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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2101157

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2101157

vendredi 8 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2101157
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJuge unique - 2ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 26 mai 2021 et le 25 juin 2021, M. B D demande au tribunal d'annuler la décision du 12 avril 2021 par laquelle le président du conseil départemental de la Marne a rejeté sa demande de remise de dette, laissant à sa charge une somme de 1 169,01 euros correspondant à un indu de revenu de solidarité active.

Il soutient que :

- il a bien déclaré sa pension d'invalidité à la caisse d'allocations familiales mais a commis une erreur quant au montant déclaré ;

- la suspension de ses droits par la caisse d'allocations familiales est injustifiée et engendre un reste à vivre insuffisant ;

- il est dans une situation de précarité financière ;

- il a répondu aux demandes de la caisse d'allocations familiales.

La requête de M. D a été communiquée au département de la Marne qui n'a pas produit de mémoire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. () / La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil général ou l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active pour le compte de l'Etat, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration () ". Il résulte de ces dispositions qu'un allocataire du revenu de solidarité active ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu d'allocation que si, tout à la fois, d'une part, il est de bonne foi, l'indu ne devant pas trouver sa cause dans une manœuvre frauduleuse ou une fausse déclaration procédant d'une volonté de dissimulation de sa part, et, d'autre part, la précarité de sa situation, appréciée par le département à la date de sa décision, justifie l'octroi d'une remise.

2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.

3. Il est constant que l'indu en litige trouve son origine dans des erreurs de déclaration de M. D, celui-ci ayant déclaré, pendant l'année 2017, un montant de sa pension d'invalidité nettement inférieur à celui réellement perçu. S'il se prévaut de ce qu'il aurait toujours répondu aux demandes de la caisse d'allocations familiales, l'intéressé n'avait pas, en tout état de cause, droit au bénéfice des sommes litigieuses. Dans ces conditions, compte tenu de l'origine de l'indu et de la nature des omissions commises par le requérant, ce dernier, qui ne justifie pas de sa bonne foi, n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que le président du conseil départemental de la Marne lui a refusé la remise gracieuse de l'indu de revenu de solidarité active qu'il sollicitait.

4. La circonstance, postérieure à l'édiction de la décision contestée, que l'administration ait procédé à la suspension du versement de ses droits au titre du revenu de solidarité active est sans influence sur la légalité de la décision contestée.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. D doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et au département de la Marne.

Copie en sera transmise, pour information, à la caisse d'allocations familiales de la Marne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2022.

Le magistrat désigné,

Signé

O. ALa greffière,

Signé

N. MASSON

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