jeudi 1 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2100917 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C+ |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | PHILIPPE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 avril 2021, M. A B, représenté par Me Philippe, demande au tribunal :
1°) à titre principal, de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre des années 2014 et 2015 ;
2°) à titre subsidiaire, de prononcer la réduction, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre des années 2014 et 2015 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la proposition de rectification qui lui a été adressée est insuffisamment motivée, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales ; la rectification afférente aux " produits accessoires " est dépourvue de motivation ;
- les rectifications relatives aux sommes imposées dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux ont été établies à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que l'administration ne pouvait exploiter les informations obtenues au cours de l'examen de sa situation fiscale personnelle mais était tenue de procéder à une vérification de comptabilité de son activité d'achat revente de véhicules d'occasion ; les énonciations contenues au paragraphe 70 de l'instruction BOI-CF-IOR-60-10 imposent à l'administration de procéder à une vérification de comptabilité si elle entend exploiter les renseignements recueillis au cours d'un examen de la situation fiscale personnelle d'un contribuable pour procéder à des rehaussements au titre des revenus provenant d'une activité susceptible de faire l'objet d'une telle vérification ;
- l'administration ne pouvait inclure dans les recettes brutes de la SCI de Prouvais le montant de la taxe sur la valeur ajoutée facturée à tort à ses clients.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 octobre 2021, le directeur départemental des finances publiques de la Marne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
L'instruction a été close avec effet immédiat le 14 juin 2022 en application des dispositions combinées des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gauthier-Ameil, conseiller,
- et les conclusions de M. Torrente, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI de Prouvais, dont M. B est associé à 50%, a fait l'objet d'un contrôle sur place portant sur la période du 21 juillet 2014 au 31 décembre 2015. M. B a également fait l'objet d'un examen de sa situation fiscale personnelle portant sur les années 2013, 2014 et 2015. Par une proposition de rectification du 1er mars 2017, l'administration fiscale lui a notifié des impositions supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales au titre des années 2014 et 2015. M. B demande au tribunal, à titre principal, de prononcer la décharge de ces impositions et, à titre subsidiaire, d'en prononcer la réduction.
Sur les conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne la régularité de la procédure :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. ". Aux termes de l'article R. 57-1 du même livre : " La proposition de rectification prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs de la rectification envisagée. L'administration invite, en même temps, le contribuable à faire parvenir son acceptation ou ses observations dans un délai de trente jours à compter de la réception de la proposition (). ". Il résulte de ces dispositions que, pour être régulière, une proposition de rectification doit comporter, outre la désignation de l'impôt concerné, de l'année d'imposition et de la base des redressements, ceux des motifs pour lesquels l'administration entend se fonder pour justifier les redressements envisagés qui sont nécessaires pour permettre au contribuable de formuler utilement ses observations. Les membres d'une société de personnes énumérées à l'article 8 du code général des impôts étant personnellement assujettis à l'impôt sur le revenu pour la part des bénéfices sociaux correspondant à leurs droits dans la société, l'administration ne peut légalement mettre des suppléments d'imposition à la charge personnelle des associés sans leur avoir notifié, dans les conditions prévues à l'article L. 57 du livre des procédures fiscales, les corrections apportées aux déclarations qu'ils ont eux-mêmes souscrites, en motivant cette notification au moins par une référence aux rehaussements apportés aux bénéfices sociaux et par l'indication de la quote-part de ces bénéfices à raison de laquelle les intéressés sont imposés.
3. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 76 du même livre : " Les bases ou éléments servant au calcul des impositions d'office et leurs modalités de détermination sont portées à la connaissance du contribuable trente jours au moins avant la mise en recouvrement des impositions () ".
4. D'une part, s'agissant de l'année 2014, la proposition de rectification du 1er mars 2017, adressée à M. B, mentionne les impôts et les années concernés, comporte une référence aux motifs des redressements et aux rectifications apportées aux bénéfices réalisés par la société de Prouvais, dont M. B est associé, et indique à ce dernier le montant de la part de ces bénéfices à raison de laquelle il sera personnellement imposé à raison de sa quote-part dans la société. Elle est, dès lors, suffisamment motivée, nonobstant la circonstance que la proposition de rectification régulièrement adressée à la SCI de Prouvais n'y serait pas jointe, une telle obligation ne résultant d'aucune disposition législative ou réglementaire.
5. D'autre part, s'agissant de l'année 2015, seules les dispositions de l'article L. 76 du livre des procédures fiscales sont applicables, eu égard à la procédure de taxation d'office régulièrement mise en œuvre sur le fondement de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales. A cet égard, la proposition de rectification du 1er mars 2017, qui mentionne les bases ou éléments servant au calcul des impositions mises à la charge de M. B et en précise les modalités de détermination, satisfait aux obligations prévues par les dispositions précitées de l'article L. 76 du livre des procédures fiscales.
6. En deuxième lieu, si l'administration est en droit d'examiner, à l'occasion d'un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle d'un contribuable, les comptes bancaires qui retracent à la fois les opérations privées et les opérations professionnelles qu'il a effectuées, elle ne peut, pour contrôler et, le cas échéant, redresser les bénéfices retirés par l'intéressé de son activité professionnelle, se fonder sur les données qu'elle a pu recueillir en prenant connaissance des éléments des comptes bancaires qui, se rapportant à l'exercice de cette activité, ont le caractère de documents comptables, sans avoir procédé, préalablement, à une vérification de comptabilité, en respectant les garanties prévues par la loi pour ce type de contrôle.
7. Il résulte de l'instruction qu'au cours des opérations de contrôle, l'administration a interrogé M. B s'agissant d'une somme totale de 12 000 euros apparaissant sur ses comptes bancaires personnels. L'intéressé ayant admis que cette somme correspondait à des recettes issues de son activité d'achat-revente de véhicules, exercée sous le régime prévu par les dispositions de l'article 50-0 du code général des impôts, non-reportées sur sa déclaration d'ensemble des revenus, l'administration lui a notifié les rectifications correspondantes dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux. Si M. B soutient que l'administration ne pouvait lui notifier de telles rectifications sans engager, préalablement, une vérification de comptabilité de son activité d'achat-revente de véhicules, le service pouvait, sans avoir à procéder à une vérification de comptabilité, tirer les conséquences des propres déclarations de M.B et corriger sa déclaration des revenus pour y porter le résultat de l'activité d'achat-revente de véhicules qu'il exerçait et qu'il avait omis de faire figurer sur ladite déclaration.
8. En dernier lieu, M. B n'est pas fondé à se prévaloir, sur le fondement des dispositions de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, du paragraphe 70 de l'instruction fiscale BOFIP BOI-CF-IOR-60-10 du 12 septembre 2012, qui est relatif à la procédure d'imposition.
En ce qui concerne le bien-fondé des impositions :
9. Aux termes de l'article 29 du code général des impôts : " Sous réserve des dispositions des articles 33 ter et 33 quater, le revenu brut des immeubles ou parties d'immeubles donnés en location, est constitué par le montant des recettes brutes perçues par le propriétaire, augmenté du montant des dépenses incombant normalement à ce dernier et mises par les conventions à la charge des locataires et diminué du montant des dépenses supportées par le propriétaire pour le compte des locataires. ". Aux termes de l'article 33 quater du même code : " Pour la détermination du revenu foncier imposable des personnes qui sont redevables de la taxe sur la valeur ajoutée pour les loyers de leurs immeubles, les recettes brutes ainsi que les dépenses déductibles relatives aux immeubles sont retenues pour leur montant hors taxe sur la valeur ajoutée. ". Enfin, aux termes du 3° de l'article 283 de ce code : " Toute personne qui mentionne la taxe sur la valeur ajoutée sur une facture est redevable de la taxe du seul fait de sa facturation. ".
10. Il est constant que la SCI de Prouvais, si elle n'a pas exercé l'option prévue au 2 de l'article 260 du code général des impôts en vue de son assujettissement à la taxe sur la valeur ajoutée au titre des loyers qu'elle perçoit, a mentionné à tort la taxe sur la valeur ajoutée. Elle devait, en application des dispositions précitées du 3 de l'article 283 du code général des impôts, être regardée, de ce seul fait, comme redevable de la taxe ainsi facturée. Ainsi, pour la détermination des revenus fonciers imposables, les recettes brutes perçues par la SCI de Prouvais et au titre desquelles elle avait facturé la taxe sur la valeur ajoutée devaient, en application des dispositions de l'article 33 quater du code général des impôts, être retenues pour leur montant en excluant la taxe sur la valeur ajoutée. Par suite, M. B est fondé à soutenir que l'administration ne pouvait retenir les recettes brutes de cette société pour leur montant toutes taxes comprises.
11. Il résulte de l'instruction que l'administration a réintégré, pour la détermination des revenus fonciers de la SCI de Prouvais, un montant de 2 000 euros au titre de l'année 2014 et de 4 490 euros au titre de l'année 2015 correspondant à la taxe sur la valeur ajoutée. M. B étant associé de la SCI de Prouvais à hauteur de 50%, il est fondé à demander une réduction de la base d'imposition à l'impôt sur le revenu et aux contributions sociales de 1 000 euros au titre de l'année 2014 et de 2 245 euros au titre de l'année 2015.
12. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander la décharge des cotisations d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales auxquelles il a été assujetti au titre des année 2014 et 2015 à concurrence de la réduction des bases d'impositions mentionnées au point 11.
Sur les frais de l'instance :
13. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 000 euros sollicitée par M. B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E:
Article 1er : Les bases d'imposition à l'impôt sur le revenu et aux contributions sociales de M. B au titre des années 2014 et 2015 sont réduites, respectivement, de 1 000 euros et de 2 245 euros.
Article 2 : M. B est déchargé des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et des contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre des années 2014 et 2015 correspondant à la réduction des bases d'imposition définies à l'article 1er.
Article 3 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur départemental des finances publiques de la Marne.
Délibéré après l'audience du 17 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Mach, présidente,
Mme Castellani, première conseillère,
M. Gauthier-Ameil, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er décembre 2022.
Le rapporteur,
Signé
F. GAUTHIER-AMEILLa présidente,
Signé
A-S. MACH
La greffière,
Signé
A. DEFORGE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026