jeudi 22 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2100800 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | DYMARSKI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées le 12 avril 2021 et le 1er mars 2022, M. B A, représenté par Me Dymarski, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de contributions sociales et des pénalités correspondantes, auxquelles il a été assujetti au titre des années 2010 à 2015 ;
2°) de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée et des pénalités correspondantes qui lui ont été réclamés pour la période du 1er janvier 2010 au 31 décembre 2015.
Il soutient que :
- il n'a pas perçu de bénéfices non commerciaux en qualité d'apporteur d'affaires au titre des années 2010 à 2015 ;
- la mise à disposition d'un véhicule de fonction par la société Mr Courtage ne consiste pas en une recette payée en nature, dès lors qu'elle ne venait pas en déduction de dettes, ce qu'impose le BOI-BNC-BASE-20-10-10.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 octobre 2021, l'administratrice générale des finances publiques chargée de la direction spécialisée de contrôle fiscal-Est conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable, en ce qu'elle porte sur les revenus tirés de l'activité de détournement de fonds et sur l'amende pour détention de compte bancaire non déclarée ;
- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Castellani, première conseillère,
- et les conclusions de M. Torrente, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite de l'exercice du droit de communication auprès de l'autorité judiciaire qui avait condamné M. A pour escroqueries en récidive légale et tentative d'escroquerie en récidive légale, l'administration fiscale a procédé à deux vérifications de comptabilité pour des activités occultes de détournement de fonds et d'apporteur d'affaires, à un contrôle sur pièces au titre des années 2010 à 2013 et à un examen fiscal de sa situation personnelle au titre des années 2014 et 2015. Les bénéfices non commerciaux et les rappels de taxe sur la valeur ajoutée afférents à l'activité d'apporteur d'affaires ont été évalués d'office, par deux propositions de rectification portant, d'une part, sur les années 2010 à 2013 et, d'autre part, sur les années 2014 et 2015. L'administration a en outre évalué d'office les bénéfices non commerciaux tirés de l'activité de détournement de fonds, et enfin, par une quatrième proposition de rectification, a évalué d'office l'ensemble des bénéfices non commerciaux au titre des années 2014 et 2015 et a infligé à M. A une amende pour détention de compte à l'étranger non déclarée. L'administration ayant maintenu les rehaussements, s'élevant à 171 983 euros en droits et 171 026 euros en pénalités, M. A a introduit une réclamation le 8 avril 2020, portant sur les seuls rehaussements découlant de l'activité d'apporteur d'affaires. Il doit ainsi être regardé comme ne demandant la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de contributions sociales et des pénalités correspondantes, auxquelles il a été assujetti au titre des années 2010 à 2015, et la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée et des pénalités correspondantes qui lui ont été réclamés pour la période du 1er janvier 2010 au 31 décembre 2015, que dans cette seule mesure.
Sur le bien-fondé des impositions :
En ce qui concerne la loi fiscale :
2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article 92 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme provenant de l'exercice d'une profession non commerciale ou comme revenus assimilés aux bénéfices non commerciaux, les bénéfices des professions libérales, des charges et offices dont les titulaires n'ont pas la qualité de commerçants et de toutes occupations, exploitations lucratives et sources de profits ne se rattachant pas à une autre catégorie de bénéfices ou de revenus. () ". Aux termes de l'article 93 du même code : " 1. Le bénéfice à retenir dans les bases de l'impôt sur le revenu est constitué par l'excédent des recettes totales sur les dépenses nécessitées par l'exercice de la profession. Sous réserve des dispositions de l'article 151 sexies, il tient compte des gains ou des pertes provenant soit de la réalisation des éléments d'actif affectés à l'exercice de la profession, soit des cessions de charges ou d'offices, ainsi que de toutes indemnités reçues en contrepartie de la cessation de l'exercice de la profession ou du transfert d'une clientèle () ". L'article 97 du même code dispose : " Les contribuables soumis obligatoirement ou sur option au régime de la déclaration contrôlée sont tenus de souscrire chaque année, dans des conditions et délais prévus aux articles 172 et 175, une déclaration dont le contenu est fixé par décret ". L'article L. 73 du livre des procédures fiscales dispose : " Peuvent être évalués d'office : () / 2° Le bénéfice imposable des contribuables qui perçoivent des revenus non commerciaux ou des revenus assimilés lorsque la déclaration annuelle prévue à l'article 97 du code général des impôts n'a pas été déposée dans le délai légal () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 269 du code général des impôts : " 1 Le fait générateur de la taxe se produit : / a) Au moment où la livraison, l'acquisition intracommunautaire du bien ou la prestation de services est effectué ; / () 2. La taxe est exigible : / () c) Pour les prestations de services autres que celles visées au b bis, lors de l'encaissement des acomptes, du prix, de la rémunération ou, sur option du redevable, d'après les débits () ".
4. Pour estimer que M. A avait exercé une activité occulte d'apporteur d'affaires pour le compte de la société AAA France Cars au cours des années 2010 à 2015, l'administration fiscale s'est fondée sur le procès-verbal d'audition dressé par le service régional de police judiciaire de Reims du 5 décembre 2016. Il ressort de ce procès-verbal que l'intéressé a déclaré, sans plus de précision, exercer une activité de courtage pour le compte de cette société depuis 2010 et a indiqué percevoir à ce titre des commissions d'un montant mensuel d'environ 1 500 euros. M. A soutient toutefois qu'il était employé en qualité d'agent commercial dans le cadre d'un contrat de travail qui le liait depuis le 1er octobre 2010 à la société Mr Courtage et qui prévoyait un revenu brut du même montant, que cette dernière société avait conclu un " contrat d'apporteur d'affaires " avec la société AAA France Cars le 28 juin 2010, et produit tant son contrat de travail que le contrat conclu entre les deux sociétés. Le requérant a par ailleurs déclaré des revenus tirés d'une activité salariée s'élevant à 42 713 euros en 2010, 39 183 euros en 2011 et 31 591 euros en 2012. Eu égard à ces éléments et en se bornant à se fonder sur les seules déclarations imprécises de l'intéressé lors de son audition en 2016, l'administration n'apporte pas la preuve, qui lui incombe, que M. A a exercé une activité occulte pour le compte de la société AAA France Cars au titre des années 2010 à 2013. Il en va de même, dès lors, de la mise à disposition d'un véhicule au titre de ces quatre années que l'administration a regardée comme une recette au sens de l'article 93 du code général des impôts.
5. En revanche, l'administration fiscale indique s'être en outre fondée, pour retenir l'existence d'une activité occulte d'apporteur d'affaires au titre des années 2014 et 2015, sur les relevés de comptes bancaires de M. A, dont il n'est pas contesté qu'ils révélaient l'encaissement de sommes versées par la société AAA France Cars. Il est constant que M. A était à la retraite à compter du mois d'avril 2014 et n'était dès lors plus salarié de la société Mr Courtage. Il ne résulte pas des éléments fournis, contrairement à ce que soutient l'intéressé, que ces sommes procèderaient d'une compensation des remboursements de son compte courant d'associé au sein de la société Mr Courtage. Par suite, l'administration fiscale doit être regardée comme établissant ainsi l'existence d'une activité occulte d'apporteur d'affaires au titre de ces deux années.
6. Il résulte de ce qui précède que M. A est seulement fondé à demander, sur le terrain de la loi fiscale, la décharge, en droits en pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de contributions sociales et des pénalités correspondantes, auxquelles il a été assujetti au titre des années 2010 à 2013 et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée et des pénalités correspondantes qui lui ont été réclamés pour la période du 1er janvier 2010 au 31 décembre 2013.
En ce qui concerne l'interprétation administrative de la loi fiscale :
7. M. A, qui conteste le caractère de recettes de la mise à disposition du véhicule automobile dont il a bénéficié, se prévaut du paragraphe 30 du bulletin officiel des finances publiques BOI-BNC-BASE-20-10-10 - BNC - Base d'imposition - Principe des recettes encaissées, relatif à la remise de biens ou de valeurs, qui prévoit que " Dans le cas où un client s'est acquitté en cours d'année, par l'attribution au contribuable de biens ou valeurs, mobiliers ou immobiliers, l'acquisition des biens ou valeurs ainsi reçus en paiement a le caractère d'une recette dont le montant est égal à la valeur au jour du transfert de propriété, de ces biens ou valeurs. Ainsi jugé pour des parts de société immobilière reçues en paiement du prix de travaux d'études (CE, arrêt du 24 octobre 1980, n° 14614). / De même, le paiement d'honoraires dus à un architecte pour la remise d'un appartement en état futur d'achèvement constitue une recette à retenir l'année de la vente pour le montant des droits sur le sol et du prix des constructions exécutées au cours de l'année (CE, arrêt du 13 juin 1990, n° 70018) ".
8. Les énonciations contenues dans ce paragraphe ne comportent toutefois aucune interprétation de la loi fiscale différente de celle dont l'administration a fait application, de sorte que M. A n'est pas fondé à demander la décharge des impositions supplémentaires correspondantes mises à sa charge à ce titre pour les années 2014 et 2015.
D E C I D E:
Article 1er : M. A est déchargé, en droits en pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de contributions sociales et des pénalités correspondantes, auxquelles il a été assujetti au titre des années 2010 à 2013 et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée et des pénalités correspondantes qui lui ont été réclamés pour la période du 1er janvier 2010 au 31 décembre 2013.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à l'administratrice générale des finances publiques en charge de la direction spécialisée de contrôle fiscal Est.
Copie en sera adressée à la direction départementale des finances publiques de la Marne.
Délibéré après l'audience du 8 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Mach, présidente,
Mme Castellani, première conseillère,
M. Gauthier-Ameil, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juin 2023.
La rapporteure,
Signé
A.-C. CASTELLANI
La présidente,
Signé
A.-S. MACH La greffière,
Signé
A. DEFORGE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026