mardi 18 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2101870 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | ROUGANE DE CHANTELOUP |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 août 2021, la société Le Bâtiment associé, représentée par la SCP Badré - Hyonne - Sens-Salis - Denis - Roger - D'Aillencourt, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Coclois à lui verser la somme de 15 345,89 euros au titre du solde du marché de travaux de rénovation de l'église communale, assortie des intérêts de droit à compter du 1er avril 2021 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Coclois la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le décompte général qu'elle a signé fixe le montant global de ce décompte à la somme 528 924,36 euros ;
- ce décompte a acquis un caractère intangible du fait de sa signature et, dès lors que celui-ci ne comprend à son débit aucune pénalité de retard, le caractère indivisible du décompte fait obstacle à ce que la commune de Coclois lui applique des pénalités de retard ;
- la commune de Coclois n'est pas fondée à lui appliquer des pénalités de retard, dès lors que l'ouvrage a été réceptionné dans le délai prévu par l'avenant n° 3.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 juillet 2022, la commune de Coclois, représentée par Me Jean-Baptiste Rougane de Chanteloup, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société Le Bâtiment associé au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le décompte général dont se prévaut la société requérante n'a pas acquis un caractère définitif, eu égard à l'absence de la signature du maître d'œuvre dont il est doit être assorti ;
- la signature du décompte général par la société requérante a couvert l'ensemble des documents qui y étaient joints et celle-ci n'a assortie cette signature d'aucune réserve, y compris en ce qui concerne l'application de pénalités de retard pour un montant de 11 850 euros ;
- le solde du décompte général définitif est ainsi fixé à la somme de 3 272,50 euros ;
- l'avenant n° 3 passé au marché de travaux n'a pas eu pour effet de prolonger la durée d'exécution des travaux prévue initialement et, en conséquence, les pénalités de retard doivent être calculées par rapport à cette durée.
Par un mémoire enregistré le 9 septembre 2022, la société Le Bâtiment associé conclut aux mêmes fins que sa requête.
Elle soutient, en outre que :
- la signature du maître d'œuvre n'est pas requise pour conférer au décompte général un caractère définitif ;
- le décompte général notifié par courrier du 22 mars 2021 ne comprenait pas le document appliquant les pénalités de retard en cause ;
- les pénalités de retard ne sont pas justifiées ;
- les pénalités de retard qui lui ont été infligées sont excessives et doivent, en conséquence, être modulées à la baisse.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 septembre 2022, la commune de Coclois conclut aux mêmes fins que dans ses précédentes écritures et fixe à 3 500 euros la somme qu'elle demande au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, en outre, que :
- la société requérante, qui n'a signé qu'une partie des documents joints au décompte général, n'est pas fondée à se prévaloir du caractère définitif qu'aurait acquis ce décompte ;
- le solde du marché a été intégralement versé à la société requérante ;
- la formulation " sans incidence financière " comprise dans l'avenant n° 3 n'a pas la signification que lui prête la société requérante ;
- il n'y a pas lieu de diminuer le montant des pénalités de retard.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code civil ;
- le décret n° 76-87 du 21 janvier 1976 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A C,
- les conclusions de Mme B de Laporte, rapporteure publique,
- et les observations de Me Opyrchal, représentant la société Le Bâtiment associé, et les observations de Me Rougane de Chanteloup, représentant la commune de Coclois.
Considérant ce qui suit :
1. La commune de Coclois a fait réaliser des travaux de restauration de l'église communale et, à cet effet, elle a confié à la société Le Bâtiment associé, par un acte d'engagement signé le 6 juin 2017, le lot " maçonnerie - pierre de taille " pour un montant porté par voie d'avenants à la somme de 513 819,86 euros. Ces travaux ont fait l'objet d'une réception sans réserve formalisée par un procès-verbal du 8 juillet 2019. Par la présente requête, la société Le Bâtiment associé demande au tribunal de condamner la commune de Coclois à lui verser la somme de 15 345,89 euros au titre du solde de ce marché.
Sur le décompte général du marché :
En ce qui concerne la détermination du solde du décompte général du marché :
2. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la société requérante s'est vu notifier, par un courrier du 22 mars 2021, le décompte général de son marché. Il ressort de l'ensemble des documents qui y sont joints, et qui sont produits par la société requérante elle-même, que le maître de l'ouvrage a arrêté le montant des travaux à la somme de 528 942,36 euros et a intégré à ce décompte, au débit de cette société, des pénalités de retard pour un montant de 11 850 euros. La société requérante a adressé au maître de l'ouvrage un courrier du 1er avril 2021 par lequel elle contestait le montant du solde du décompte général tel qu'arrêté par le maître de l'ouvrage et, par un courrier du 27 avril 2021, elle a réitéré cette contestation en formalisant explicitement une réclamation sur les pénalités de retard précitées. Eu égard à ces contestations, la circonstance qu'elle a apposé sa signature sur celui des documents joints au décompte général qui récapitule les éléments inscrits à son crédit ne permet pas d'établir, ainsi que la société requérante le soutient à tort, que le décompte général aurait été arrêté à une somme correspondant aux seuls éléments inscrits à son crédit, excluant ainsi les pénalités de retard, et que, du fait de la signature précitée, ce décompte aurait acquis un caractère définitif.
3. Il appartient au juge du contrat, en l'absence de décompte général devenu définitif, de statuer sur les réclamations pécuniaires des parties et de déterminer le solde de leurs obligations respectives.
4. En second lieu, il résulte des stipulations de l'article 4.3.1.1 du cahier des clauses administratives particulières joint au marché en cause que : " Pour les entreprises non groupées, tout retard constaté sur un délai global ou partiel donne lieu à l'application, sans mise en demeure préalable, d'une pénalité fixée à 50 euros HT par jour et par opération non livrée, dimanches et jours fériés compris. "
5. Il résulte de l'instruction que, par un avenant n° 3 dont il n'est pas contesté qu'il a été signé par l'ensemble des parties du marché auquel il se rapporte, la durée d'exécution des travaux confiés à la société requérante a été prolongée jusqu'au 15 juillet 2019. Or, ces travaux ont fait l'objet d'une réception sans réserve formalisée par un procès-verbal signé par le maître de l'ouvrage le 8 juillet 2019. Si la commune de Coclois fait valoir en défense que la mention " sans incidence financière ", comprise dans l'avenant précité, doit être regardée comme révélant l'intention du maître de l'ouvrage de se réserver la faculté d'infliger à la société requérante des pénalités de retard, une telle mention est sans effet sur cet avenant qui a eu pour seul objet de prolonger la durée d'exécution du marché en cause. Ainsi, la société requérante est fondée à soutenir que les pénalités de retard qui lui ont été infligées sont injustifiées. Par suite, la commune de Coclois, qui ne conteste pas avoir obtenu de la société requérante le versement de la somme de 11 850 euros en paiement d'un titre exécutoire émis le 28 juin 2021 pour le recouvrement des pénalités en litige, doit être condamnée à restituer à cette société le montant de ces pénalités.
6. Alors qu'il résulte de l'instruction que la commune de Coclois a versé à la société requérante, dans le courant du mois d'août 2020, un acompte provisionnel destiné à compléter le montant des travaux qui n'est contesté par aucune des parties à l'instance, cette société, qui se borne à contester les pénalités de retard précitées, n'apporte aucun élément de nature à justifier la différence entre la somme demandée dans ses conclusions pécuniaires et la somme correspondant à ces pénalités.
7. Il résulte de ce qui précède que la commune de Coclois doit être condamnée à verser à la société Le Bâtiment associé la somme de 11 850 euros.
En ce qui concerne les intérêts moratoires :
8. La société requérante a droit aux intérêts au taux légal correspondant à la somme de 11 850 euros à compter de la date d'encaissement de cette somme par le Trésor public en paiement du titre de recettes émis par le maire de Coclois le 28 juin 2021.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société Le Bâtiment associé, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Coclois demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Coclois une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société Le Bâtiment associé et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La commune de Coclois est condamnée à verser à la société Le Bâtiment associé la somme de 11 850 euros au titre du solde du marché dont celle-ci a été titulaire. Cette somme sera assortie des intérêts au taux légal à compter de la date d'encaissement de cette somme par le Trésor public en paiement du titre de recettes émis par le maire de Coclois le 28 juin 2021.
Article 2 : La commune de Coclois versera la somme de 1 500 euros à la société Le Bâtiment associé au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Coclois présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Le Bâtiment associé et à la commune de Coclois.
Délibéré après l'audience du 4 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Nizet, président,
Mme Stéphanie Lambing, première conseillère,
M. Clemmy Friedrich, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2022.
Le rapporteur,
Signé
C. C
Le président,
Signé
O. NIZET
La greffière,
Signé
I. DELABORDE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026