13. M. B demande à ce que le CHU de Reims soit condamné à lui rembourser

la somme de 834, 61 euros représentant le coût du crédit de 10 000 euros qu'il a souscrit peu avant l'opération du 8 février 2016 afin de faire face à son absence d'activité professionnelle prolongée. Il ne résulte toutefois pas de l'instruction que cette démarche serait en lien avec

la seule infection nosocomiale, l'intéressé n'établissant pas la nécessité de souscrire un tel emprunt et ayant subi une perte de revenus limitée à la somme de 2 743, 39 euros, ainsi

qu'il a été vu au point 11.

Quant aux frais d'expertise :

14. D'une part, M. B, demande à ce que lui soit allouée la somme de 3 768 euros représentant le montant mis à sa charge de l'expertise ordonnée par le juge judiciaire. Il résulte de l'instruction que cette expertise, à laquelle l'expert désigné par le juge des référés du tribunal a pu se référer dans son rapport, présente un caractère d'utilité. Il y a donc lui de lui octroyer cette somme.

15. D'autre part et en revanche, le requérant ne peut demander la somme

de 1 190 euros représentant les frais de l'expertise ordonnée par le tribunal au stade de l'indemnisation de ses différents postes de préjudices, celle-ci se rattachant aux dépens.

Quant au frais divers :

16. En premier lieu, M. B justifie de la somme de 7 euros de reproduction

de son dossier médical.

17. En deuxième lieu, M. B justifie également ses frais de déplacement pour

des consultations pré et post opératoires ainsi que pour les réunions d'expertise. Il a ainsi droit à la somme de 1 659, 41 euros qu'il demande.

18. En troisième lieu, M. B demande le remboursement des honoraires

du médecin conseil auquel il a eu recours pour un montant de 6 240 euros. Il résulte

de l'instruction, notamment des notes d'honoraires fournies par M. B, qui détaillent

les prestations réalisées par ce médecin, que ce dernier a en particulier délivré une consultation médico-légale et l'a accompagné et assisté au différentes réunions d'expertise,

ce qui lui a permis de mieux faire valoir ses droits auprès du centre hospitalier. Il y a lieu

de mettre à la charge de ce dernier ces frais.

19. Si M. B demande l'allocation de la somme de 1 400 euros liée au surcoût d'une voiture dotée d'une boîte automatique par comparaison à celle équipée d'une boîte mécanique en se fondant sur les constatations de l'expert désigné par le tribunal selon lesquelles il y subi une " recrudescence des phénomènes douloureux " et qu'il a eu besoin " d'une aide pour la conduite ", ce dernier n'a pas retenu l'existence d'un tel préjudice et le requérant ne démontre pas qu'il serait en lien avec l'infection. Dès lors, la somme demandée par M. B ne saurait lui être accordée.

20. Il résulte de ce qui précède, d'une part, que la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Marne a droit au remboursement de la somme de 600 euros, qui portera intérêts

à compter du 16 mars 2021. D'autre part, Le CHU de Reims versera à M. B la somme

de 17 342, 50 euros.

S'agissant des préjudices personnels :

Quant aux préjudices temporaires :

21. Le déficit fonctionnel temporaire subi par M. B et imputable à l'infection nosocomiale, a été, selon l'expert, total le 12 juillet 2010, ainsi que du 7 au 26 février 2016, soit pendant 21 jours. Ensuite, l'expert identifie six périodes où il a été partiel : du 1er au 11 juillet, puis du 13 juillet au 31 août 2010, et du 27 février au 31 mars 2016 au taux de 25 %,

du 1er janvier 2013 au 6 février 2016, puis du 1er avril au 15 mai de la même année au taux

de 15 % et, enfin, du 1er septembre 2010 jusqu'au 31 décembre 2012 ainsi que du 16 mai 2016 au 28 août 2017 au taux de 10 %. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice

en allouant à M. B la somme de 5 874 euros à ce titre.

22. L'expert a évalué les souffrances endurées par M. B à 4 sur 7. Il sera fait

une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant à 7 000 euros.

23. Le préjudice esthétique temporaire du requérant a été évalué à 2 sur 7 par l'expert, en raison d'une boiterie, de pansements prolongés et du port d'une canne résultant de la reprise chirurgicale totale de sa prothèse en lien avec l'infection nosocomiale. Il sera fait une juste appréciation de l'indemnisation de ce chef de préjudice en l'évaluant à la somme de 600 euros.

24. Il résulte de ce qui précède, que les préjudices personnels temporaires de M. B doivent être évalués à la somme de 13 474 euros.

Quant aux préjudices permanents :

25. Le déficit fonctionnel permanent de M. B a été fixé par l'expert

à 5 %. L'intéressé étant âgé de 70 ans à la date de consolidation, la réparation de ce poste

de préjudice sera fixée à la somme de 5 100 euros.

26. Les difficultés pour les sorties prolongées, notamment pour la visite des musées, ainsi que l'appréhension qui le conduit à renoncer à la pratique du ski et de la plongée causent

un préjudice d'agrément à M. B dont l'indemnisation sera fixée à 500 euros.

27. Si M. B sollicite l'octroi des sommes de 1 000 et 3 000 euros en réparation des préjudices esthétique permanent et sexuel, aux motifs qu'il éprouverait un léger boitement pour le premier et une diminution de la flexion au niveau de la hanche à l'origine d'une gêne positionnelle ainsi qu'une altération de sa libido en raison d'un sentiment de diminution, l'expert n'a pas retenu de tels préjudices et les seules affirmations peu circonstanciées du requérant

ne permettent pas d'infirmer son analyse et de retenir l'existence de tels préjudices.

28. Il résulte de ce qui précède que le CHU de Reims sera condamné à verser

à M. B la somme de 5 600 euros.

29. Il résulte de tout ce qui précède, d'une part, que le CHU de Reims doit être condamné à payer à M. B une indemnité de 36 416, 50 euros, déduction à faire

de la provision de 4 500 euros allouée par le juge des référés et, d'autre part, à son organisme

de sécurité sociale, la somme de 600 euros, laquelle portera intérêts à compter du 16 mars 2021.

Sur les intérêts :

30. La somme de 36 416, 50 euros que le CHU de Reims est condamné à verser M. B portera en l'espèce intérêts à compter de la date à laquelle a été adressée la demande indemnitaire préalable, soit le 28 juillet 2018.

Sur l'indemnité forfaitaire de gestion :

31. En application de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale

et de l'article 1er de l'arrêté du 14 décembre 2021, il y a lieu d'allouer à la caisse la somme

de 1 114 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Sur les dépens :

32. Les frais de l'expertise ordonnée par le juge des référés, liquidés et taxés

à la somme de 1 190 euros par une ordonnance du 19 octobre 2017, sont mis à la charge définitive du CHU de Reims.

Sur les frais liés au litige :

33. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la CPAM de la Haute-Marne présentées sur le fondement des dispositions de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, en revanche, de faire application

de ces dispositions et de mettre à la charge du CHU de Reims une somme de 1 500 euros

au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Le centre hospitalier universitaire de Reims est condamné à verser à M. B

la somme de 36 416, 50 euros, dont il sera déduit la provision de 4 500 euros allouée par le juge des référés. Cette somme portera intérêt à compter du 28 juillet 2018.

Article 2 : Le centre hospitalier universitaire de Reims est condamné à payer à la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Marne la somme de 600 euros, qui portera intérêts à compter

du 16 mars 2021, ainsi que la somme de 1 114 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Article 3 : Les frais de l'expertise liquidés et taxés à la somme de 1 190 euros

par une ordonnance du 19 octobre 2017, sont mis à la charge définitive du centre hospitalier universitaire de Reims.

Article 4 : Le centre hospitalier universitaire de Reims versera à M. B la somme

de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au centre hospitalier universitaire de Reims, à la caisse primaire d'assurance maladie de la Marne, à la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Marne et au pôle national recours contre tiers des travailleurs indépendants près la caisse primaire d'assurance maladie du Puy de Dôme.

Délibéré après l'audience du 24 juin 2022, à laquelle siégeaient :

M. Cristille, président,

M. Maleyre, premier conseiller,

M. Herzog, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2022.

Le rapporteur,

signé

P.H. MALEYRELe président,

signé

P. CRISTILLE

Le greffier,

signé

A. PICOT

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TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

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