mardi 20 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2101942 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP BADRE HYONNE SENS-SALIS SANIAL DENIS ROGER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 août 2021, la société SN STPE, représentée par la SCP Badré - Hyonne - Sens-Salis - Denis - Roger - D'Aillencourt, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 90 147,67 euros au titre du solde du marché dont elle a été titulaire, assortie des intérêts de droit à compter du 27 juin 2020 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que, en raison de l'inertie de l'Etat suite à ses deux courriers des
14 janvier 2020 et 16 juin 2020, un décompte général tacite est réputé être intervenu et que, sur son fondement, l'Etat doit être condamné à lui verser la somme de 90 147,67 euros correspondant au solde de ce décompte.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er octobre 2021, le préfet de la Marne fait valoir qu'il appartient uniquement au préfet du Nord de défendre l'Etat dans le présent litige.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 octobre 2022, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la société requérante est irrecevable à saisir le tribunal, dès lors qu'elle n'a notifié au représentant du pouvoir adjudicateur ni un décompte final, ni une mise en demeure d'établir le décompte général, comme l'exigent les stipulations de l'article 3.2.5 du cahier des clauses administratives particulières ;
- la société requérante est irrecevable à saisir le tribunal, dès lors qu'elle est forclose à attaquer la décision implicite de rejet à laquelle a donné lieu la mise en demeure ;
- les stipulations de l'article 3.2.5 du cahier des clauses administratives particulières font obstacle à ce qu'intervienne un décompte général définitif.
Par un mémoire enregistré le 15 novembre 2022, la société SN STPE conclut aux mêmes fins que précédemment.
Elle soutient en outre que les fins de non-recevoir soulevées par le préfet du Nord ne sont pas fondées et que sa requête est recevable.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 novembre 2022, le préfet du Nord conclut aux mêmes fins que dans ses précédentes écritures.
Il soutient en outre que la somme demandée par la société SN STPE au titre du règlement du solde de son marché n'est pas justifiée.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le décret n° 2013-269 du 29 mars 2013 ;
- l'arrêté du 8 septembre 2009 portant approbation du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A C,
- et les conclusions de Mme B de Laporte, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. L'Etat, pour l'édification d'un centre d'entretien et d'intervention à Lumes, a confié à la société SN STPE, par un acte d'engagement signé le 30 novembre 2016, le lot n° 1 " Voies et réseaux divers ". Ces travaux ont fait l'objet le 19 juillet 2018 d'une réception qui a été assortie de réserves, lesquelles ont été levées par le maître de l'ouvrage le 20 octobre 2020. Par deux courriers des 14 janvier 2020 et 16 juin 2020, la société SN STPE a notifié au maître d'œuvre, avec copie au maître de l'ouvrage, un projet de décompte final qui a été validé par celui-là. Cette société, par un courrier du 4 avril 2021, a mis en demeure le directeur interdépartemental des routes du Nord de lui régler le solde du marché précité. Par la présente requête, la
société SN STPE demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser la somme de 90 147,67 euros au titre du solde de ce marché.
Sur les fins de non-recevoir soulevées par le préfet du Nord :
2. Aux termes de l'article 3.2.5 du cahier des clauses administratives particulières annexé au marché en cause : " B. Décompte final : Le titulaire valide et adresse simultanément au maître d'ouvrage et au maître d'œuvre, sous 30 jours à compter de la notification de la décision de réception des travaux, le projet de décompte final établi par GAME indiquant les quantités totales des prestations réellement exécutées. Ce projet de décompte final prend en compte les prestations afférentes au dernier mois d'exécution. / Ce projet de décompte final tient lieu de projet de décompte final mentionné au CCAG. / () Le projet de décompte final établi par le titulaire est accepté ou rectifié par le maître d'œuvre, qui le transmet au système GAME. Le système édite alors le décompte final, l'état du solde et la récapitulation des acomptes et du solde formant le décompte général. / - si le RPA n'a pas notifié le décompte général dans les délais stipulés à l'article 13.4.2 du CCAG, par dérogation au 13.4.4 du CCAG, le titulaire met en demeure le RPA d'y procéder avec copie au maître d'œuvre. L'absence de notification au titulaire du décompte général, signé par le RPA dans un délai de 15 jours à compter de la réception de cette mise en demeure, autorise le titulaire à saisir le tribunal administratif. " Aux termes de l'article 1.3.9 du même cahier : " Pour l'exécution du marché, le pouvoir adjudicateur est représenté, sous réserve de changement ultérieur, par : / le chef de service, chef de l'AGR Est ou son représentant pour assumer les fonctions suivantes : / () - la réception de la mise en demeure par le titulaire d'établir le décompte général (CCAG art. 13.4.2). () ".
3. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la société requérante, par un courrier du
14 janvier 2020, a adressé au directeur interdépartemental des routes Nord, représentant le maître d'ouvrage pour l'exécution du marché, et au maître d'œuvre un projet de décompte final qui a été réceptionné par ces derniers le 16 janvier 2020. La seule circonstance que ce projet de décompte final a été intitulé, à tort, par la société requérante " décompte général définitif " est sans incidence sur l'objet d'un tel document, alors qu'en défense le préfet du Nord ne soutient, ni même n'allègue que celui-ci ne présenterait pas les caractéristiques d'un projet de décompte final et, notamment, qu'il n'indiquerait pas les quantités totales des prestations réellement exécutées, comme l'exigent les stipulations précitées de l'article 3.2.5 du cahier des clauses administratives particulières du marché en cause. Ainsi, la société requérante a régulièrement notifié le projet de décompte final et a ainsi mis le maître d'ouvrage à même de poursuivre la procédure d'établissement du décompte général du marché.
4. En second lieu, il résulte de l'instruction que le maître d'ouvrage n'a pas notifié à la société requérante le décompte général. Or, d'une part, les stipulations précitées de l'article 3.2.5 du cahier des clauses administratives particulières dérogent à l'article 13.4.4 du cahier des clauses administratives générales applicable aux marchés publics de travaux, tel qu'approuvé par l'arrêté du 8 septembre 2009 susvisé dans sa version en vigueur à la date de la signature du marché dont la société requérante est titulaire. D'où il résulte que la société requérante n'est pas fondée à se prévaloir de ce dernier article qui, dans sa version issue de l'arrêté du 3 mars 2014, institue une procédure au terme de laquelle la carence du maître de l'ouvrage dans l'établissement du décompte général conduit à l'intervention d'un décompte général définitif tacite. D'autre part, les stipulations précitées de l'article 1.3.9 du cahier des clauses administratives particulières prévoient que le chef de l'arrondissement de gestion des routes (AGR) Est est le représentant du maître d'ouvrage pour des fonctions limitativement déterminées et parmi lesquelles figure la réception de la mise en demeure d'établir le décompte général. Dès lors que la mise en demeure d'établir le décompte général du marché en cause a, par un courrier du 4 avril 2021, été adressée par la société requérante au directeur interdépartemental des routes du Nord, le préfet du Nord est fondé à soutenir que, à défaut d'avoir adressé une mise en demeure au chef de l'AGR Est, cette société, qui ne s'est pas conformée aux stipulations du cahier des clauses administratives particulières citées au point 2, n'est pas recevable à saisir le tribunal. Par suite, la fin de non-recevoir soulevée en ce sens doit être accueillie.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la seconde fin de non-recevoir soulevée en défense, que les conclusions de la société requérante tendant au versement du solde du marché dont elle a été titulaire doivent être rejetées comme irrecevables.
Sur les frais liés à l'instance :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à la société SN STPE la somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société SN STPE est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société SN STPE et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée pour information au préfet du Nord et au préfet de la Marne.
Délibéré après l'audience du 6 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Nizet, président,
Mme Stéphanie Lambing, première conseillère,
M. Clemmy Friedrich, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2022.
Le rapporteur,
C. C
Le président,
O. NIZET
La greffière,
I. DELABORDE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026