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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2100798

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2100798

jeudi 3 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2100798
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantSELAS AVOCATS PICOVSCHI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 9 avril 2021 et le 4 avril 2022, M. A C représenté par Me Picovschi, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2014 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête n'est pas tardive ; il n'est pas la personne ayant signé l'accusé de réception du courrier contenant la décision de l'administration statuant sur sa réclamation préalable ; en raison de la pandémie de la covid-19, il était régulièrement absent et ne relevait son courrier qu'une fois par semaine ; il n'a pris connaissance du courrier que le 11 février 2021, date qui doit, dès lors, être retenue comme date effective de distribution du courrier ;

- les revenus regardés comme distribués ne sont pas justifiés dès lors que les charges correspondantes étaient bien déductibles par la société JB Express ;

- la réalité des prestations facturées à la société JB Express, dont il était gérant, par M. D B a été établie ; la cour administrative d'appel de Nancy a prononcé la décharge des impositions supplémentaires en ayant résulté au titre des années 2012 et 2013 ; la même analyse s'applique à l'ensemble des autres sous-traitants ;

- l'absence de validité du numéro de TVA intra-communautaire des sociétés sous-traitantes de la société JB Express ne saurait établir l'absence de réalité des prestations facturées ;

- la réalité des prestations facturées par la société Atlanta concept à la société JB Express est établie au vu des libellés portés sur les factures ainsi que sur les lettres de voiture ; la circonstance que les factures ont été payées en espèces et que cette société a été radiée d'office en 2016 sont sans incidence sur la réalité des prestations ; la cour administrative d'appel de Nancy a prononcé la décharge d'impositions similaires, notifiées au titre des années 2012 et 2013 ;

- la circonstance que la société Ferra services était en situation de défaillance déclarative auprès des autorités belges ne saurait lui être reproché ; cette société était en activité en 2014 et 2015 ; son siège social correspond à celui porté sur les factures produites ; la nature ainsi que le détail, par zone géographique, de chaque trajet est produit à l'appui des factures et de lettres de voiture ;

- la société Bauflex swiss distribution était en activité au cours de la période en litige, quand bien même elle n'existerait plus aujourd'hui ; la circonstance que le chauffeur de cette société utilisait un véhicule appartenant à la société JB Express est sans incidence quant à la réalité des prestations ; celles-ci sont justifiées, par date, par zone géographique et par quantité transportée ;

- la majoration de 1,25 prévue au premier alinéa du 7 de l'article 158 du code général des impôts n'est pas applicable aux contributions sociales, en application de la décision du Conseil constitutionnel n° 2016-610 QPC du 10 février 2017 ;

- l'application de la majoration pour manquement délibéré n'est pas justifiée.

Par trois mémoires en défense, enregistrés les 5 octobre 2021, 11 janvier 2022 et 26 avril 2022, l'administratrice générale des finances publiques chargée de la direction spécialisée de contrôle fiscal Est conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la requête présentée par M. C est tardive ; le courrier contenant la décision du 29 janvier 2021 statuant sur sa réclamation préalable a été régulièrement distribué le 30 janvier 2021 de sorte que le délai de recours contentieux expirait le 31 mars 2021 ;

- la majoration de 1,25 n'a pas été appliquée aux contributions sociales ;

- les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

L'instruction a été close avec effet immédiat le 31 août 2022 en application des dispositions combinées des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Gauthier-Ameil, conseiller,

- et les conclusions de M. Torrente, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La SARL JB Express, dont M. C est gérant et associé, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur les années 2014 et 2015. L'administration a tiré les conséquences de ce contrôle et, par une proposition de rectification du 7 décembre 2017, a notifié à M. C des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales au titre de l'année 2014. M. C a contesté ces impositions supplémentaires par une réclamation du 29 juillet 2020 qui a fait l'objet d'une décision d'admission partielle le 29 janvier 2021. M. C demande au tribunal de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des impositions supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2014.

2. Aux termes de l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales : " Le contribuable qui désire contester tout ou partie d'un impôt qui le concerne doit d'abord adresser une réclamation au service territorial, selon le cas, de l'administration des impôts ou de l'administration des douanes et droits indirects dont dépend le lieu de l'imposition () / Lorsque l'imposition contestée a été établie à l'initiative () d'une direction spécialisée () la réclamation est adressée au directeur chargé de cette direction () ". Aux termes de l'article R. 198-10 du même livre : " Le service compétent pour statuer sur une réclamation est celui à qui elle doit être adressée en application de l'article R. 190-1. La direction générale des finances publiques ou la direction générale des douanes et droits indirects, selon le cas, statue sur les réclamations dans le délai de six mois suivant la date de leur présentation. () Les décisions de l'administration sont notifiées dans les mêmes conditions que celles prévues pour les notifications faites au cours de la procédure devant le tribunal administratif ". Aux termes de l'article R. 199-1 du même livre : " L'action doit être introduite devant le tribunal compétent dans le délai de deux mois à partir du jour de la réception de l'avis par lequel l'administration notifie au contribuable la décision prise sur la réclamation () ".

3. Lorsque le contribuable soutient que l'avis de réception d'un pli recommandé portant notification, à l'adresse qu'il a lui-même indiquée à l'administration, du rejet de sa réclamation contentieuse n'a pas été signé par lui, il lui appartient d'établir que le signataire de l'avis n'avait pas qualité pour recevoir le pli dont il s'agit.

4. Il résulte de l'instruction, et n'est pas contesté que la décision du 29 janvier 2021 rejetant partiellement la réclamation de M. C, comporte la mention des voies et délais de recours et a été notifiée par lettre recommandée avec accusé de réception. Il ressort des mentions figurant sur l'accusé de réception retourné à la direction spécialisée de contrôle fiscal Est que le pli a été présenté à l'adresse du requérant et distribué le 30 janvier 2021 et qu'une signature manuscrite y a été apposée. Si M. C soutient que cette signature n'est pas la sienne et qu'en raison de l'épidémie de covid-19, il devait s'absenter régulièrement et ne prenait connaissance de son courrier qu'une fois par semaine, il n'apporte aucune précision quant à l'identité de la personne qui a accusé réception de ce courrier et n'établit, ni même n'allègue, que celle-ci n'avait pas qualité pour recevoir ce pli. Dans ces conditions, et alors même que M. C n'aurait pris effectivement connaissance de la décision d'admission partielle que le 11 février 2021, le délai de deux mois prévu par les dispositions de l'article R. 199-1 du livre des procédures fiscales a commencé à courir à compter du 31 janvier 2021. Par suite, la requête de M. C, qui a été enregistrée au greffe du tribunal le 9 avril 2021, postérieurement au délai de recours contentieux qui expirait, en l'espèce, le 31 mars 2021, est tardive. La fin de non-recevoir opposée par l'administration en défense doit, dès lors, être accueillie.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées par M. C ne peuvent qu'être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre des frais de l'instance doivent également être rejetées.

D E C I D E:

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à l'administratrice générale des finances publiques chargée de la direction spécialisée de contrôle fiscal Est.

Délibéré après l'audience du 13 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Mach, présidente,

Mme Castellani, première conseillère,

M. Gauthier-Ameil, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 novembre 2022.

Le rapporteur,

Signé

F. GAUTHIER-AMEILLa présidente,

Signé

A-S. MACH

La greffière,

Signé

A. DEFORGE

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