jeudi 3 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2100797 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELAS AVOCATS PICOVSCHI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire ainsi que des pièces complémentaires, enregistrés le 9 avril 2021, le 22 avril 2021 et le 4 avril 2022, la société à responsabilité limitée JB Express, représentée par Me Picovschi, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2014 et 2015, ainsi que de l'amende fiscale mise à sa charge au titre de l'année 2015 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête n'est pas tardive ; la personne ayant signé l'accusé de réception du courrier contenant la décision de l'administration statuant sur sa réclamation préalable n'est pas le gérant, M. A C ; ce dernier, en raison de la pandémie de la covid-19 était régulièrement absent et ne relevait le courrier de la société qu'une fois par semaine ; M. C n'a pris connaissance du courrier que le 11 février 2021, date qui doit, dès lors, être retenue comme date effective du distribution du courrier ;
- la réalité des prestations facturées par M. D B a été établie ; la cour administrative d'appel de Nancy a prononcé la décharge des impositions supplémentaires en ayant résulté au titre des années 2012 et 2013 ; la même analyse s'applique à l'ensemble des autres sous-traitants ;
- l'absence de validité du numéro de TVA intra-communautaire des sociétés sous-traitantes ne saurait établir l'absence de réalité des prestations facturées ;
- la réalité des prestations facturées par la société Atlanta concept est établie au vu des libellés portés sur les factures ainsi que sur les lettres de voiture ; la circonstance que les factures ont été payées en espèces et que cette société a été radiée d'office en 2016 est sans incidence sur la réalité des prestations ; la cour administrative d'appel de Nancy a prononcé la décharge d'impositions similaires, notifiées au titre des années 2012 et 2013 ;
- la circonstance que la société Ferra services était en situation de défaillance déclarative auprès des autorités belges ne saurait lui être reproché ; cette société était en activité en 2014 et 2015 ; son siège social correspond à celui porté sur les factures produites ; la nature ainsi que le détail, par zone géographique, de chaque trajet est produit à l'appui des factures et de lettres de voiture ;
- la société Bauflex swiss distribution était en activité au cours de la période en litige, quand bien même elle n'existerait plus désormais ; la circonstance que le chauffeur de cette société utilisait un véhicule appartenant à la société JB Express est sans incidence sur la réalité des prestations ; celles-ci sont justifiées, par date, par zone géographique et par quantité transportée ;
- l'application de l'amende prévue par les dispositions de l'article 1759 du code général des impôts n'est pas justifiée ;
- l'application de la majoration pour manquement délibéré n'est pas justifiée.
Par trois mémoires en défense, enregistrés les 5 octobre 2021, 11 janvier 2022 et 26 avril 2022, l'administratrice générale des finances publiques chargée de la direction spécialisée de contrôle fiscal Est conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- le litige doit être limité aux sommes de 47 076 euros en droits et de 24 668 euros en pénalités pour l'année 2014, de 32 704 euros en droits et de 15 959 euros en pénalités pour l'année 2015 ainsi que de 98 110 euros s'agissant des amendes mises à la charge de la société JB Express au titre de l'année 2015 ;
- la requête présentée par la société JB Express est tardive ; le courrier contenant la décision du 29 janvier 2021 statuant sur sa réclamation préalable a été régulièrement distribué le 2 février 2021 de sorte que le délai de recours contentieux expirait le 5 avril 2021 ;
- la société JB Express supporte la charge de la preuve de la déductibilité des charges litigieuses dès lors que le caractère probant des factures produites est utilement remis en cause ; s'agissant de l'année 2015, la société JB Express supporte la charge de la preuve du caractère exagéré des impositions en application des dispositions de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales ;
- les moyens soulevés par la société JB Express ne sont pas fondés.
L'instruction a été close avec effet immédiat le 31 août 2022 en application des dispositions combinées des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gauthier-Ameil, conseiller,
- et les conclusions de M. Torrente, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL JB Express, qui exerce une activité de transport de proximité, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur les années 2014 et 2015. Par deux propositions de rectification des 6 décembre 2017 et 14 juin 2018, le service lui a notifié des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre des années 2014 et 2015. La société JB Express a contesté ces impositions supplémentaires par une réclamation du 29 juillet 2020, qui a fait l'objet d'une décision d'admission partielle le 29 janvier 2021. La SARL JB Express demande au tribunal de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des impositions supplémentaires d'impôt sur les sociétés ainsi que des amendes fiscales auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2014 et 2015.
2. Aux termes de l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales : " Le contribuable qui désire contester tout ou partie d'un impôt qui le concerne doit d'abord adresser une réclamation au service territorial, selon le cas, de l'administration des impôts ou de l'administration des douanes et droits indirects dont dépend le lieu de l'imposition () / Lorsque l'imposition contestée a été établie à l'initiative () d'une direction spécialisée () la réclamation est adressée au directeur chargé de cette direction () ". Aux termes de l'article R. 198-10 du même livre : " Le service compétent pour statuer sur une réclamation est celui à qui elle doit être adressée en application de l'article R. 190-1. La direction générale des finances publiques ou la direction générale des douanes et droits indirects, selon le cas, statue sur les réclamations dans le délai de six mois suivant la date de leur présentation. () Les décisions de l'administration sont notifiées dans les mêmes conditions que celles prévues pour les notifications faites au cours de la procédure devant le tribunal administratif ". Aux termes de l'article R. 199-1 du même livre : " L'action doit être introduite devant le tribunal compétent dans le délai de deux mois à partir du jour de la réception de l'avis par lequel l'administration notifie au contribuable la décision prise sur la réclamation () ".
3. Lorsque le contribuable soutient que l'avis de réception d'un pli recommandé portant notification, à l'adresse qu'il a lui-même indiquée à l'administration, du rejet de sa réclamation contentieuse n'a pas été signé par lui, il lui appartient d'établir que le signataire de l'avis n'avait pas qualité pour recevoir le pli dont il s'agit.
4. Il résulte de l'instruction, et n'est pas contesté, que la décision du 29 janvier 2021 rejetant partiellement la réclamation de la société JB Express, comporte la mention des voies et délais de recours et a été notifiée par lettre recommandée avec accusé de réception. Il ressort des mentions figurant sur l'accusé de réception retourné à la direction spécialisée de contrôle fiscal Est que le pli a été présenté au siège de la société et distribué le 2 février 2021 et qu'une signature manuscrite y a été apposée. Si la société JB Express soutient, d'une part, que cette signature n'est pas celle de M. A C, son gérant, et, d'autre part, qu'en raison de l'épidémie de covid-19, une personne réceptionnait le courrier de l'ensemble des sociétés exerçant sur le site et que M. C, qui devait s'absenter régulièrement, ne prenait connaissance du courrier qu'une fois par semaine, elle n'apporte aucune précision quant à l'identité de la personne qui a accusé réception de ce courrier et n'établit, ni même n'allègue, que celle-ci n'avait pas qualité pour recevoir ce pli. Dans ces conditions, et alors même que M. C n'aurait pris effectivement connaissance de la décision d'admission partielle que le 11 février 2021, le délai de deux mois prévu par les dispositions de l'article R. 199-1 du livre des procédures fiscales a commencé à courir à compter du 3 février 2021. Par suite, la requête de la société JB Express, qui a été enregistrée au greffe du tribunal le 9 avril 2021, postérieurement au délai de recours contentieux qui expirait, en l'espèce, le 6 avril 2021, est tardive. La fin de non-recevoir opposée par l'administration en défense doit, dès lors, être accueillie.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête présentée par la société JB Express doit être rejetée.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de la SARL JB Express est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée JB Express et à l'administratrice générale des finances publiques chargée de la direction spécialisée de contrôle fiscal Est.
Délibéré après l'audience du 13 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Mach, présidente,
Mme Castellani, première conseillère,
M. Gauthier-Ameil, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 novembre 2022.
Le rapporteur,
Signé
F. GAUTHIER-AMEILLa présidente,
Signé
A-S. MACH
La greffière,
Signé
A. DEFORGE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026