LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2101409

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2101409

mardi 20 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2101409
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSELARL MOREL THIBAUT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 29 juin 2021 et 26 juillet 2022, la société Michel Rémon Architecte, représentée par Me Muriel Thibaut, demande au tribunal :

1°) de condamner la commune de Reims à lui verser la somme de 441 846,65 euros, assorti des intérêts moratoires à compter du 28 décembre 2009 et de la capitalisation de ces intérêts ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Reims la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- son action n'est pas tardive ;

- la commune de Reims doit être condamnée à lui verser la somme de somme de 441 846,65 euros au titre du solde des honoraires qui lui sont dues dans le cadre du marché de maîtrise d'œuvre relatif à la reconstruction du stade Auguste Delaune, dès lors que les réserves assortissant la réception de l'ouvrage ont été levées.

Par un mémoire en défense enregistré le 30 mars 2022, la commune de Reims, représentée par Me Aurélien Burel, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de

3 000 euros soit mise à la charge de la société Michel Rémon Architecte au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est tardive, dès lors qu'elle a été présentée en méconnaissance de l'article R. 421-2 du code de justice administrative ;

- la requête est irrecevable, dès lors que la société requérante n'a pas qualité pour agir au nom des membres du groupement de maîtrise d'œuvre ;

- la requête est irrecevable, dès lors que le contentieux n'a pas été lié par un mémoire en réclamation comme l'exige l'article 40.1 du cahier des clauses administratives générales des marchés de prestations intellectuelles ;

- la créance réclamée est prescrite ;

- les missions de maîtrise d'œuvre qui incombent à la société requérante ne sont pas achevées, dès lors que l'ensemble des réserves ayant assorti la réception de l'ouvrage n'ont pas été levées.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 85-704 du 12 juillet 1985 ;

- le décret n° 78-1306 du 26 décembre 1978 ;

- le décret n° 93-1268 du 29 novembre 1993 ;

- l'arrêté du 21 décembre 1993 précisant les modalités techniques d'exécution des éléments de mission de maîtrise d'œuvre confiés par des maîtres d'ouvrage publics à des prestataires de droit privé ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A C,

- les conclusions de Mme B de Laporte, rapporteure publique,

- et les observations de Me Michel, représentant la commune de Reims.

Considérant ce qui suit :

1. La commune de Reims a fait reconstruire le stade " Auguste Delaune ". Par un acte d'engagement signé le 12 février 2001, la maîtrise d'œuvre de ces travaux a été confiée à un groupement dont la société Michel Rémon Architecte est mandataire. L'ouvrage a fait l'objet d'une réception, assortie de plusieurs réserves, avec effet au 29 septembre 2008. Par un courrier du 15 décembre 2020, la société Michel Rémon Architecte a mis en demeure la commune de Reims de lui verser le solde des honoraires qu'elle a évalué à la somme de 441 846,65 euros et, par un courrier du 15 mars 2021, elle a mis en demeure la commune de Reims de lui notifier le décompte général. Ces courriers sont restés sans réponse. Par la présente requête, la société Michel Rémon Architecte demande au tribunal de condamner la commune de Reims à lui verser la somme de 441 846,65 euros au titre du solde du marché de maîtrise d'œuvre.

Sur le cadre du litige :

2. Les entreprises ayant formé un groupement solidaire pour l'exécution du marché dont elles sont titulaires sont réputées, dès lors qu'aucune répartition des tâches n'a été faite entre elles par le marché, se représenter mutuellement. Il en résulte que leurs conclusions doivent être regardées comme présentées au nom et pour le compte des membres du groupement et qu'elles peuvent tendre au paiement du solde global du marché. Toutefois, un membre d'un groupement solidaire, qu'il en soit ou non le mandataire, est recevable à demander le paiement, pour son propre compte, des seules prestations qu'il a personnellement effectuées, y compris lorsque le marché ne précise pas la répartition des tâches entre les membres de ce groupement.

3. Il résulte de l'instruction que le groupement de maîtrise d'œuvre dont la société Michel Rémon est mandataire ne précise pas la répartition des tâches entre ses membres et présente ainsi les caractères d'un groupement solidaire. Dès lors que cette société ne demande pas le paiement du solde correspondant aux seules prestations qu'elle a personnellement effectuées, ses conclusions tendant au paiement du solde du marché de maîtrise d'œuvre doivent, eu égard à ce qui a été rappelé au point précédent, être regardées comme étant présentées pour le compte des membres du groupement.

Sur les conclusions tendant au paiement du solde du marché :

4. Aux termes des dispositions de l'article 7 de la loi du 12 juillet 1985 relative à la maîtrise d'ouvrage publique et à ses rapports avec la maîtrise d'œuvre privée, alors en vigueur : " La mission de maîtrise d'œuvre que le maître de l'ouvrage peut confier à une personne de droit privé ou à un groupement de personnes de droit privé doit permettre d'apporter une réponse architecturale, technique et économique au programme mentionné à l'article 2. Pour la réalisation d'un ouvrage, la mission de maîtrise d'œuvre est distincte de celle d'entrepreneur. Le maître de l'ouvrage peut confier au maître d'œuvre tout ou partie des éléments de conception et d'assistance suivants : / () 8° L'assistance portée au maître de l'ouvrage lors de opérations de réception et pendant la période de garantie de parfait achèvement () ". Aux termes de l'article 11 du décret du 29 novembre 1993 relatif aux missions de maîtrise d'œuvre confiées par des maîtres d'ouvrage publics à des prestataires de droit privé, alors en vigueur : " L'assistance apportée au maître de l'ouvrage lors des opérations de réception et pendant la période de garantie de parfait achèvement a pour objet : / a) D'organiser les opérations préalables à la réception des travaux ; / b) D'assurer le suivi des réserves formulées lors de la réception des travaux jusqu'à leur levée ; / c) De procéder à l'examen des désordres signalés par le maître de l'ouvrage ; () " Le point 8 de l'annexe I de l'arrêté du 21 décembre 1993 susvisé précise que : " L'assistance apportée au maître de l'ouvrage lors des opérations de réception ainsi que pendant la période de garantie de parfait achèvement a pour objet : / - d'organiser les opérations préalables à la réception des travaux ; / - d'assurer le suivi des réserves formulées lors de la réception des travaux jusqu'à leur levée ; / - de procéder à l'examen des désordres signalés par le maître de l'ouvrage ; / - de constituer le dossier des ouvrages exécutés nécessaires à l'exploitation de l'ouvrage, à partir des plans conformes à l'exécution remis par l'entrepreneur, des plans de récolement ainsi que des notices de fonctionnement et des prescriptions de maintenance des fournisseurs d'éléments d'équipement mis en œuvre. "

5. Aux termes des stipulations de l'article 6.3 du cahier des clauses administratives particulières du marché de maîtrise d'œuvre en cause : " Après constatation de l'achèvement de sa mission dans les conditions prévues à l'article 26, le maître d'œuvre adresse au maître de l'ouvrage une demande de paiement du solde sous forme d'un projet de décompte final. " Aux termes des stipulations de l'article 26 du même cahier : " La mission du maître d'œuvre s'achève à la fin du délai de la garantie de parfait achèvement () ou après prolongation de ce délai si les réserves signalées lors de la réception ne sont pas toutes levées. Dans cette hypothèse, l'achèvement de la mission intervient lors de la levée de la dernière réserve. "

6. Il résulte de l'instruction que la mission de maîtrise d'œuvre confiée au groupement de maîtrise d'œuvre comprenait notamment une mission d'assistance lors des opérations de réception et pendant la garantie de parfait achèvement, dont la teneur est déterminée par les dispositions citées au point 4. Alors qu'il est constant que les réceptions des lots n° 1, 2, 8a, 11, 12, 18 et 22 du marché de travaux ont été assorties de plusieurs réserves, le maître de l'ouvrage fait valoir en défense, sans être contredit sur ce point par la société requérante, que toutes les réserves n'ont pas été levées et que, pour ce motif, la mission de maîtrise d'œuvre, qui comprenait une assistance aux opérations de réception, n'est pas achevée. Par suite, cette société n'est pas fondée à demander, pour le compte des membres du groupement, le règlement du solde du marché de maîtrise d'œuvre.

7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir et l'exception de prescription quadriennale opposées par la commune de Reims, que les conclusions tendant au paiement du marché de maîtrise d'œuvre doivent être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Reims, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société Michel Rémon Architecte demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la société Michel Rémon Architecte une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Reims et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la société Michel Rémon Architecte est rejetée.

Article 2 : La société Michel Rémon Architecte versera à la commune de Reims une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Michel Rémon Architecte et à la commune de Reims.

Délibéré après l'audience du 6 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Olivier Nizet, président,

Mme Stéphanie Lambing, première conseillère,

M. Clemmy Friedrich, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2022.

Le rapporteur,

Signé

C. C

Le président,

Signé

O. NIZET

La greffière,

Signé

I.DELABORDE

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions