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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2102380

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2102380

vendredi 20 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2102380
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantSCP DELGENES-VAUCOIS-JUSTINE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 29 octobre 2021 et 7 juillet 2022, Mme A C épouse B, représentée par Me Rahola, demande au tribunal :

1°) de condamner le centre hospitalier universitaire de Reims à lui verser la somme de 8 780 euros après application du taux de perte de chance en réparation des préjudices résultant de la rechute de sa pathologie en lien avec le retard fautif de diagnostic de celle-ci ;

2°) de condamner le centre hospitalier universitaire de Reims aux dépens ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Reims la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'expert a conclu, dans son rapport déposé le 29 septembre 2020, que la récidive de sa pathologie identifiée en 2019 était en lien avec la faute de retard de diagnostic commise en 1999 par le centre hospitalier et a retenu un taux de perte de chance de 50 % ;

- elle a subi des pertes de revenus sur la période courant du 5 avril 2019 au 5 juillet 2020 pour un montant de 2 156,25 euros après application du taux de perte de chance, n'ayant perçu aucune indemnité journalière, ni la part tenant compte des résultats de l'indemnité de fonctions, de responsabilités et de résultats pour une somme de 2 000 euros ;

- le déficit fonctionnel temporaire, total et partiel, sera indemnisé à hauteur de 873,75 euros, compte tenu du taux de perte de chance ;

- les souffrances endurées, évaluées à 3/7, donneront lieu, dans les mêmes conditions, au versement de la somme de 3 250 euros ;

- le préjudice esthétique, estimé à 1/7, sera indemnisé à hauteur de 1 250 euros ;

- un préjudice sexuel, mesuré à 2/7, doit être retenu et donnera lieu à l'allocation de la somme de 1 250 euros.

Par un mémoire enregistré le 2 mai 2022, la caisse primaire d'assurance maladie de Paris, représentée par Me Vaucois, conclut à ce que le centre hospitalier universitaire de Reims soit condamné à lui verser 7 952,59 euros, assortis des intérêts et de la capitalisation de ceux-ci à compter de l'enregistrement de son mémoire, 1 114 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion et 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par deux mémoires en défense enregistrés les 9 mai et 23 septembre 2022, le centre hospitalier universitaire de Reims, représenté par Me Journé-Léau, conclut à la limitation de la somme à allouer à Mme B à 3 040 euros, 3 976,30 euros en ce qui concerne la caisse primaire d'assurance maladie de Paris, 38 905,87 euros s'agissant de l'Etat et à la réduction à de plus justes proportions le montant des frais exposés et non compris dans les dépens.

Par deux mémoires enregistrés les 20 septembre 2022 et 10 juillet 2023, le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse conclut à ce que le centre hospitalier universitaire de Reims soit condamné à lui verser la somme de 77 811,74 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter de l'enregistrement de son mémoire.

La clôture de l'instruction a été fixée au 30 septembre 2022 par une ordonnance

du 12 juillet précédent.

En application des dispositions de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, des pièces pour compléter l'instruction ont été demandées aux parties. Elles ont été reçues les 23 juin et 10 juillet 2023 puis soumises au contradictoire.

Vu :

- le rapport de l'expert désigné par ordonnance n° 1902952 ainsi que l'ordonnance de taxation du 20 janvier 2021 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code général de la fonction publique ;

- l'ordonnance 59-76 du 7 janvier 1959 ;

- le décret n° 2012-933 du 1er août 2012 ;

- l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2023 ;

- le code de justice administrative.

Cette affaire, qui relève du 10° de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, a été renvoyée en formation collégiale en application de l'article R. 222-19 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Maleyre,

- les conclusions de M. Friedrich, rapporteur public,

- et les observations de Me Journé-Léau pour le centre hospitalier universitaire de Reims.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, alors âgée de 27 ans, a été reçue en consultation dans le service de gynécologie du centre hospitalier universitaire (CHU) de Reims le 1er septembre 1999 pour un petit nodule au sein droit identifié par autopalpation, dont l'existence a été diagnostiquée par le médecin qui l'a examinée. Ce médecin avait prescrit une radiographie, qui n'a pu être réalisée en raison de l'état de grossesse de l'intéressée révélé le 14 octobre 1999. Un second rendez-vous a eu lieu dans ce service le 22 octobre 1999. Mme B a été examinée par un autre médecin, qui a confirmé l'existence de ce nodule mais n'a prescrit aucun examen. L'intéressée a également été vue à deux reprises par un troisième médecin les 26 novembre 1999 et 4 janvier 2000, lequel a rédigé un courrier à l'attention de l'hôpital amené à suivre sa grossesse à la suite de son déménagement, sans évoquer ce nodule. Après avoir constaté des traces de sang dans son lait maternel, Mme B a, le 27 novembre 2000, subi une mammectomie du sein droit. Par un jugement avant dire droit du 4 mai 2006, le tribunal administratif d'Amiens a retenu la responsabilité pour faute du CHU de Reims constituée par un retard de diagnostic, qui a contraint à ce que cette opération soit pratiquée plus d'un an après l'identification du nodule cancéreux, et a ordonné une expertise. Par un jugement du 8 mars 2007, ce même tribunal a condamné le CHU de Reims à verser à Mme B la somme de 10 500 euros. Le 25 avril 2007, une rechute de son carcinome mammaire a été diagnostiqué conduisant à un traitement chirurgical pour l'ablation de la tumeur et de la chaîne ganglionnaire pris en charge à l'institut Bergonié de Bordeaux du 13 au 17 juin 2007 puis à un traitement par chimiothérapie et hormonothérapie à partir du 31 juillet 2007, ainsi qu'à la réalisation d'une nouvelle opération le 26 octobre 2009 en raison d'une rupture de la prothèse qui avait été mise en place. Par un jugement du 21 juin 2018, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a condamné le CHU de Reims à indemniser l'intéressée à hauteur de 8 160 euros à cause de cette rechute. Le 27 mars 2019, les résultats d'une biopsie ont mis en évidence une récidive axillaire de son carcinome, qui a nécessité une nouvelle intervention chirurgicale le 13 mai 2019 ainsi que la mise en place d'une nouvelle chimiothérapie associée à un traitement hormonal. Le 3 décembre suivant, Mme B a saisi le juge des référés du tribunal d'une demande d'expertise, qui a été accordée par une ordonnance du 2 juin 2020. L'expert a déposé son rapport le 20 novembre suivant. Par un courrier du 24 août 2021, l'intéressée a présenté auprès du CHU de Reims une demande indemnitaire préalable, laquelle a été implicitement rejetée. Mme B demande au tribunal de condamner le CHU de Reims à lui verser la somme de 8 780 euros après application du taux de perte de chance en réparation des préjudices résultant de la récidive de sa pathologie.

Sur les conclusions à fin d'indemnisation :

En ce qui concerne la perte de chance :

2. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou du traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter que ce dommage soit advenu. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.

3. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport de l'expert désigné par le juge des référés, que le retard à diagnostiquer le carcinome en septembre 1999, reconnu comme fautif par le jugement précité du tribunal administratif d'Amiens du 4 mai 2006 devenu définitif, a fait obstacle à la réalisation initiale d'un curage axillaire, qui a déjà causé la première récidive, est à l'origine de la seconde et a fait perdre à Mme B une chance d'éviter une aggravation de son état caractérisée par une nouvelle rechute. En l'absence de contestation sur ce point, il y a lieu d'évaluer l'ampleur de cette perte de chance à 50% et de mettre à la charge du CHU de Reims la réparation de cette fraction du dommage corporel.

En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :

4. D'une part, aux termes de l'article L. 822-8 du code général de la fonction publique : " Le fonctionnaire en congé de longue maladie perçoit : / 1° Pendant un an, la totalité de son traitement ; / 2° Pendant les deux années suivantes, la moitié de celui-ci. / L'intéressé conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence ".

5. D'autre part, aux termes de l'article 1er du décret du 1er août 2012 : " Les personnels de direction régis par le décret du 11 décembre 2001 susvisé qui exercent leurs fonctions dans les établissements mentionnés à l'article L. 421-1 du code de l'éducation () perçoivent une indemnité de fonctions, de responsabilités et de résultats, dans les conditions fixées par le présent décret ". Aux termes de l'article 2 du même décret : " L'indemnité de fonctions, de responsabilités et de résultats comprend deux parts : / - une part tenant compte des responsabilités et des sujétions liées aux fonctions exercées ; / - une part tenant compte des résultats de l'entretien professionnel () ". Aux termes de son article 3 : " Les montants individuels de l'indemnité de fonctions, de responsabilités et de résultats sont déterminés comme suit : / I.- La part tenant compte des responsabilités et des sujétions est versée mensuellement () / II.- La part tenant compte des résultats de l'entretien professionnel est déterminée par application d'un coefficient compris dans une fourchette de 0 à 3 à un montant de référence valant pour la période de trois années scolaires couverte par la lettre de mission () / Son versement est triennal, à l'échéance de la période susmentionnée de trois années scolaires () ".

6. Mme B soutient que, du 5 avril 2019 au 5 juillet 2020, elle a perdu 287,50 euros par mois représentant la non-perception de la part tenant compte des responsabilités et des sujétions de l'indemnité de fonctions, de responsabilités et de résultats (IFRR) ainsi que 2 000 euros au titre de la part tenant compte des résultats de l'entretien professionnel de cette même indemnité.

7. D'une part, si le CHU de Reims fait valoir, en se prévalant de la mention selon laquelle l'attestation d'imputabilité du 26 janvier 2022 produite par la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Paris indique que Mme B aurait perçu des indemnités journalières, la caisse n'en demande pas le remboursement auprès du CHU de Reims et la requérante a confirmé ne pas avoir bénéficié d'indemnités de cette nature. Dans ces conditions, elle doit être regardée comme n'ayant pas perçu de telles indemnités.

8. D'autre part, il résulte de l'instruction, en particulier des bulletins de salaire produits par Mme B et du tableau de synthèse des rémunérations versées à l'intéressée pendant la période considérée fourni par le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, que l'intéressée a perçu la part tenant compte des responsabilités et des sujétions de l'IFRR des mois d'avril à octobre 2019 inclus pour un montant total de 2 012,15 euros (soit 287,50 euros durant sept mois). Cette somme a été récupérée sur les rémunérations de novembre et de décembre 2019 de Mme B, en raison de son placement en congé de longue durée à compter du 5 avril 2019 jusqu'au 4 juillet 2020 inclus, et n'a plus été perçue jusqu'en juillet 2020 inclus. Dès lors, la requérante aurait dû percevoir sur la période la somme de 4 312,50 euros au titre de cette prime en l'absence de faute. Elle a donc subi une perte de rémunération de 2 156,25 euros après application du taux de perte de chance de 50%.

9. En revanche, si Mme B soutient qu'elle n'a pas été bénéficiaire de la somme de 2 000 euros correspondant au montant triennal de la part tenant compte des résultats de l'entretien professionnel de l'IFRR, il résulte cependant de l'instruction, notamment de la lecture de son bulletin de salaire du mois de décembre 2019, que cette somme lui a été versée.

10. Il résulte de ce qui précède que le CHU de Reims doit être condamné à verser à Mme B la somme de 2 156,25 euros au titre de la réparation de ses préjudices patrimoniaux.

En ce qui concerne les préjudices personnels :

11. Le déficit fonctionnel temporaire subi par Mme B et imputable à la faute de l'hôpital, a été, selon l'expert, total pendant 3 jours en raison de la tumorectomie, de l'annexectomie et de la pose du port à cath (PAC) pratiquées le 13 mai 2019, qu'il a été partiel de classe II (25%), lié aux six cures de chimiothérapie entre le 18 juin 2019, au regard du relevé des débours de la CPAM de Paris, qui mentionne une prise en charge ambulatoire à compter d'une telle date, et le 17 octobre 2019, soit pendant 121 jours, et qu'il a été de classe I (10%) du 18 octobre 2019 jusqu'au 5 juillet 2020, c'est-à-dire durant une période de 261 jours. Dès lors, et en retenant un taux journalier de 16,67 euros, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en allouant à la requérante la somme de 989,41 euros, soit 494,71 euros, arrondis à 495 euros après application du taux de perte de chance de 50%.

12. L'expert a évalué les souffrances endurées à un chiffre de 3 sur une échelle de 7. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en condamnant le CHU de Reims à verser à Mme B la somme de 5 000 euros, soit 2 500 euros après application du taux de perte de chance.

13. Le préjudice esthétique temporaire de Mme B a été évalué à 1/7 par l'expert. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant à la somme de 1 000 euros, soit 500 euros compte tenu du taux de perte de chance.

14. L'expert a identifié un préjudice sexuel mesuré à 2/7. Si un tel préjudice n'est pas indemnisable en l'absence de consolidation, Mme B a repris son activité professionnelle le 5 juillet 2020 et doit être regardée comme consolidée à cette date. Compte tenu du taux de perte de chance retenu, il y a lieu de lui allouer la somme de 1 000 euros.

15. Il résulte de ce qui précède, compte tenu du taux de perte de chance de 50%, que les préjudices personnels indemnisables de Mme B doivent être évalués à la somme de 4 495 euros.

Sur les droits de la CPAM de Paris et l'indemnité forfaitaire de gestion :

16. La CPAM de Paris a produit une note de débours ainsi qu'une attestation d'imputabilité selon laquelle elle a exposé une somme totale de 7 952,59 euros au titre des frais hospitaliers, médicaux, pharmaceutiques et de transport en lien avec la faute du CHU de Reims. Compte tenu du taux de perte de chance de 50%, l'hôpital sera condamné à lui verser la somme de 3 976,30 euros.

17. En application de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale et de l'article 1er de l'arrêté du 15 décembre 2022, il y a lieu d'allouer à la caisse la somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Sur les recours subrogatoire et direct de l'Etat :

18. Aux termes des articles 1er de l'ordonnance du 7 janvier 1959 et L. 825-1 du code général de la fonction publique, l'Etat dispose de plein droit à l'encontre du tiers responsable du décès, de l'infirmité ou de la maladie d'un de ses agents d'une action subrogatoire en remboursement " de toutes les prestations versées ou maintenues à la victime ou à ses ayants droit à la suite du décès, de l'infirmité ou de la maladie ". Aux termes de l'article L. 825-2 du même code : " La personne publique est admise à poursuivre directement contre le responsable du dommage ou son assureur : / 1° La réparation, dans les conditions fixées par le présent code, du préjudice éprouvé par le fonctionnaire à la suite du dommage mentionné au chapitre II de la loi n° 85-677 du 5 juillet 1985 tendant à l'amélioration de la situation des victimes d'accidents de la circulation et à l'accélération des procédures d'indemnisation ; / 2° Le remboursement des charges patronales afférentes à la rémunération maintenue ou versée au fonctionnaire pendant la période de son indisponibilité ". Son article L. 825-4 dispose : " L'action subrogatoire concerne notamment : / 1° La rémunération brute pendant la période d'interruption du service / () 7° Les charges patronales afférentes à la rémunération maintenue ou versée au fonctionnaire pendant la période de son indisponibilité () ".

19. L'Etat demande, en produisant un état liquidatif des traitements de Mme B, à ce que le CHU de Reims soit condamné à lui verser la somme de 77 811,74 euros correspondant aux rémunérations maintenues à son agent ainsi qu'aux charges patronales afférentes. Eu égard au taux de perte de chance retenu, le centre hospitalier doit être condamné à verser à l'Etat la somme de 38 905,90 euros.

Sur les intérêts et la capitalisation de ceux-ci :

20. La CPAM de Paris a droit aux intérêts au taux légal sur les condamnations prononcées à son profit par le présent jugement, à compter de l'enregistrement au greffe du tribunal de son mémoire, soit le 2 mai 2022.

21. La capitalisation des intérêts, si elle peut être demandée à tout moment devant le juge, ne peut toutefois prendre effet que lorsque les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation s'accomplit ensuite de nouveau à chaque échéance annuelle ultérieure sans qu'il soit besoin de formuler une nouvelle demande. La CPAM de Paris a demandé la capitalisation des intérêts pour la première fois concomitamment aux intérêts dans son mémoire enregistré le 2 mai 2022. Cependant, à cette date, une année entière d'intérêts n'était pas échue. La CPAM de Paris a donc seulement droit à la capitalisation des intérêts à compter du 2 mai 2023.

22. L'Etat a également droit aux intérêts au taux légal sur la somme de 38 905,90 euros à compter de l'enregistrement de son mémoire au greffe du tribunal le 20 septembre 2022.

Sur les dépens :

23. Les frais de l'expertise ordonnée par le juge des référés, liquidés et taxés à la somme de 1 000 euros par une ordonnance du 20 janvier 2021, sont mis à la charge définitive du CHU de Reims.

Sur les frais liés au litige :

24. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CHU de Reims une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens.

25. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la CPAM de Paris présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Le centre hospitalier universitaire de Reims est condamné à payer à Mme B la somme de 6 651,25 euros.

Article 2 : Le centre hospitalier universitaire de Reims est condamné à payer à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris, d'une part, la somme de 3 976,30 euros assortie des intérêts au taux légal dus à compter du 2 mai 2022 ainsi que de la capitalisation de ceux-ci à partir du 2 mai 2023, et, d'autre part, la somme 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Article 3 : Le centre hospitalier universitaire de Reims est condamné à verser à l'Etat la somme de 38 905,90 euros, qui portera intérêts à compter du 20 septembre 2022.

Article 4 : Les frais de l'expertise ordonnée par le juge des référés, liquidés et taxés à la somme de 1 000 euros par une ordonnance du 20 janvier 2021, sont mis à la charge définitive du centre hospitalier universitaire de Reims.

Article 5 : Le centre hospitalier universitaire de Reims versera à Mme B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C épouse B, au centre hospitalier universitaire de Reims, à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.

Délibéré après l'audience du 29 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Deschamps, président,

M. Maleyre, premier conseiller,

M. Henriot, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 octobre 2023.

Le rapporteur,

signé

P-H. MALEYRELe président,

signé

A. DESCHAMPSLe greffier,

signé

A. PICOT

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