jeudi 13 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2100456 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | PONSART |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 23 février 2021 et le 12 mars 2021, Mme B A, représentée par Me Ponsart, demande au tribunal :
1°) de prononcer la réduction des cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2017 et 2018 ;
2°) de prononcer la décharge des pénalités correspondant aux cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2017 et 2018 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a supporté des frais liés à l'emprunt souscrit sur le bien immobilier dont elle a tiré des revenus fonciers et qu'elle a omis de déclarer en charge, de sorte qu'il convient d'en réduire la base imposable pour 2017 et 2018 ;
- les pénalités pour manquement délibéré correspondant aux revenus fonciers ne sont pas fondées compte tenu du montant de l'omission ;
- les pénalités pour manquement délibéré correspondant à l'investissement de 2011 ne sont pas fondées, dès lors qu'elle s'est bornée à déclarer la somme initialement investie de manière identique aux années 2014 à 2016 qui n'avaient pas donné lieu à une réduction d'impôt supplémentaire en 2015 et 2016, de sorte que la mauvaise compréhension de l'administration sur les années en litige ne lui est pas imputable et dès lors qu'il ne peut lui être reproché de ne pas s'être manifestée alors qu'elle recevait un avis d'imposition comportant une somme à payer inférieure.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 septembre 2021, le directeur départemental des finances publiques de la Marne conclut à ce qu'un non-lieu partiel soit prononcé et au rejet du surplus de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions afférentes à la déductibilité des intérêts d'emprunt sont irrecevables, en ce qu'elles n'ont pas été précédées d'une réclamation préalable ;
- une réduction de ces impositions a été opérée à hauteur de 1 643 euros en droits et pénalités, de sorte que la requête a perdu son objet dans cette mesure ;
- la pénalité pour manquement délibéré est fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Castellani, première conseillère,
- les conclusions de M. Torrente, rapporteur public,
- et les observations de Me Ponsart, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a fait l'objet d'un contrôle sur pièces portant sur ses revenus au titre des années 2017 et 2018, à la suite duquel des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux ont été mis à sa charge, outre les pénalités correspondantes, pour des montants respectifs de 2 606 euros et 10 599 euros. Elle demande, d'une part, la réduction de ces cotisations et, d'autre part, la décharge des pénalités correspondant à ces cotisations.
Sur l'étendue du litige :
2. Mme A sollicite, d'une part, la réduction des cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2017 et 2018 en sollicitant la déduction des frais qu'elle a supportés liés à l'emprunt souscrit sur le bien immobilier dont elle a tiré des revenus fonciers et qu'elle a omis de déclarer en charges pour des montants de 1 431 euros et 1 304 euros et, d'autre part, la décharge des pénalités pour manquement délibéré appliquées au redressement afférent aux revenus fonciers perçus en 2017 et 2018 pour des montants de 1 221 euros et 1 235 euros qu'elle a omis de déclarer. Par décision du 2 septembre 2021, postérieure à l'introduction de la requête, le directeur départemental des finances publiques de la Marne a prononcé le dégrèvement, en droits et pénalités, à concurrence d'une somme de 1 643 euros des cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvement sociaux auxquelles Mme A a été assujettie au titre des années 2017 et 2018. Il n'est pas contesté par la requérante que, ainsi que l'indique l'administration, le dégrèvement ainsi prononcé correspond aux montants réclamés au titre des frais financiers et au montant des pénalités correspondantes aux cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux afférentes aux rehaussements de revenus fonciers. Par suite, les conclusions de la requête de Mme A relatives à cette imposition, sur la recevabilité desquelles il n'y a pas lieu de se prononcer, sont, dans cette mesure, devenues sans objet.
Sur le surplus des conclusions aux fins de décharge :
3. D'une part, aux termes de l'article 199 septvicies du code général des impôts : " I. - 1. Les contribuables domiciliés en France au sens de l'article 4 B qui acquièrent, entre le 1er janvier 2009 et le 31 décembre 2012, un logement neuf ou en l'état futur d'achèvement bénéficient d'une réduction d'impôt sur le revenu à condition qu'ils s'engagent à le louer nu à usage d'habitation principale pendant une durée minimale de neuf ans. () VIII. - La réduction d'impôt est applicable, dans les mêmes conditions, à l'associé d'une société civile de placement immobilier régie par les articles L. 214-114 et suivants du code monétaire et financier dont la quote-part de revenu est, en application de l'article 8, soumise en son nom à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des revenus fonciers. / Le taux de la réduction d'impôt est de : () / - 13 % pour les souscriptions réalisées en 2011 ; / Toutefois, lorsque 95 % de la souscription sert exclusivement à financer les logements mentionnés au cinquième alinéa du IV ce taux est porté à 22 % (). / La réduction d'impôt est répartie sur neuf années. Elle est accordée au titre de l'année de la souscription et imputée sur l'impôt dû au titre de cette même année puis sur l'impôt dû au titre de chacune des huit années suivantes à raison d'un neuvième de son montant total au titre de chacune de ces années. () ".
4. D'autre part, aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré () ".
5. Pour établir l'existence d'un manquement délibéré, l'administration doit apporter la preuve, d'une part, de l'insuffisance, de l'inexactitude ou du caractère incomplet des déclarations et, d'autre part, de l'intention de l'intéressé d'éluder l'impôt. Pour établir le caractère intentionnel du manquement du contribuable à son obligation déclarative, l'administration doit se placer au moment de la déclaration ou de la présentation de l'acte comportant l'indication des éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt.
6. Pour motiver l'application de la pénalité de 40% pour manquement délibéré prévue à l'article 1729 du code général des impôts, l'administration s'est fondée sur la circonstance que Mme A, qui a, en sa qualité d'associée de la SCPI Ciloger Habitat 2 dont elle détient 84 parts, déclaré au titre de l'année 2011 un montant de 50 400 euros à raison d'un investissement réalisé en octobre 2011 et a, à ce titre, bénéficié d'une réduction d'impôt de 1 232 euros, répartie sur neuf années, de 2011 à 2019, a de nouveau porté sur ses déclarations de revenus à compter de l'année 2014 l'indication de ce qu'elle avait réalisé un investissement de 50 400 euros en 2011 et bénéficié à tort d'une réduction d'impôt supplémentaire de 1 232 euros au titre des années 2015 à 2017 et de 12 000 euros au titre de l'article 2018 alors que les sommes de 50 400 euros ainsi déclarées au titre des années 2014 à 2018 correspondent à l'unique investissement qui a été réalisé et déclaré en 2011. Mme A soutient, d'une part, que l'omission déclarative de ses revenus fonciers porte sur des sommes peu importantes et, d'autre part, qu'elle avait mentionné de manière identique la somme de 50 400 euros correspondant au montant de l'investissement locatif sur ses déclarations de revenus au titre des années 2014 à 2016 sans que cette mention n'ait donné lieu à une réduction d'impôt supplémentaire par l'administration. Toutefois, alors qu'elle s'était bornée à déclarer le montant des reports de réduction auxquels son investissement initial lui donnait droit au titre des années 2012 et 2013, il est constant qu'elle a modifié sa pratique déclarative en 2014, en indiquant à nouveau avoir réalisé un investissement en 2011, qui a généré dès 2014 une réduction d'impôt supplémentaire indue. Eu égard au caractère réitéré des déclarations erronées ayant donné lieu à un avantage fiscal indu de 2014 à 2018 dont Mme A ne pouvait ignorer le montant, l'administration établit que ces inexactitudes avaient, à la date à laquelle elles ont été commises et pour chacune des deux années en litige, un caractère délibéré.
7. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander la décharge du surplus des pénalités qui lui ont été infligées au titre des années 2017 et 2018.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par Mme A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme A, à concurrence du dégrèvement de 1 643 euros, en droits et pénalités, de cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux prononcé au titre des années 2017 et 2018.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au directeur départemental des finances publiques de la Marne.
Délibéré après l'audience du 30 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Mach, présidente,
Mme Castellani, première conseillère,
M. Gauthier-Ameil, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 avril 2023.
La rapporteure,
signé
A.-C. CASTELLANI
La présidente,
signé
A.-S. MACHLe greffier,
signé
E. MOREUL
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026