LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2101814

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2101814

vendredi 8 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2101814
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSCP BADRE HYONNE SENS-SALIS SANIAL DENIS ROGER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoire, enregistrés les 12 août 2021, 13 mai 2022 et

1er juin 2022, le département des Ardennes, représenté par Me Véronique Beaujard, demande au tribunal :

1°) de condamner solidairement le bureau d'études Arnould, la société Acte Iard, la société Socotec, la MAAF Assurances, la société Axa France Iard, la MAF, M. H C et la société AREAS à lui verser la somme de 158 923,18 euros au titre des travaux de réfection, somme devant être actualisée selon l'évolution de l'indice BT01 entre la date de dépôt du rapport d'expertise et la date du jugement à intervenir ;

2°) de condamner solidairement le bureau d'études Arnould, la société Acte Iard, la société Socotec, la MAAF Assurances, la société Axa France Iard, la MAF, M. H C et la société AREAS à lui verser la somme globale de 158 055,13 euros au titre des autres préjudices subis ;

3°) de condamner solidairement le bureau d'études Arnould, la société Acte Iard, la société Socotec, la MAAF Assurances, la société Axa France Iard, la MAF, M. H C et la société AREAS à supporter les entiers dépens ;

4°) de mettre à la charge solidaire du bureau d'études Arnould, de la société Acte Iard, de la société Socotec, de la MAAF Assurances, de la société Axa France Iard, de la MAF, de M. H C et de la société AREAS la somme de 38 923,77 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- des désordres sont survenus dans les locaux de la caserne de gendarmerie d'Asfeld ;

- ces désordres, qui se rapportent au réseau d'assainissement collectif, aux maçonneries en élévation du mur de façade ouest/est des locaux de service et technique, aux infiltrations constatées dans les logements n° 3 et 4 et à la ventilation mécanique contrôlée (VMC), sont de nature à rendre l'ouvrage impropre à sa destination ;

- à titre principal, la responsabilité décennale des constructeurs doit être engagée à l'égard du bureau d'études Arnould, de la société Socotec, de M. H C et de la MAF, assureur de la société D'Ambre architecture, au titre des désordres précités ;

- à titre subsidiaire, la responsabilité contractuelle du bureau d'études Arnould, de la société Socotec, de M. H C et de la MAF, assureur de la société D'Ambre architecture, doit être engagée au titre des manquements dans la conception de l'ouvrage, le suivi et la surveillance du chantier, ainsi que le défaut d'assistance au cours des opérations de réception des travaux ;

- les défendeurs doivent être solidairement condamnés à lui verser la somme de 158 923,18 euros au titre des travaux de réfection des désordres précités ;

- les défendeurs doivent être solidairement condamnés à lui verser la somme de 4 223,13 euros au titre du curage de la fosse septique, qui a été nécessaire pour remédier aux conséquences des désordres affectant le réseau d'assainissement collectif ;

- les défendeurs doivent être solidairement condamnés à lui verser la somme de 130 872 euros au titre du préjudice de jouissance dont a souffert le personnel militaire logé dans la caserne d'Asfeld depuis sa construction ;

- les défendeurs doivent être solidairement condamnés à lui verser la somme de 22 960 euros au titre du préjudice de jouissance dont aura à souffrir souffert le personnel militaire logé dans la caserne d'Asfeld pendant la durée des travaux ;

- les dépens doivent être évalués à la somme de 21 642,15 euros.

Par des mémoires en défense enregistrés les 8 octobre 2021 et 23 décembre 2021, la société Axa France Iard, en sa qualité d'assureur de la société Del Giglio, représentée par la Me Ségolène Jacquemet-Pommeron, conclut, dans le dernier état de ses écritures, au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge du département des Ardennes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'action en responsabilité décennale est prescrite, dès lors que la requête du département des Ardennes a été introduite plus de dix ans après la réception de l'ouvrage, laquelle est intervenue le 27 août 2001 ;

- l'action en responsabilité contractuelle est prescrite, dès lors que la requête en référé tendant la désignation d'un expert a été introduite plus de cinq ans après l'apparition des désordres en cause ;

- la somme à laquelle elle serait éventuellement condamnée par le jugement à intervenir sera limitée à celle de 14 757,39 euros, dès lors que les désordres imputables à la société Del Giglio sont limités aux fissures qui sont survenues sur les murs extérieurs et à l'intérieur des appartements de la caserne, et que l'expert a relevé que celle-ci était responsable à concurrence de 50 % des préjudices liés à la structure ;

- le département des Ardennes n'est pas fondé à demander réparation d'un préjudice de jouissance et d'un préjudice financier lié au relogement, dès lors que le personnel militaire affecté dans la caserne d'Asfeld a eu seul à souffrir des conséquences des désordres en cause ;

- la somme mise à sa charge au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sera limitée à 9 % de celle qui sera allouée au département des Ardennes par le jugement à intervenir.

Par un mémoire en défense enregistré le 17 décembre 2021, le bureau d'études Arnould et son assureur, la société Acte Iard, représentés par la SELAS Devarenne associés, concluent au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge du département des Ardennes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- l'action en responsabilité décennale est prescrite, dès lors que la requête du département des Ardennes a été introduite plus de dix ans après la réception de l'ouvrage, laquelle est intervenue le 27 août 2001 ;

- l'action en responsabilité contractuelle est prescrite, dès lors que la requête en référé tendant la désignation d'un expert a été introduite plus de cinq ans après l'apparition des désordres en cause ;

- la somme à laquelle le bureau d'études Arnould serait éventuellement condamnée par le jugement à intervenir sera limitée à celle de 15 465,47 euros, dès lors que l'expert a retenu à son égard une imputabilité partielle au titre des seuls désordres liés à la maçonnerie et à la VMC.

Par un mémoire en défense enregistré le 14 février 2022, la société Areas, en sa qualité d'assureur de M. C, représentée par Me Patrice Brassens, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge du département des Ardennes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- à la date des travaux, le contrat d'assurance souscrit auprès d'elle par la société C ne couvrait ni les travaux d'électricité à l'origine des désordres relevés par l'expert, ni les dommages immatériels qui en découlent ;

- l'action en responsabilité décennale est prescrite, dès lors que la requête du département des Ardennes a été introduite plus de dix ans après la réception de l'ouvrage, laquelle est intervenue le 27 août 2001 ;

- la somme à laquelle elle serait éventuellement condamnée par le jugement à intervenir sera limitée à celle de 15 425,76 euros, dès lors que l'expert a retenu à l'égard de M. C une imputabilité partielle au titre des désordres liés à la VMC ;

- le département des Ardennes n'est pas fondé à demander réparation d'un préjudice de jouissance, dès lors que le personnel militaire affecté dans la caserne d'Asfeld a eu seul à souffrir des conséquences des désordres en cause ;

- la somme à laquelle elle serait éventuellement condamnée par le jugement à intervenir sera diminuée de la franchise contractuelle de 10 % du montant des dommages avec un minimum de cinq fois l'indice BT 01 et un maximum de vingt fois cet indice.

Par un mémoire en défense enregistré le 31 mars 2022, M. H C, en sa qualité d'entrepreneur individuel, représenté par Me Ahmed Harir, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge du département des Ardennes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'action en responsabilité décennale est prescrite, dès lors que la requête du département des Ardennes a été introduite plus de dix ans après la réception de l'ouvrage, laquelle est intervenue le 27 août 2001 ;

- la somme à laquelle il serait éventuellement condamné par le jugement à intervenir sera limitée à celle de 15 425,76 euros, dès lors que l'expert a retenu à son égard une imputabilité partielle au titre des désordres liés à la VMC ;

- le département des Ardennes n'est pas fondé à demander réparation d'un préjudice de jouissance, dès lors que le personnel militaire affecté dans la caserne d'Asfeld a eu seul à souffrir des conséquences des désordres en cause.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 avril 2022, la MAAF Assurances, en sa qualité d'assureur de M. A B, représentée par Me Catherine Liégeois, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- l'action en responsabilité décennale est prescrite, dès lors que la requête du département des Ardennes a été introduite plus de dix ans après la réception de l'ouvrage, laquelle est intervenue le 27 août 2001 ;

- la somme à laquelle elle serait éventuellement condamnée par le jugement à intervenir sera limitée à celle de 10 596 euros, correspondant au montant des travaux évalués par l'expert pour la réfection de la couverture qu'a réalisée M. B, son assuré ;

- les autres désordres en cause ne sont pas en lien avec les travaux que le département des Ardennes a confié à M. B pour la construction de la caserne d'Asfeld ;

- les frais de vidange ne sont pas en lien avec les désordres affectant la couverture ;

- le département des Ardennes n'est pas fondé à demander réparation d'un préjudice de jouissance et d'un préjudice financier lié au relogement, dès lors que le personnel militaire affecté dans la caserne d'Asfeld a eu seul à souffrir des conséquences des désordres en cause ;

- la somme mise à sa charge au titre des dépens et des frais non compris dans les dépens sera limitée à 6,37 % de celle qui sera allouée au département des Ardennes par le jugement à intervenir.

Par un mémoire en défense enregistré le 26 avril 2022, la Mutuelle des architectes français (MAF), en sa qualité d'assureur de la société D'Ambre atelier d'architecture :

1°) conclut au rejet de la requête ;

2°) demande au tribunal de condamner solidairement la MAAF Assurances, le bureau d'études Arnould, la société Axa Iard, la société Socotec, et la société Areas à la garantir de toutes les sommes qui seraient mises à sa charge par le jugement à intervenir ;

3°) demande au tribunal de mettre à la charge du département des Ardennes la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le président du conseil départemental des Ardennes ne justifie pas de sa qualité à agir ;

- les conclusions dirigées à son encontre sont portées devant une juridiction incompétente pour en connaître ;

- le département des Ardennes ne justifie pas de la qualité de maître de l'ouvrage ;

- la société d'Amber Atelier, qui est son assuré, n'a commis aucune faute en lien avec les désordres allégués ;

- l'évaluation du préjudice matériel doit prendre en compte la vétusté de l'immeuble en cause ;

- le préjudice immatériel n'est pas établi ;

- la MAAF Assurances, le bureau d'études Arnould, la société Axa Iard, la société Socotec, et la société Areas doivent être condamnés solidairement à la garantir de toutes les sommes qui seraient mises à sa charge par le jugement à intervenir.

Par un mémoire en défense enregistré le 12 mai 2022, la société Socotec, représentée par la SCP Badré - Hyonne - Sens-Salis - Denis - Roger - Daillencourt :

1°) conclut au rejet de la requête ;

2°) demande au tribunal de condamner solidairement la société Del Giglio et le bureau d'études Arnould à la garantir de toutes les sommes qui seraient mises à sa charge par le jugement à intervenir ;

3°) demande au tribunal de mettre à la charge du département des Ardennes la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le département des Ardennes ne justifie pas de la qualité de maître de l'ouvrage ;

- les désordres en cause ne lui sont pas imputables ;

- sa responsabilité contractuelle ne peut être recherchée, dès lors que l'ouvrage a fait l'objet d'une réception sans réserve le 27 septembre 2001 ;

- la société Del Giglio et le bureau d'études Arnould doivent être condamnés à la garantir de toutes les sommes qui seraient mises à sa charge par le jugement à intervenir.

Par une ordonnance du 13 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au

1er juin 2022.

Un mémoire présenté pour la société Areas a été enregistré le 12 juin 2022, soit postérieurement à la clôture de l'instruction.

La procédure a été communiquée à Me Charles Brucelle, en sa qualité de mandataire judiciaire de la société Del Giglio, qui n'a pas produit de mémoire.

Vu :

- le rapport de l'expert enregistré le 9 juillet 2014 au greffe du tribunal ;

- l'ordonnance du 29 septembre 2014 par laquelle le président du tribunal a liquidé et taxé les frais et honoraires de l'expertise confiée à M. E D à la somme de

25 970,58 euros ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code des assurances ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. G,

- les conclusions de Mme de Laporte, rapporteure publique,

- et les observations de Me Da Silva, représentant le département des Ardennes, et de Me Devarenne-Odaert, représentant le bureau d'études Arnould et la société Acte Iard.

Considérant ce qui suit :

1. Le département des Ardennes, en vue de faire édifier une caserne de gendarmerie à Asfeld, a confié, par un acte d'engagement signé le 15 avril 1999, la maîtrise d'œuvre de ces travaux à un groupement solidaire constitué par le bureau d'études Arnould et la société D'Ambre atelier d'architecture, celle-ci étant mandataire de ce groupement. Outre les missions de contrôle technique qui ont été réalisées par la société Socotec en vertu d'un acte d'engagement du 22 mars 1999, les travaux ont été allotis et confiés, notamment, à la société Demaria (lot n° 1 " Voirie et réseau divers "), à la société Del Giglio (lot n° 2 " gros œuvre "), à M. B (lot n° 4 " Couvertures zinc et tuiles ") et à M. C (lot n° 11 " Electricité - courants faibles "). Par des procès-verbaux du 27 août 2001, ces travaux ont fait l'objet, de la part du maître de l'ouvrage, d'une réception sans réserve avec prise d'effet à compter de cette même date. A compter de 2002, sont survenus divers désordres qui sont liés, d'une part, à des infiltrations d'eau en ce qui concerne le mur extérieur du garage, ainsi que les plafonds du rez-de-chaussée du bâtiment principal et des logements privatifs, d'autre part, à des fissures sur les murs en ce qui concerne les logements n° 1 à 3, ainsi qu'à divers dysfonctionnements électriques en lien avec la ventilation mécanique contrôlée (VMC) dans les logements n° 5 et 6 et, enfin, à des refoulements récurrents d'eaux usées. A la demande du département des Ardennes, le juge des référés du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, par une ordonnance du 2 décembre 2011, a désigné un expert qui a déposé son rapport au greffe du tribunal le 9 juillet 2014. Par la présente requête, le département des Ardennes demande au tribunal de condamner solidairement le bureau d'études Arnould, la société Acte Iard en sa qualité d'assureur de celui-ci, la MAF Assurances en sa qualité d'assureur de la société D'Ambre atelier d'architecture, la société Socotec, la MAAF Assurances en sa qualité d'assureur de M. B, la société Axa France Iard en sa qualité d'assureur de la société Del Giglio, M. C et la société AREAS en sa qualité d'assureur de celui-ci, à lui verser la somme de 158 923,18 euros au titre des travaux de réfection, la somme de 4 223,13 euros au titre des frais exposés pour la vidange, la somme de 130 872 euros au titre du préjudice de jouissance subi depuis la construction et la somme de 22 960 euros au titre du préjudice de jouissance à subir pendant les travaux de réfection des désordres précités.

Sur l'exception d'incompétence s'agissant des conclusions tendant à la condamnation des sociétés Acte Iard, MAAF Assurances, Axa France Iard, MAF Assurances et Areas :

2. Si l'action directe ouverte par l'article L. 124-3 du code des assurances à la victime d'un dommage ou à l'assureur de celle-ci subrogé dans ses droits, contre l'assureur du responsable du sinistre, tend à la réparation du préjudice subi par la victime, elle se distingue de l'action en responsabilité contre l'auteur du dommage en ce qu'elle poursuit l'exécution de l'obligation de réparer qui pèse sur l'assureur en vertu du contrat d'assurance et qui, à ce titre, présente un caractère de droit privé. Il n'appartient qu'aux juridictions de l'ordre judiciaire de connaître des actions tendant au paiement des sommes dues par un assureur au titre de ses obligations de droit privé, alors même que l'appréciation de la responsabilité de son assuré dans la réalisation du fait dommageable relèverait de la juridiction administrative. Par suite, les conclusions de la requête tendant à la condamnation des sociétés Acte Iard, MAAF Assurances, Axa France Iard, MAF Assurances et Areas doivent être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Sur la fin de non-recevoir soulevée par la MAF :

3. Aux termes des dispositions de l'article L. 3221-10-1 du code général des collectivités territoriales : " Le président du conseil départemental intente les actions au nom du département en vertu de la décision du conseil départemental et il peut, sur l'avis conforme de la commission permanente, défendre à toute action intentée contre le département. / Il peut, par délégation du conseil départemental, être chargé pour la durée de son mandat d'intenter au nom du département les actions en justice ou de défendre le département dans les actions intentées contre lui, dans les cas définis par le conseil départemental. Il rend compte à la plus proche réunion du conseil départemental de l'exercice de cette compétence. "

4. Le conseil départemental des Ardennes, par une délibération du 1er juillet 2021 adoptée sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 3221-10-1 du code général des collectivités territoriales, a donné délégation à son président pour " intenter, au nom du département, pour la durée de son mandat, les actions en justice ". Dès lors, la MAF n'est pas fondée à soutenir que le président du conseil départemental des Ardennes serait dépourvu de qualité pour présenter la requête et, par suite, la fin de non-recevoir soulevée en ce sens doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d'indemnisation :

En ce qui concerne la garantie décennale :

5. Il résulte des principes qui régissent la garantie décennale des constructeurs que des désordres apparus dans le délai d'épreuve de dix ans, de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination dans un délai prévisible, engagent leur responsabilité, même s'ils ne se sont pas révélés dans toute leur étendue avant l'expiration du délai de dix ans.

S'agissant de la qualité de maître de l'ouvrage du département des Ardennes :

6. Il résulte de l'instruction que le département des Ardennes a fait édifier la caserne de gendarmerie d'Asfeld. Le 28 septembre 2010, il a conclu avec la société Batimur un bail administratif emphytéotique pour une durée de quarante ans et qui a pour objet la réalisation et le financement des travaux de rénovation, de mise en sécurité, de grosse réparations, de gros entretien et, le cas échéant, d'amélioration et d'extension de plusieurs casernes de gendarmerie dont le département des Ardennes est propriétaire et parmi lesquelles figure celle d'Asfeld. L'article 6 stipule que l'emphytéote se voit confier la garde des immeubles qui font l'objet de ce bail et les stipulations comprises dans le paragraphe " Principes généraux ", qui précèdent l'article 7, prévoient que l'emphytéote assure la maîtrise d'ouvrage pour les seuls travaux dont il assure le financement et la réalisation. Ainsi, ce contrat n'a pas pour eu objet, ni pour effet de transférer à l'emphytéote la qualité de maître de l'ouvrage en ce qui concerne les travaux de construction de la caserne d'Asfeld. Le département des Ardennes, qui en demeure propriétaire pendant toute la durée d'exécution du bail précité, conserve ainsi la qualité de maître de l'ouvrage à l'égard de ces travaux et, dès lors que les désordres en cause se rapportent à ces mêmes travaux, la société Socotec et la MAF ne sont pas fondées à soutenir en défense que le département des Ardennes n'aurait plus qualité pour mettre en œuvre l'action décennale des constructeurs.

S'agissant de l'exception de prescription de l'action en garantie décennale :

7. Aux termes des dispositions de l'article 2241 du code civil : " La demande en justice, même en référé, interrompt le délai de prescription () ". Aux termes des dispositions de l'article 2242 du même code : " L'interruption résultant de la demande en justice produit ses effets jusqu'à l'extinction de l'instance. ". En outre, aux termes des dispositions de l'article 2239 du même code : " La prescription est également suspendue lorsque le juge fait droit à une demande de mesure d'instruction présentée avant tout procès. / Le délai de prescription recommence à courir, pour une durée qui ne peut être inférieure à six mois, à compter du jour où la mesure a été exécutée ". Il résulte de ces dispositions, applicables à la responsabilité décennale des architectes et des entrepreneurs à l'égard des maîtres d'ouvrages publics, qu'une demande en référé présentée par une collectivité publique, tendant à la désignation d'un expert aux fins de constater des désordres imputés à des constructeurs ou d'en rechercher les causes, a pour effet d'interrompre le délai de dix ans à l'expiration duquel la responsabilité de ces constructeurs ne peut plus être recherchée devant le juge administratif à raison desdits désordres jusqu'à l'extinction de l'instance et que, lorsque le juge fait droit à cette demande, le même délai est suspendu jusqu'à la remise par l'expert de son rapport au juge. En outre, le délai de prescription n'est valablement interrompu qu'à la double condition d'émaner de celui qui a la qualité pour exercer le droit menacé par la prescription et de viser ceux-là mêmes qui en bénéficieraient.

8. Il résulte de l'instruction que, après la réception sans réserve des travaux de construction de la caserne d'Asfeld qui est intervenue le 27 août 2001, le département des Ardennes a saisi, le 25 août 2011, le juge des référés du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne en vue d'obtenir la désignation d'un expert missionné pour constater les désordres affectant cette caserne et d'en rechercher les causes. Cette demande en justice, qui a notamment eu pour effet de mettre en cause le bureau d'études Arnould, la société Socotec et M. C, a interrompu le délai de prescription à l'égard de ces constructeurs. Si l'ordonnance rendue par le juge des référés du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a eu pour effet de déclencher un nouveau délai de prescription de dix ans à compter du 2 décembre 2011, ce délai a été concomitamment suspendu jusqu'à la date à laquelle l'expert désigné par celui-ci a déposé son rapport au greffe du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, soit le 9 juillet 2014. Ainsi, le délai de dix ans imparti pour la mise en œuvre de la garantie décennale n'était pas expiré à la date d'enregistrement de la requête. Par suite, le bureau d'études Arnould et M. C ne sont pas fondés à soutenir que le département des Ardennes serait prescrit à rechercher leur responsabilité sur le fondement de la garantie décennale des constructeurs et, dès lors, l'exception de prescription soulevée en défense doit être écartée.

S'agissant de la mise en œuvre de la responsabilité décennale des constructeurs :

Quant aux désordres liés au réseau d'assainissement autonome collectif :

9. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que l'utilisation du réseau d'assainissement autonome collectif, en raison de son sous-dimensionnement, a entraîné des refoulements d'effluents dans les locaux de la caserne d'Asfeld. Ces désordres, qui affectent notamment les logements privatifs, sont de nature à rendre l'ouvrage impropre à sa destination. Dès lors qu'ils trouvent leur origine tout à la fois dans la conception du réseau d'assainissement autonome collectif et dans la surveillance de l'exécution du lot n° 1 " Voies et réseau divers " dont relevait la réalisation de ce réseau, ces désordres sont imputables au bureau d'études Arnould, en sa qualité de membre du groupement solidaire en charge de la maîtrise d'œuvre. Il s'ensuit que le bureau d'études Arnould présente seul la qualité de constructeur en ce qui concerne les désordres en cause, à l'exclusion de M. C, à qui a été confié la réalisation du lot n° 11 " Electricité - courants faibles ", et de la société Socotec qui a assuré, au titre du contrôle technique, les seules missions LP " Solidité des ouvrages et éléments d'équipement dissociables et indissociables ", SH " Sécurité des personnes dans les bâtiments d'habitation ", SEI " Sécurité des personnes dans les ERP et IGH " et PV " Récolement des procès-verbaux d'essais d'installation ".

10. Il résulte de l'instruction que le département des Ardennes, pour justifier de son préjudice matériel, se prévaut du rapport d'expertise qui, en ce qui concerne les travaux strictement nécessaires à la reprise des désordres qui affectent le réseau d'assainissement autonome collectif, a évalué le montant des travaux de réfection à la somme de 99 850,45 euros, les honoraires de maîtrise d'œuvre afférents à ces travaux à la somme de 879,06 euros et l'assurance dommage-ouvrage afférente à ces travaux à la somme de 1 997 euros. Par ailleurs, le département des Ardennes demande le versement d'une somme de 4 223,13 euros correspondant aux frais de curage de la fosse septique et de désobstruction des canalisations d'évacuation des eaux usées, qui ont été nécessaires pour pallier les désordres en cause de 2005 à 2013. Par suite, et alors que ces montants ne sont pas contestés par le bureau d'études d'Arnould, celui-ci doit être condamné à verser au département des Ardennes la somme de 106 949,64 euros.

Quant aux désordres liés à la maçonnerie en élévation du mur de façade ouest et est des locaux de service et techniques :

11. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que de multiples fissures sont apparues sur les façades ouest et est des locaux de service et techniques de la caserne d'Asfeld en raison d'une variation dimensionnelle de température entre les volumes chauffés et non chauffés. Ces désordres, dont l'ampleur a provoqué des infiltrations, sont de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage. Dès lors qu'ils trouvent leur origine dans la conception de l'ouvrage, les travaux d'exécution du lot n° 2 " Gros œuvre " et la surveillance de ces travaux par le maître d'œuvre, ces désordres sont imputables au bureau d'études Arnould, en sa qualité de membre du groupement solidaire en charge de la maîtrise d'œuvre, et à la société Socotec qui, au titre du contrôle technique, s'est notamment vu confier une mission LP portant sur la solidité des ouvrages et des éléments d'équipement indissociables. Il s'ensuit que ces défendeurs présentent seuls la qualité de constructeur en ce qui concerne les désordres en cause, à l'exclusion de M. C.

12. Il résulte de l'instruction que le département des Ardennes, pour justifier de son préjudice matériel, se prévaut du rapport d'expertise qui, en ce qui concerne les travaux strictement nécessaires à la réfection de la façade ouest et est des locaux de service et techniques, a évalué le montant de ces travaux à la somme 22 054,26 euros, y compris pour le gros-œuvre et le sous-œuvre, et l'assurance dommage-ouvrage afférente à ces travaux à la somme de

441,08 euros. Par suite, et alors que ces montants ne sont pas contestés par le bureau d'études Arnould et la société Socotec, ceux-ci doivent être condamnés solidairement à verser au département des Ardennes la somme de 22 495,34 euros.

Quant aux désordres liés aux désordres affectant les logements n° 3 et 4 :

13. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que des déchirures de la couverture en zinc ont entraîné des infiltrations au niveau des plafonds des logements n° 3 et 4 de la caserne d'Asfeld. Ces désordres, dont il n'est pas contesté qu'ils ne permettent plus à la couverture d'assurer l'étanchéité des locaux en question, sont de nature tant à compromettre la solidité de l'ouvrage qu'à le rendre impropre à sa destination. Dès lors qu'ils trouvent leur origine dans les travaux d'exécution du lot n° 4 " Couvertures zinc et tuiles " et la surveillance de ces travaux par le maître d'œuvre, ces désordres sont imputables au bureau d'études Arnould, en sa qualité de membre du groupement solidaire en charge de la maîtrise d'œuvre, et à la société Socotec qui, au titre du contrôle technique, s'est notamment vu confier une mission LP. Il s'ensuit que ces défendeurs présentent seuls la qualité de constructeur en ce qui concerne les désordres en cause, à l'exclusion de M. C.

14. En revanche, le département des Ardennes ne démontre pas que le logement n° 4 de la caserne d'Asfeld présenterait des fissurations au niveau du chaînage horizontal et le rapport d'expertise ne se prononce pas sur ce désordre allégué. Par suite, à défaut d'en établir la réalité, il n'est pas fondé à obtenir une indemnité de ce chef.

15. Il résulte de l'instruction que le département des Ardennes, pour justifier de son préjudice matériel, se prévaut du rapport d'expertise qui, en ce qui concerne les travaux strictement nécessaires à la réfection de la couverture en zinc et des plafonds des logements n° 3 et 4, a évalué le montant de ces travaux à la somme de 26 131,40 euros et l'assurance dommage-ouvrage afférente à ces travaux à la somme de 522,62 euros. Par suite, et alors que ces montants ne sont pas contestés par le bureau d'études Arnould et la société Socotec, ceux-ci doivent être condamnés solidairement à verser au département des Ardennes la somme de 26 654,02 euros.

Quant aux désordres liés à la ventilation mécanique contrôlée :

16. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que le fonctionnement de la VMC cause dans les logements privatifs de la caserne d'Asfeld une condensation anormale qui entraîne la constitution de poche d'eau et la déformation des faux-plafonds. Ces désordres, qui sont survenus dans des locaux destinés à héberger le personnel militaire et leurs familles, sont de nature à rendre l'ouvrage impropre à sa destination. Dès lors qu'ils trouvent leur origine dans les travaux d'exécution du lot n° 11 " Electricité - courants faibles " et la surveillance de ces travaux par le maître d'œuvre, ces désordres sont uniquement imputables à M. C, à qui la réalisation de ce lot a été confié, et au bureau d'études Arnould, en sa qualité de membre du groupement solidaire en charge de la maîtrise d'œuvre. Il s'ensuit que ces défendeurs présentent seuls la qualité de constructeur en ce qui concerne les désordres en cause, à l'exclusion de la société Socotec.

17. Il résulte de l'instruction que le département des Ardennes, pour justifier de son préjudice matériel, se prévaut du rapport d'expertise qui, en ce qui concerne les travaux strictement nécessaires à la reprise des désordres liés à la VMC, a évalué le montant de ces travaux à la somme de 6 392,62 euros et l'assurance dommage-ouvrage afférente à ces travaux à la somme de 127,85 euros. Par suite, et alors que ces montants ne sont pas contestés par le bureau d'études Arnould et M. C, ceux-ci doivent être condamnés solidairement à verser au département des Ardennes la somme de 6 520,47 euros.

18. Il résulte de tout ce qui précède, d'une part, que le bureau d'études Arnould doit être condamné à verser au département des Ardennes la somme de 106 949,64 euros, d'autre part, que le bureau d'études Arnould et la société Socotec doivent être condamnés solidairement à verser au département des Ardennes la somme de 49 149,36 euros et, enfin, que le bureau d'études Arnould et M. C doivent être condamnés solidairement à verser au département des Ardennes la somme de 6 520,47 euros.

Quant à l'actualisation du coût des travaux de réfection :

19. Le coût des travaux de réfection doit être évalué à la date où leur cause ayant pris fin et leur étendue étant connue, il pouvait être procédé aux travaux destinés à les réparer. Il n'en va autrement que si ces travaux sont retardés pour une cause indépendante de la volonté de la victime. Le département des Ardennes n'établit pas, ni même n'allègue avoir été dans l'impossibilité technique ou financière de faire effectuer les travaux de reprise de la caserne d'Asfeld dès le dépôt du rapport d'expertise, le 9 juillet 2014. Par suite, il n'est pas fondé à demander l'actualisation du coût des travaux de reprise, déterminé précédemment, sur la base de l'indice BT 01.

Quant au préjudice de jouissance :

20. Le département des Ardennes demande une indemnité au titre du préjudice de jouissance subi par le personnel militaire de la caserne d'Asfeld depuis la survenance des désordres et qu'ils auront à subir pendant la réalisation des travaux de reprise. Toutefois, il résulte de l'instruction que le département des Ardennes, qui loue la caserne d'Asfeld à l'Etat, ne dispose pas de la jouissance des locaux auxquels se rapportent les désordres en cause, ni pour la période advenue depuis la survenance des désordres, ni pour la période au cours de laquelle les travaux de reprise auront lieu. Par suite, il n'établit pas la réalité du préjudice allégué et n'est pas fondé à réclamer une indemnité à ce titre.

En ce qui concerne la responsabilité contractuelle :

21. Il résulte de ce qui précède que, sur le fondement de la garantie décennale des constructeurs, le département des Ardennes a obtenu le versement d'une indemnité en réparation des préjudices résultant du coût des travaux de réfection et des frais de curage régulier de la fosse septique et de désobstruction des canalisations d'évacuation des eaux usées. Dès lors, il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées à titre subsidiaire sur le fondement de la responsabilité contractuelle et tendant à obtenir une indemnité à ces divers titres.

22. Il résulte de ce qui a été dit au point 20 que le département des Ardennes, qui n'a pas la jouissance de la caserne d'Asfeld, n'est pas fondé à réclamer une indemnité en réparation du préjudice de jouissance qu'il allègue avoir subi et, par suite, les conclusions indemnitaires présentées sur ce fondement ne peuvent, en tout état de cause, qu'être rejetées.

Sur les dépens :

23. Aux termes des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. () ".

24. Les frais et honoraires d'expertise ont été taxés et liquidés à la charge du département des Ardennes par une ordonnance du président du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne du 29 septembre 2014, à la somme de 25 970,58 euros. Il y a lieu, au titre de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, de les mettre à la charge définitive et solidaire du bureau d'études Arnould, la société Socotec et M. C, qui sont les parties perdantes dans la présente instance.

Sur les frais non compris dans les dépens exposés par le département des Ardennes :

25. Aux termes des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. "

26. Les frais que le département des Ardennes soutient avoir supporté à l'occasion des opérations d'expertise ne constituent pas des frais d'instance et, par suite, celui-ci n'est pas fondé à demander une somme sur le fondement des dispositions précitées l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces mêmes dispositions et de mettre à la charge solidaire du bureau d'études Arnould, de la société Socotec et de M. C une somme de 1 500 euros à verser au département des Ardennes au titre des frais exposés par ce dernier et non compris dans les dépens.

Sur les appels en garantie :

En ce qui concerne la MAF :

27. Il résulte de ce qui précède que le présent jugement n'a mis à la charge de la MAF aucune somme. Par suite, l'appel en garantie présenté par celle-ci est sans objet et doit, pour ce motif, être rejeté.

En ce qui concerne la société Socotec :

28. Le recours entre constructeurs, non contractuellement liés, ne peut avoir qu'un fondement quasi-délictuel et, coauteurs obligés solidairement à la réparation d'un même dommage, ces constructeurs ne sont tenus entre eux que pour la part déterminée à proportion du degré de gravité des fautes respectives qu'ils ont personnellement commises.

29. Si la société Socotec demande à ce que le bureau d'études Socotec et la société Del Giglio la garantissent des sommes mises à sa charge par le présent jugement, elle n'apporte aucun élément permettant au tribunal d'apprécier les fautes qu'elle leur impute. Par suite, l'appel en garantie présenté par la société Socotec doit être rejeté.

Sur les frais non compris dans les dépens exposés par les parties autres que le département des Ardennes :

30. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du département des Ardennes, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le bureau d'études Arnould, la société Socotec et M. C demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

31. Il y a lieu, en revanche, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge du département des Ardennes une somme de 1 500 euros à verser respectivement à la société Acte Iard, à la société Axa France Iard, à la MAF et à la société Areas.

D E C I D E :

Article 1er : Les conclusions présentées par le département des Ardennes en tendant à la condamnation des sociétés Acte Iard, MAAF Assurances, Axa France Iard, MAF Assurances et Areas sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Article 2 : Le bureau d'études Arnould est condamné à verser au département des Ardennes la somme de 106 949,64 euros à raison des désordres liés au réseau d'assainissement autonome collectif.

Article 3 : Le bureau d'études Arnould et la société Socotec sont solidairement condamnés à verser au département des Ardennes la somme de 49 149,36 euros à raison des désordres liés à la maçonnerie en élévation du mur de façade ouest/est des locaux de service et techniques et à la couverture en zinc des logements n° 3 et 4.

Article 4 : Le bureau d'études Arnould et M. C sont solidairement condamnés à verser au département des Ardennes la somme de 6 520,47 euros à raison des désordres liés à la VMC.

Article 5 : Les dépens, évalués à la somme de 25 970,58 euros, sont mis à la charge définitive et solidaire du bureau d'études Arnould, de la société Socotec et de M. C.

Article 6 : Le bureau d'études Arnould, la société Socotec et M. C verseront solidairement au département des Ardennes la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 7 : Le département des Ardennes versera respectivement à la société Acte Iard, à la société Axa France Iard, à la MAF et à la société Areas une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 8 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 9 : Le présent jugement sera notifié au département des Ardennes, au bureau d'études Arnould, à la société Socotec, à M. C, à Me Charles Brucelle, à la société Acte Iard, à la société MAAF Assurances, à la société Axa France Iard, à la société MAF Assurances et à la société Areas.

Délibéré après l'audience du 21 juin 2022, à laquelle siégeaient :

M. Olivier Nizet, président,

M. Clemmy Friedrich, conseiller,

Mme Anne-Laure Fabre, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2022.

Le rapporteur,

Signé

C. G

Le président,

Signé

O. NIZET

La greffière,

Signé

N. MASSON

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions