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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2101635

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2101635

mercredi 1 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2101635
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJuge unique - 3ème chambre
Avocat requérantSELAS CABINET DEVARENNE ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 juillet 2021, complétée par des mémoires enregistrés

le 28 août 2021 et le 28 janvier 2023, M. B A, représenté par la SELAS Devarenne Associés Grand Est, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 17 mai 2021 par laquelle le département de la Marne a réduit de 50% le montant du revenu de solidarité active ainsi que la décision implicite rejetant son recours préalable obligatoire contre cette décision ;

2°) d'annuler la décision du 21 juin 2021 par laquelle le département de la Marne a prononcé sa radiation de la liste des bénéficiaires du revenu de solidarité active ainsi

que la décision implicite rejetant son recours préalable obligatoire contre cette décision ;

3°) de fixer le montant de ses droits pour la période en litige jusqu'à la date du jugement à intervenir, ou à défaut d'enjoindre au département de la Marne de déterminer ses droits

sur la base des motifs du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge du département de la Marne une somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1

du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il n'a pas reçu de convocation pour le rendez-vous du 15 mars ;

- il ne saurait lui être reproché de ne pas avoir conclu dans les délais de contrat d'engagement réciproque alors qu'il n'a pas bénéficié d'un entretien d'orientation, les décisions étant ainsi entachées d'erreur de droit.

Par un mémoire enregistré le 12 janvier 2023, le département de la Marne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable en l'absence de décision prise sur les recours préalables obligatoires à la date d'enregistrement de la requête ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par courrier du 10 février 2023, les parties ont été informées, par application

des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir était susceptible d'être en partie fondé sur l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre les décisions du 17 mai 2021 et du 21 juin 2021 auxquelles se sont substituées

les décisions implicites prises sur recours administratif préalable obligatoire.

Par une décision du 8 octobre 2021, M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative

Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Cristille, magistrat désigné,

- les observations de Me Lambert représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article L. 262-36 du code de l'action sociale

et des familles " Le bénéficiaire du revenu de solidarité active ayant fait l'objet de l'orientation mentionnée au 2° de l'article L. 262-29 conclut avec le département, représenté par le président du conseil départemental, sous un délai de deux mois après cette orientation, un contrat librement débattu énumérant leurs engagements réciproques en matière d'insertion sociale ou professionnelle. () ". Aux termes de l'article L. 262-37 du code de l'action sociale et des familles : " Sauf décision prise au regard de la situation particulière du bénéficiaire, le versement du revenu de solidarité active est suspendu, en tout ou partie, par le président du conseil départemental : / 1° Lorsque, du fait du bénéficiaire et sans motif légitime, le projet personnalisé d'accès à l'emploi ou l'un des contrats mentionnés aux articles L. 262-35

et L. 262-36 ne sont pas établis dans les délais prévus ou ne sont pas renouvelés () / Lorsqu'il y a eu suspension de l'allocation au titre du présent article, son versement est repris par l'organisme payeur sur décision du président du conseil départemental à compter de la date de conclusion de l'un des contrats mentionnés aux articles L. 262-35 et L. 262-36 ou du projet personnalisé d'accès à l'emploi. " et aux termes de l'article L. 262-39 du même code : " () Les équipes pluridisciplinaires sont consultées préalablement aux décisions () de réduction ou de suspension, prises au titre de l'article L. 262-37, du revenu de solidarité active qui affectent le bénéficiaire. ". Aux termes de l'article R. 262-68 de ce code : " La suspension du revenu de solidarité active mentionnée à l'article L. 262-37 peut être prononcée, en tout ou partie, dans les conditions suivantes : / 1° Lorsque le bénéficiaire n'a jamais fait l'objet d'une décision de suspension, en tout ou partie, le président du conseil départemental peut décider de réduire l'allocation d'un montant qui ne peut dépasser 80 % du montant dû au bénéficiaire au titre du dernier mois du trimestre de référence pour une durée qui peut aller de un à trois mois ; / 2° Lorsque le bénéficiaire a déjà fait l'objet d'une telle décision, le président du conseil départemental peut réduire l'allocation pour un montant qu'il détermine pour une durée qui peut aller de un à quatre mois ; / 3° Toutefois, lorsque le foyer est composé de plus d'une personne, la suspension prévue aux 1° et 2° ne peut excéder 50 % du montant dû au bénéficiaire au titre du dernier mois du trimestre de référence () ".

2. D'autre part, aux termes de l'article L. 262-38 de ce code : " Le président

du conseil départemental procède à la radiation de la liste des bénéficiaires du revenu de solidarité active au terme d'une période, définie par décret, sans versement du revenu de solidarité active () ". Aux termes de l'article R. 262-35 du code de l'action sociale et des familles : " Le revenu de solidarité active cesse d'être dû à compter du premier jour du mois civil au cours duquel les conditions d'ouverture du droit cessent d'être réunies () ".

Aux termes de l'article R. 262-40 dudit code : " Le président du conseil départemental met fin au droit au revenu de solidarité active et procède à la radiation de la liste des bénéficiaires du revenu de solidarité active, selon les cas : / 1°) Dans les délais fixés à l'article R. 262-35 lorsque les conditions d'ouverture du droit cessent d'être réunies ; / () / 3° Au terme de la durée de suspension du versement décidée en vertu du 2° de l'article R. 262-68 lorsque la radiation est prononcée en application de l'article L. 262-38 () ".

3. Par application des dispositions citées aux points précédents, le département

de la Marne a prononcé à l'encontre de M. A en premier lieu, par une décision

du 17 mai 2021, une sanction de réduction de 50% du montant du revenu de solidarité active pour le mois de juin 2021 en raison de son absence injustifiée à un rendez-vous fixé

le 1er avril 2021 en vue de procéder à un entretien d'évaluation et d'orientation, et en second lieu, par une décision du 21 juin 2021, une sanction de réduction de 50% du montant du revenu

de solidarité active pour le mois de juillet 2021 suivie de la radiation de son dossier à compter

du 1er août 2021. M. A demande l'annulation des deux décisions ainsi que des deux décisions implicites par lesquelles le département de la Marne a rejeté ses recours préalables obligatoires contre ces décisions.

4. En premier lieu, les décisions implicites rejetant les recours préalables obligatoires formés par M. A contre les décisions du 17 mai 2021 et du 21 juin 2021. Ainsi,

les conclusions dirigées contre ces deux dernières décisions sont dépourvues d'objet. Par suite, ces conclusions doivent être rejetées comme irrecevables.

5. En deuxième lieu, M. A, qui ne peut pas utilement se prévaloir de la précarité de sa situation, conteste avoir reçu la convocation qui lui a été adressée le 15 mars 2021 en vue d'un entretien prévu le 1er avril 2021. L'administration, qui supporte la charge de la preuve, fait valoir que ce courrier a été envoyé à la même adresse que celle portée sur d'autres courriers que le requérant a reçus. Cet élément de preuve n'est pas contesté par M. A. Par suite, ce dernier ne peut être regardé comme justifiant d'un motif légitime pour ne pas s'être présenté à ce rendez-vous.

6. En troisième lieu, si le requérant invoque une erreur de droit du fait que le délai pour conclure un contrat d'engagements réciproques n'avait pas commencé à courir en l'absence de proposition d'entretien d'orientation, la convocation qui lui a été adressée visait précisément

à l'organisation d'un entretien d'orientation, et l'absence de l'intéressé a fait obstacle

à la conclusion d'un contrat d'engagements réciproques.

7. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par le département de la Marne, la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au département de la Marne.

Copie en sera adressé à la caisse d'allocations familiales de la Marne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er mars 2023.

Le magistrat désigné,

signé

P. CLe greffier,

signé

A. PICOT

No 2101635

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