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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2102349

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2102349

jeudi 13 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2102349
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantSELARL GOULET NOIZAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 29 octobre 2021 et le 10 mars 2023, M. et Mme A B, représentés par Me Noizat, demandent au tribunal :

1°) de prononcer la réduction des cotisations d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2018 et 2019 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- les logements ont été achevés dans le délai de trente mois à compter de la signature de l'acte authentique, conformément aux dispositions de l'article 199 novovicies I-C du code général des impôts ;

- les travaux doivent être regardés comme achevés lorsque le bien est en état d'être habité ; les travaux étaient achevés à la date du 28 décembre 2015 ;

- les loyers des biens acquis sont conformes aux plafonds prévus ;

- l'investissement est conforme au plafond de 300 000 euros prévu par foyer fiscal ;

- les énonciations contenues dans l'instruction BOI-IR-RICI-360-10-10 permettent une prolongation du délai d'achèvement des travaux en cas d'interruption du chantier de construction pour cause de force majeure.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er septembre 2022, le directeur départemental des finances publiques de la Marne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- les dispositions de l'article 199 novovicies du code général des impôts, dans sa rédaction applicable aux investissements réalisés avant le 1er septembre 2014, prévoient que le bien doit être achevé dans les trente mois qui suivent la déclaration d'ouverture du chantier ;

- les moyens soulevés par M. et Mme B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Gauthier-Ameil, conseiller,

- et les conclusions de M. Torrente, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Par une réclamation du 24 juin 2021, M. et Mme B ont sollicité la prise en compte, pour le calcul de leur impôt sur le revenu au titre des années 2018 et 2019, d'investissements locatifs réalisés en application des dispositions du C du I. de l'article 199 novovicies du code général des impôts. Par une décision du 2 septembre 2021, le directeur départemental des finances publiques de la Marne a rejeté leur réclamation. M. et Mme B demandent au tribunal de prononcer la réduction des cotisations primitives d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2018 et 2019.

2. Aux termes des dispositions de l'article 199 novovicies du code général des impôts, dans sa rédaction applicable au litige : " I. ' A. ' Les contribuables domiciliés en France, au sens de l'article 4 B, qui acquièrent, entre le 1er janvier 2013 et le 31 décembre 2016, un logement neuf ou en l'état futur d'achèvement bénéficient d'une réduction d'impôt sur le revenu à condition qu'ils s'engagent à le louer nu à usage d'habitation principale pendant une durée minimale de neuf ans. () / C. ' L'achèvement du logement doit intervenir dans les trente mois qui suivent la date de la déclaration d'ouverture de chantier, dans le cas d'un logement acquis en l'état futur d'achèvement, ou la date de l'obtention du permis de construire, dans le cas d'un logement que le contribuable fait construire. () ". Ce même article, dans sa rédaction applicable aux investissements réalisés à compter du 1er septembre 2014, prévoit : " () / C. - L'achèvement du logement doit intervenir dans les trente mois qui suivent la date de la signature de l'acte authentique d'acquisition, dans le cas d'un logement acquis en l'état futur d'achèvement, ou la date de l'obtention du permis de construire, dans le cas d'un logement que le contribuable fait construire. () ".

3. M. et Mme B ont chacun acquis, par deux actes notariés du 28 juin 2013, un immeuble en l'état futur d'achèvement pour lesquels ils ont sollicité le bénéfice de la réduction d'impôt prévue par les dispositions de l'article 199 novovicies du code général des impôts.

4. L'administration peut, à tout moment de la procédure, invoquer un nouveau motif ou une nouvelle base légale propre à justifier l'imposition, à la condition qu'une telle substitution n'ait pas pour effet de priver le contribuable d'une garantie de procédure prévue par la loi.

5. En premier lieu, si l'administration a initialement estimé, dans sa décision du 2 septembre 2021 rejetant la réclamation de M. et Mme B, que ces derniers ne pouvaient bénéficier de l'avantage fiscal prévu par les dispositions de l'article 199 novovicies du code général des impôts au motif que les travaux n'avaient pas été achevés dans les trente mois qui suivent la date de signature de l'acte authentique d'acquisition des biens, une telle condition ne trouve pas à s'appliquer aux investissements réalisés par les intéressés dont il est constant qu'ils ont acquis leurs deux biens le 28 juin 2013. Toutefois, l'administration soutient désormais que les travaux n'ont pas été achevés dans le délai de trente mois à compter de la déclaration d'ouverture du chantier.

6. Il ressort des actes notariés, produits par l'administration en défense, que la déclaration d'ouverture de chantier des biens acquis par M. et Mme B a été réalisée le 25 avril 2013 et que les travaux n'ont été achevés que le 25 décembre 2015, soit au-delà du délai de trente mois prévu par les dispositions précitées du C du I de l'article 199 novovicies du code général des impôts, dans sa rédaction applicable aux investissements réalisés avant le 1er septembre 2014. Dans ces conditions, les investissements réalisés par M. et Mme B ne sont pas éligibles à l'avantage fiscal en litige et il y a par suite lieu de faire droit à la demande de substitution de base légale et de motifs invoquée en défense, laquelle ne prive les contribuables d'aucune garantie de procédure.

7. En deuxième lieu, M. et Mme B se prévalent des énonciations contenues dans l'instruction BOI-IR-RICI-360-10-10. Toutefois, les intéressés, qui n'ont fait l'objet d'aucun rehaussement d'imposition et qui ont été imposés conformément à leurs déclarations, sans qu'ils aient fait application d'aucune interprétation administrative de la loi fiscale, ne peuvent se prévaloir des dispositions de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales. Au surplus et contrairement à ce que les requérants soutiennent, les énonciations contenues dans l'instruction invoquée n'admettent aucune prolongation du délai prévu par les dispositions de l'article 199 novovicies du code général des impôts en cas de retard imputable à la défaillance d'entreprises prestataires.

8. En dernier lieu, si M. et Mme B soutiennent qu'ils remplissent les autres conditions prévues pour bénéficier de l'avantage fiscal en litige, notamment s'agissant du plafond de fixation des loyers, ces moyens ne peuvent qu'être écartés dès lors que, ainsi qu'il a été dit précédemment, ils ne sont pas éligibles au bénéfice de cet avantage fiscal.

9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. et Mme B à fin de réduction ne peuvent qu'être rejetées. Par voie de conséquence, leurs conclusions relatives aux frais de l'instance doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A B et au directeur départemental des finances publiques de la Marne.

Délibéré après l'audience du 30 mars 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Mach, présidente,

Mme Castellani, première conseillère,

M. Gauthier-Ameil, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 avril 2023.

Le rapporteur,

signé

F. GAUTHIER-AMEILLa présidente,

signé

A-S. MACH

Le greffier,

signé

E. MOREUL

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